vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100960 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LOISON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 mars 2021 et le 20 juin 2022, Mme F A, représentée par Me Loison, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 novembre 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ainsi que la décision du 15 janvier 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif à compter du mois de novembre 2020, dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie d'un motif légitime constitué par sa bonne foi, n'ayant pas été informée de l'existence d'un délai pour le dépôt de sa demande alors qu'elle s'est adressée à une association reconnue, ainsi que par les circonstances sanitaires exceptionnelles qui ont lourdement retardé le dépôt de sa demande ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle se trouve en situation de vulnérabilité, étant parent isolé et accompagné de deux enfants mineurs âgés de onze et treize ans, ayant été victime de la traite des êtres humains et étant hébergée de façon précaire et inadaptée chez une cousine.
Par des mémoires enregistrés le 27 décembre 2021 et le 27 juin 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E ;
- et les observations de Mme D, représentant l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne née en 1986, déclare avoir fui son pays d'origine en raison des menaces d'excision et de mariage forcé pesant sur sa belle-fille, C, et être entrée en France le 21 septembre 2019, accompagnée de cette dernière et de son fils B, tous deux mineurs. Elle a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 24 novembre 2020 et s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile en " procédure accélérée ". Par une décision du même jour, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'elle n'avait pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours après son entrée sur le territoire français, sans justifier d'un motif légitime. Mme A a formulé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté par l'OFII le 15 janvier 2021. Mme A demande l'annulation de la décision de refus du 24 novembre 2020 et de la décision rejetant son recours gracieux du 15 janvier 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : / () 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2 () ". Aux termes du III de l'article L. 723-2 du même code dans sa rédaction applicable en l'espèce : " L'office statue également en procédure accélérée lorsque l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de sa demande constate que : () / 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France () ".
3. Pour justifier d'un motif légitime, Mme A soutient qu'elle a n'a pas été informée de l'existence d'un délai pour déposer sa demande alors qu'elle s'est adressée à une association reconnue et que les circonstances sanitaires exceptionnelles liées à la pandémie de covid-19 ont fortement retardé ce dépôt. Toutefois, la requérante est entrée en France le 21 septembre 2019 et n'a présenté sa demande d'asile que le 24 novembre 2020, soit bien au-delà du délai de quatre-vingt-dix jours prévu au 3° du III de l'article L. 723-2 précité et alors que la crise sanitaire n'est apparue qu'à partir de mars 2020, soit plus de cinq mois après son arrivée en France. Si elle explique avoir pris rendez-vous " rapidement par téléphone " avec l'association La Cimade, qui lui aurait fixé un rendez-vous le 19 mars 2020, elle n'apporte pas de justificatif à l'appui de ses allégations. Par suite, l'OFII a pu estimer, sans erreur d'appréciation, que Mme A ne justifiait pas d'un motif légitime au sens du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil (). / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines () ".
5. Mme A est arrivée en France avec son fils âgé de neuf ans et sa belle-fille âgée de douze ans. Lors de l'entretien réalisé le 24 novembre 2020 au moment du dépôt de sa demande d'asile, l'intéressée a déclaré ne pas avoir de ressources et être hébergée chez sa cousine à Mer. Elle a en outre précisé que ni elle ni ses deux enfants n'avaient de problèmes de santé. Si elle a fait valoir que sa cousine devait déménager et qu'elle ne pourra pas la suivre, elle n'apporte aucune pièce à l'appui de cette allégation. Par ailleurs, si elle invoque, dans sa requête, le fait qu'elle a rejoint son mari en Tunisie, qui y vivrait depuis 2016 afin de subvenir aux besoins de la famille, après que sa belle-famille, chez qui elle résidait, a exprimé son intention d'exciser et de marier leur fille C, puis qu'elle a été contrainte de fuir ce pays au motif que ses employeurs l'auraient réduite en esclavage, elle n'apporte aucun début de justificatif à l'appui de ses allégations. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que la requérante puisse être regardée comme étant au nombre des personnes vulnérables au sens des dispositions de l'article L. 744-6 précitées. Par suite, l'OFII a pu estimer, sans erreur d'appréciation, que la situation de l'intéressée ne justifiait pas le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions du 24 novembre 2020 et 15 janvier 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentée sur le fondement des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
Mme Bailleul, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
La rapporteure,
Hélène E
Le président,
Frédéric DORLENCOURTLa greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026