mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101012 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MAIGNAN ARTIGA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2021, Mme A C B, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés des 17 septembre 2020 et 9 octobre 2020 la plaçant en congé de maladie ordinaire d'office, à demi-traitement, respectivement à compter du 11 septembre 2020 et jusqu'à la date de notification de l'avis du comité médical et à compter du 9 octobre 2020 et jusqu'au 16 octobre 2020 inclus, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé à l'encontre de ces arrêtés et les arrêtés des 12 février 2021 et 8 mars 2021 la plaçant en congé de maladie ordinaire d'office, à demi-traitement, à compter du 20 novembre 2020 et jusqu'à l'expiration de ses droits à congés de maladie ordinaire ;
2°) d'enjoindre au président du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale d'Indre-et-Loire, à titre principal, de procéder à sa réintégration dans ses fonctions, de reconstituer sa carrière et de régulariser sa situation financière dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 250 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale d'Indre-et-Loire une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés contestés sont entachés d'erreur de droit ;
- ils sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation ;
- ils sont entachés de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2021, le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale d'Indre-et-Loire, représenté par Me Maignan Artiga, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique territoriale ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gentilhomme, représentant Mme B, et de Me Maignan Artiga, représentant le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale d'Indre-et-Loire.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C B, placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement, du 29 novembre 2019 au 10 septembre 2020 à la suite d'un accident dont elle déclare avoir été la victime le 29 novembre 2019, a demandé, le 16 décembre 2019, la reconnaissance de son imputabilité au service, ce qui lui a été refusé par son employeur, le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale d'Indre-et-Loire. Elle a demandé l'annulation de cette décision par une requête enregistrée sous le n° 2004365. Le 1er septembre 2020 elle a demandé à reprendre ses fonctions, se prévalant de certificats médicaux attestant de son aptitude à l'exercice de ses fonctions de directrice du pôle de l'emploi public et fixant sa date de reprise au 11 septembre 2020. Par correspondance du 3 septembre 2020, le départemental de gestion l'a informée de ce qu'alors qu'elle bénéficiait d'arrêts de travail accordés sans discontinuité depuis plus de six mois, il avait saisi le comité médical en juin afin que celui-ci se prononce sur la prolongation au-delà de six mois de ses congés de maladie et sur son aptitude à la reprise de fonctions, sur un poste nouvellement créé, une visite médicale étant prévue le 17 septembre, lui précisant que, le comité médical devant se réunir le 8 octobre 2020, ce n'est donc qu'à partir du 9 octobre qu'elle pourrait éventuellement reprendre ses fonctions. Un premier arrêté est intervenu le 17 septembre 2020 la maintenant en congés de maladie ordinaire. Par un arrêté du 9 octobre 2020 elle a été maintenue dans cette même situation jusqu'au 16 octobre 2020, date prévue pour la reprise de ses fonctions. Mme B a formé un recours gracieux contre ces deux arrêtés le 10 novembre 2020 auquel il n'a pas été répondu. Par la suite, après reprise de ses fonctions, elle a été placée d'office en congé de maladie ordinaire à compter du 20 novembre 2020 par un arrêté du 12 févier 2021 et maintenue dans cette position, jusqu'au terme de ses droits à congés de maladie ordinaire par un arrêté du 15 mars 2021. Elle demande l'annulation de l'ensemble de ces arrêtés et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne les arrêtés des 17 septembre et 9 octobre 2020
2. Aux termes de l'article 17 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Lorsque, à l'expiration de la première période de six mois consécutifs de congé de maladie, le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, le comité médical est saisi pour avis de toute demande de prolongation de ce congé dans la limite des six mois restant à courir./() ". Il résulte de ces dispositions, que la mise en congé de maladie d'un fonctionnaire n'est pas subordonnée à une demande de ce dernier, un fonctionnaire devant être placé d'office dans une telle position dès lors que son état de santé dûment constaté fait obstacle à l'exercice de ses fonctions.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, placée en congé de maladie ordinaire depuis le 29 novembre 2019, a été déclarée apte à reprendre ses fonctions par un certificat de son médecin psychiatre, daté du 19 août 2020, et par un certificat de son médecin traitant, daté du 1er septembre 2020 et fixant sa date de reprise au 11 septembre 2020. Elle a alors demandé à reprendre ses fonctions par lettre du 1er septembre 2020 adressée au président du départemental de gestion. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée étant placée en congés de maladie depuis plus de six mois, le comité médical avait été saisi dès le mois de juin 2020 d'une demande de prolongation de ce congé de maladie ainsi que d'une demande d'avis sur son aptitude à reprendre ses fonctions. Une expertise médicale était prévue le 17 septembre 2020 et la réunion du comité médical était fixée au 10 octobre suivant. Dans ces conditions, le centre départemental de gestion a pu, sans erreur de droit ni erreur d'appréciation, la maintenir en congé de maladie ordinaire dans l'attente du recueil de ces avis, d'autant qu'elle avait précédemment été placée en congés de maladie ordinaire du 15 décembre 2018 au 31 octobre 2019.
4. Il ressort également des pièces du dossier qu'en vue de sa reprise de fonction, et au vu de sa demande, la saisine du comité médical a été complétée par une demande d'avis sur son aptitude à occuper les fonctions mentionnées sur une fiche de poste, correspondant à un poste nouvellement créé de " chargé de projet documentation et informations transversales ", à temps complet. A la suite d'un échange houleux avec le médecin de prévention le 5 octobre 2020, aucun avis n'a pu être émis par celui-ci, lequel a par ailleurs demandé à ne plus s'occuper du suivi de Mme B. Dans sa séance du 8 octobre 2020 le comité médical a émis un avis favorable à son maintien en congé de maladie ordinaire jusqu'au 16 octobre 2020 et sur son aptitude à occuper le poste proposé. Dans ces conditions, au regard de la succession de congés de maladie sur une longue période, le centre départemental de gestion a pu, sans erreur de droit ni erreur d'appréciation, maintenir l'intéressée en congé de maladie ordinaire jusqu'au 16 octobre 2020 ainsi que le proposait le comité médical. Les moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne les arrêtés des 12 février et 8 mars 2021
5. Aux termes de l'article 24 du décret 87-602 du 30 juillet 1987, dans ses dispositions alors en vigueur : " Lorsque l'autorité territoriale estime, au vu d'une attestation médicale ou sur le rapport des supérieurs d'un fonctionnaire, que celui-ci se trouve dans la situation prévue à l'article 57 (3° ou 4°) de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée, elle peut provoquer l'examen médical de l'intéressé dans les conditions prévues aux alinéas 3 et suivants de l'article 25 ci-dessous. Un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive attaché à la collectivité ou établissement dont relève le fonctionnaire concerné doit figurer au dossier. ".
6. Mme B a repris le travail le 17 octobre 2020 sur le poste de " chargé de projet documentation et informations transversales ". Elle a été informée dès le 16 septembre 2020 de ce changement d'affectation et s'est vu communiquer sa nouvelle fiche de poste.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'à compter de sa reprise de fonctions, Mme B a déclaré plusieurs crises d'angoisse, le 20 octobre 2020 lors d'une réunion de service, le 3 novembre lors de la remise de son matériel informatique. Elle a contesté les attributions confiées ainsi qu'en attestent les correspondances échangées avec le président du centre départemental de gestion les 25 octobre et 2 novembre 2020 et a saisi le conseil de l'ordre de plaintes contre les médecins de prévention. Sur son lieu de travail, elle a eu un comportement vindicatif, adressant notamment de multiples courriels intempestifs à tous et sur tous objets. Ce comportement a eu des répercussions sur l'ambiance de travail, six de ses collègues ayant demandé le bénéfice de la protection fonctionnelle, de même que trois des médecins du service de prévention. Le 17 novembre Mme B a demandé à bénéficier d'une visite médicale auprès du médecin de prévention lequel a émis un avis défavorable à son maintien sur le poste, faisant valoir un risque pour sa santé et précisant " tout maintien du salarié dans un emploi chez le même employeur est à considérer sous l'angle d'un préjudice pour sa santé ". Cet avis a été communiqué au président du centre départemental de gestion, lequel, par un arrêté du 18 novembre 2020 l'a placée à titre conservatoire en congé de longue maladie d'office, à plein traitement, à compter du 20 novembre et jusqu'à l'avis du comité médical, lequel a été saisi dès ce 20 novembre. Le 21 février 2021, le comité médical a émis un avis défavorable à l'octroi d'un congé de longue maladie " compte tenu de l'absence de thérapeutique permettant une reprise de fonction sur le poste antérieur " et a déclaré Mme B inapte de manière définitive à l'exercice de toutes fonctions au sein de la collectivité d'origine, précisant cependant qu'elle est apte à exercer des fonctions en dehors de sa collectivité d'origine. Par un arrêté du 12 février 2021, le centre départemental de gestion l'a placée en congé de maladie ordinaire du 20 novembre 2020 et jusqu'à expiration de ses droits à congés de maladie et par un second arrêté du 8 mars 2021 l'a maintenue en congé de maladie ordinaire jusqu'à expiration de ses droits à congés de maladie au motif de son inaptitude à toutes fonctions en son sein.
8. La requérante soutient que ces arrêtés sont entachés d'une part, d'erreur de droit, car elle n'a présenté aucune demande en ce sens, d'autre part, d'une erreur d'appréciation, en produisant un certificat médical établi le 20 janvier 2020 par un médecin psychiatre assermenté indiquant que son état psychique est stable, qu'elle ne souffre d'aucune pathologie psychiatrique et qu'elle est apte à reprendre ses fonctions sans aménagement de poste. Toutefois, il résulte des dispositions de l'article 24 du décret 87-602 du 30 juillet 1987 rappelées au point 2 que, l'autorité territoriale peut procéder au placement d'office de l'agent en congé de maladie, au vu d'une attestation médicale. En l'espèce, alors que le médecin de prévention l'avait déclarée inapte à l'exercice de ses fonctions au sein de sa collectivité d'emploi, le président du centre départemental de gestion a pu, sans erreur de droit, procéder au placement de Mme B en congé maladie ordinaire et la maintenir dans cette même position, au regard de l'avis du comité médical réuni le 21 février 2021. Alors que l'intéressée ne produit aucun élément de nature à remettre en cause l'avis de la commission de réforme, le seul certificat du médecin psychiatre assermenté qui l'a examinée n'étant pas de nature à remettre en cause son inaptitude à l'exercice de ses fonctions au sein de sa collectivité d'emploi, le président du centre départemental de gestion a pu, sans erreur d'appréciation, la placer en congé de maladie ordinaire pour inaptitude à l'exercice de ses fonctions au sein de la collectivité. Les moyens doivent être écartés.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requérante tendant à l'annulation des arrêtés des 17 septembre et 9 octobre 2020, de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé à l'encontre de ces arrêtés ainsi que des arrêtés des 12 février 2021 et 8 mars 2021 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale d'Indre-et-Loire, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme B une somme de 500 euros au titre des frais exposés par centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale d'Indre-et-Loire et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera au centre départemental de gestion de la fonction publique d'Indre-et-Loire la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C B et au centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale d'Indre-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne au préfet d'Indre- et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026