vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101281 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TOUBALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2021, M. C A, représenté par Me Toubale, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 avril 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de Me Toubale, le versement de la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration a fait une inexacte application de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en s'estimant en compétence liée pour rejeter sa demande et en n'examinant pas sa situation personnelle, méconnaissant ainsi l'étendue de sa compétence ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 21 décembre 2021, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né en 1998, est entré en France le 19 février 2017. Il a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 7 mars 2017 et s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile au titre de la " procédure Dublin ". Le même jour, il a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en vue de bénéficier des conditions matérielles d'accueil en tant que demandeur d'asile. L'OFII a, par une décision du 17 mai 2017, suspendu les conditions matérielles dont M. A était bénéficiaire à compter du 27 avril 2017 au motif qu'il n'avait pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités préfectorales. La demande d'asile de l'intéressé a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des étrangers et apatrides par une décision du 29 novembre 2019, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 19 février 2021. M. A a, le 7 avril 2021, déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile et s'est vu remettre une attestation de demande d'asile au titre de la procédure accélérée. Le même jour, l'OFII a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. M. A demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines () ". Aux termes de l'article L. 744-8 du même code alors applicable : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : () / 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile () ".
3. En premier lieu, la décision attaquée du 7 avril 2021 indique que M. A a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile, de sorte que " conformément aux dispositions des articles L. 744-8 2° et D. 744-37 du CESEDA ", le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui est refusé. Il ne résulte pas de cette rédaction que l'OFII se soit estimé en situation de compétence liée pour refuser à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant a bénéficié, avant que la décision de refus attaquée ne soit prise, d'un entretien ayant pour but d'évaluer sa vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'Office aurait méconnu l'étendue de sa compétence en ne procédant pas à un examen de la situation personnelle du requérant doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile. Il s'ensuit que la décision attaquée ne méconnaît pas les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 2.
5. En dernier lieu, à supposer le moyen soulevé, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, qui s'est borné, lors de son entretien du 7 avril 2021, à indiquer qu'il est hébergé chez un ami de manière précaire et qu'il a été opéré deux fois au ventre mais ne va pas mieux, sans déposer pour autant de documents à caractère médical et, dans le cadre de la présente instance, à produire une ordonnance médicale lui prescrivant un antalgique, doive être regardé comme étant au nombre des personnes vulnérables au sens des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort au demeurant des pièces du dossier que le médecin de l'OFII a, le 11 avril 2021, émis un avis selon lequel la priorité pour un hébergement n'a pas de caractère d'urgence.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 7 avril 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
La rapporteure,
Hélène B
Le président,
Frédéric DORLENCOURTLe greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026