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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2101697

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2101697

vendredi 30 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2101697
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantEPAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 mai 2021, le 21 octobre 2021 et le 24 novembre 2021 et un mémoire enregistré le 31 décembre 2021, non communiqué, M. B A, représenté par Me Gally, demande au tribunal :

1°) d'annuler le certificat d'urbanisme négatif du 27 novembre 2020 délivré par le maire de la commune de Combreux ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la commune de Combreux de réexaminer sa demande de certificat d'urbanisme dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Combreux la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête n'est pas tardive ;

- la décision n'est pas motivée en méconnaissance des dispositions de l'article A. 410-5 du code de l'urbanisme ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, l'opération étant bien réalisable, le terrain étant situé en zone urbanisé avec un réseau d'équipements publics existants.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 septembre 2021 et le 23 novembre 2021, la commune de Combreux, représentée par Me Epaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dans la mesure où elle est mal dirigée, l'autorité compétente étant l'Etat et non la commune de Combreux ;

- la requête est irrecevable car tardive ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un courrier en date du 22 mai 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte.

En réponse à ce courrier, la commune, représentée par Me Epaud, a produit un mémoire enregistré le 23 mai 2023 et le requérant, représenté par Me Gally, a produit un mémoire enregistré le 26 mai 2023.

Par ordonnance du 14 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 4 janvier 2022.

La procédure a été communiquée à la préfecture du Loiret qui n'a pas produit d'écritures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pajot,

- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gally, représentant le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a déposé le 2 octobre 2020 une demande de certificat d'urbanisme sur le fondement du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme pour la création d'un lotissement d'un lot à bâtir sur un terrain situé 64 chemin des Moulins sur le territoire de la commune de Combreux. Par une décision du 27 novembre 2020, le maire de la commune a refusé de lui délivrer un certificat d'urbanisme opérationnel positif. Le 20 janvier 2021, M. A a formé un recours gracieux qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la requête ci-dessus analysée, il demande l'annulation de la décision du 27 novembre 2020 et de la décision portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. () Le certificat d'urbanisme est délivré dans les formes, conditions et délais déterminés par décret en Conseil d'Etat par l'autorité compétente mentionnée au a et au b de l'article L. 422-1 du présent code. "

3. D'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. Dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale avant cette date, le maire est compétent, au nom de la commune, après délibération du conseil municipal. En l'absence de décision du conseil municipal, le maire est compétent, au nom de la commune, à compter du 1er janvier 2017. Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; / b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. () ". Selon l'article L. 422-5 de ce même code : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu () ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 174-1 du code de l'urbanisme : " Les plans d'occupation des sols qui n'ont pas été mis en forme de plan local d'urbanisme, en application du titre V du présent livre, au plus tard le 31 décembre 2015 sont caducs à compter de cette date, sous réserve des dispositions des articles L. 174-2 à L. 174-5. / La caducité du plan d'occupation des sols ne remet pas en vigueur le document d'urbanisme antérieur. / A compter du 1er janvier 2016, le règlement national d'urbanisme mentionné aux articles L. 111-1 et L. 422-6 s'applique sur le territoire communal dont le plan d'occupation des sols est caduc ".

5. Il est constant qu'à la date de la décision attaquée, le plan d'occupation des sols de la commune de Combreux avait cessé de s'appliquer et les décisions en matière d'occupation du sol étaient régies par les dispositions du règlement national d'urbanisme. Si le règlement national d'urbanisme s'appliquait alors sur le territoire communal, une telle circonstance demeurait toutefois sans incidence sur la compétence appartenant au maire pour délivrer, au nom de la commune, les autorisations d'urbanisme en application du a) de l'article L. 422-1 cité plus haut, le transfert de compétence ayant résulté de l'approbation du document d'urbanisme communal étant définitif. Le maire était dès lors compétent pour délivrer le certificat d'urbanisme négatif au nom de la commune.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 410-14 du code de l'urbanisme : " Dans les cas prévus au b de l'article L. 410-1, lorsque la décision indique que le terrain ne peut être utilisé pour la réalisation de l'opération mentionnée dans la demande, ou lorsqu'elle est assortie de prescriptions, elle doit être motivée ". Aux termes de l'article A. 410-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque la demande porte sur un certificat délivré en application du b de l'article L. 410-1, le certificat d'urbanisme indique : a) Si le terrain peut ou non être utilisé pour la réalisation de l'opération précisée dans la demande ; b) L'état des équipements publics existants ou prévus. Lorsqu'il indique que le terrain ne peut pas être utilisé pour la réalisation de l'opération, le certificat précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision et indique les voies et délais de recours. "

7. Le certificat d'urbanisme en litige vise les dispositions du code de l'urbanisme et du règlement national d'urbanisme applicables au terrain d'assiette du projet envisagé. Il indique que le projet, par ses caractéristiques et sa localisation, est situé en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune où seuls les travaux visés à l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme sont autorisés. Il expose dès lors clairement les motifs pour lesquels le projet ne peut donner lieu à la délivrance du certificat d'urbanisme opérationnel sollicité, la circonstance tenant au fait que le maire aurait repris l'avis du préfet étant sans incidence. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ". Ces dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, les constructions implantées " en dehors des parties urbanisées de la commune ", c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet constitue un second rideau d'une parcelle bâtie, qui s'ouvre à l'ouest sur un vaste espace naturel où se situe le Canal d'Orléans. Par ailleurs, si des constructions bordent le chemin des Moulins, celles-ci sont implantées de manière éparse. Dans ces conditions, le terrain en cause, entouré de vastes parcelles à l'état naturel dépourvues de constructions, doit être considéré comme situé en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune, quand bien même il serait desservi par les réseaux. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions précitées.

10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Combreux, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme que demande la commune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Combreux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Combreux et à la préfète du Loiret.

Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Delamarre, présidente,

M. Jaosidy, premier conseiller,

Mme Pajot, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.

La rapporteure,

Anne-Laure PAJOT

La présidente,

Anne-Laure DELAMARRELa greffière,

Aurore MARTIN

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement

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