mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101829 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PUYENCHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 mai 2021 et le 17 janvier 2023, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 janvier 2021 par laquelle le maire de la commune de Lèves a rejeté sa demande tendant au versement intégral de l'indemnité de fonction, de sujétions et d'expertise (IFSE), ensemble la décision par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux présenté le 18 mars 2021 à l'encontre de la décision du 15 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Lèves de lui verser les sommes de 397,64 euros et de 453,97 euros correspondant au montant de l'IFSE indûment retenu, de procéder aux rectifications requises sur ses bulletins de paie ainsi qu'auprès de l'organisme gérant le régime de retraite additionnel de la fonction publique, le tout dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors, d'une part, qu'elle a formé son recours gracieux à l'encontre de la décision du 15 janvier 2021 avant l'expiration d'un délai de deux mois suivant la date de sa notification et, d'autre part, qu'elle a présenté son recours contentieux dans le délai de deux mois suivant la date à laquelle est née la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
- les décisions attaquées méconnaissent la circulaire ministérielle du 15 mai 2018 relative au temps partiel pour raison thérapeutique dans la fonction publique ainsi que les dispositions de l'article 1er du décret n° 2010-997 du 26 août 2010, dès lors qu'étant placée en congé pour raison de santé ou pour invalidité temporaire imputable au service, elle doit être rémunérée dans les conditions prévues par ce congé et non en fonction de ses droits liés à son temps partiel thérapeutique.
Par des mémoires enregistrés le 17 juin 2021, le 28 juin 2021 et le 31 janvier 2023, la commune de Lèves, représentée par Me Puyenchet, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête dirigée contre des décisions se bornant à confirmer les termes des arrêtés du 18 septembre 2018, du 21 février 2019 et du 9 mai 2019 devenus définitifs et dont l'intéressée a eu connaissance, est irrecevable conformément aux dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 18 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 2010-997 du 26 août 2010 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Joos,
- et les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, recrutée par la commune de Lèves au grade d'adjoint technique de deuxième classe, exerce ses fonctions au sein du service des espaces verts de la commune. Le 23 mai 2018, elle a été victime d'un accident reconnu imputable au service et placée en arrêt de travail prolongé jusqu'au 17 septembre 2018. Par un arrêté du maire de la commune de Lèves du 18 septembre 2018, elle a été autorisée à reprendre ses fonctions à temps partiel thérapeutique à raison de 50% de son temps de travail pour une durée de trois mois. Cette autorisation a été renouvelée jusqu'au 17 juin 2019 en vertu de deux arrêtés successifs pris par cette même autorité le 21 février 2019 et le 9 mai 2019. Le 14 décembre 2020, Mme B a sollicité de la part de la commune le versement d'une somme de 397,64 euros correspondant au montant de l'indemnité de fonction, de sujétions et d'expertise (IFSE) à taux plein non perçue au titre de la période d'octobre 2018 à janvier 2019. Par une décision du 15 janvier 2021, le maire de la commune de Lèves a refusé de faire droit à cette demande et informé l'intéressée qu'un indu d'IFSE correspondant à la période du 1er février 2019 au 17 juin 2019 sera retenu sur son traitement à compter de janvier 2021 et jusqu'en avril 2021 pour un montant total de 453,97 euros brut. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de la décision du 15 janvier 2021 ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux présenté le 18 mars 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors applicable : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions et de l'engagement professionnel des agents () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 : " Le régime indemnitaire fixé par les assemblées délibérantes des collectivités territoriales et les conseils d'administration des établissements publics locaux pour les différentes catégories de fonctionnaires territoriaux ne doit pas être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat exerçant des fonctions équivalentes () ".
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents ainsi que des résultats collectifs des services () ". Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite () / 4° bis. Après un congé de maladie, un congé de longue maladie ou un congé de longue durée, les fonctionnaires peuvent être autorisés à accomplir un service à temps partiel pour raison thérapeutique, accordé pour une période de trois mois renouvelable dans la limite d'un an pour une même affection. / Après un congé pour accident de service ou maladie contractée dans l'exercice des fonctions, le travail à temps partiel thérapeutique peut être accordé pour une période d'une durée maximale de six mois renouvelable une fois () / Les fonctionnaires autorisés à travailler à temps partiel pour raison thérapeutique perçoivent l'intégralité de leur traitement () ".
4. Aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat dans sa rédaction alors applicable : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier () d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise () ". Aux termes de l'article 3 de ce même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " L'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et le complément indemnitaire annuel sont exclusifs de toutes autres primes et indemnités liées aux fonctions et à la manière de servir, à l'exception de celles énumérées par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget ".
5. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'un fonctionnaire territorial autorisé à accomplir un service à temps partiel pour raison thérapeutique peut prétendre au maintien de son traitement à taux plein. En revanche, aucune disposition législative ou réglementaire ne lui permet de prétendre au maintien de son régime indemnitaire à taux plein si celui-ci est lié à l'exercice effectif des fonctions. D'autre part, il résulte des dispositions précitées du décret du 20 mai 2014 que les indemnités servies au titre du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat sont liées à l'exercice effectif des fonctions.
6. En application des dispositions précitées, le conseil municipal de la commune de Lèves a décidé, par une délibération du 19 décembre 2017, d'attribuer aux agents titulaires de la commune relevant dans l'ensemble des cadres d'emplois une IFSE uniquement liée au poste tenu par l'agent, dont le montant est proratisé au cas de temps partiel thérapeutique en fonction du temps de travail effectif.
7. Il ressort des pièces du dossier que consécutivement à son placement en congé de maladie, Mme B a repris le service à temps partiel pour raison thérapeutique à raison de 50% pendant neuf mois à compter du 18 septembre 2018. Par suite, sans qu'y fasse ainsi obstacle la circonstance que le temps partiel thérapeutique dont bénéficie la requérante soit consécutif à un accident reconnu imputable au service, c'est à bon droit que le maire de la commune de Lèves, en exécution des termes de la délibération du conseil municipal du 19 décembre 2017, a refusé à Mme B le bénéfice de l'IFSE à taux plein pour la période d'octobre 2018 à janvier 2019 et décidé de procéder à la récupération du trop-perçu d'indemnité versé au titre de la période du 1er février 2019 au 17 juin 2019.
8. En second lieu, si Mme B entend invoquer les termes de la circulaire ministérielle du 15 mai 2018 relative au temps partiel pour raison thérapeutique dans la fonction publique selon lesquels " lorsqu'il est placé en congé pour raison de santé ou pour invalidité temporaire imputable au service le fonctionnaire est rémunéré dans les conditions prévues pour ce congé et non en fonction des droits liés à son temps partiel thérapeutique ", ces énonciations ne contiennent pas une interprétation des textes applicables différente de celle dont il vient d'être fait application ci-dessus.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions présentées par Mme B à fin d'annulation de la décision du 15 janvier 2021 et de la décision du 18 mai 2021 rejetant implicitement son recours gracieux ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lèves, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B une somme au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Lèves sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Lèves.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Quillévéré, président,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.
Le rapporteur,
Emmanuel JOOS
Le président,
Guy QUILLÉVÉRÉ La greffière,
Lucie BARRUET
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026