LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2101843

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2101843

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2101843
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantBOULLAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 21 mai 2021, le 29 septembre 2021, le 10 décembre 2021 et le 28 janvier 2022, Mme D E, représentée par Me De Gaullier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 8 avril 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques d'Indre-et-Loire l'a informée de l'existence d'un indu de prime de restructuration de service perçue en février 2021 d'un montant de 2 500 euros et de son remboursement par voie de retenues sur sa rémunération à compter du mois de mai 2021, ensemble la décision du 30 juillet 2021, par laquelle cette même autorité l'a informée que cet indu sera régularisé par la voie d'un titre de perception ;

2°) d'annuler le titre de perception émis par le directeur départemental des finances publiques d'Indre-et-Loire le 18 août 2021 d'un montant de 2 136,98 euros se rapportant à l'indu précité, ensemble la décision du 24 novembre 2021, par laquelle cette même autorité a rejeté la réclamation présentée le 3 septembre 2021 à l'encontre de ce titre de perception ;

3°) d'annuler la décision du 1er décembre 2021, par laquelle le directeur départemental des finances publiques d'Indre-et-Loire l'a informée que sa dette d'indu s'élève désormais à la somme de 2 350,98 euros, à la suite de l'application d'une majoration d'un montant de 214 euros ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les décisions du 8 avril 2021, du 30 juillet 2021, du 24 novembre 2021 et le titre de perception du 18 août 2021 :

- ils sont entachés d'un vice d'incompétence en l'absence de justification d'une délégation de signature régulièrement publiée au bénéfice de l'auteur de ces actes ;

- ils sont entachés d'erreurs de droit au regard des dispositions de l'alinéa 2 de l'article 2 du décret n° 2008-366 du 17 avril 2008 ;

En ce qui concerne les décisions du 8 avril 2021 et du 30 juillet 2021 :

- elles sont insuffisamment motivées tant en fait qu'en droit en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elles sont entachées d'un vice de procédure en ce qu'elles procèdent à l'engagement d'une saisie de ses rémunérations sans émission préalable d'un titre de perception en méconnaissance des dispositions des articles 28 et 112 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

En ce qui concerne le titre de perception du 18 août 2021 :

- il est insuffisamment motivé tant en fait qu'en droit en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il ne comporte pas la signature de son auteur en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

En ce qui concerne la décision du 1er décembre 2021 :

- elle n'est pas motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la majoration de 10 % qu'elle inflige méconnaît le principe de suspension du recouvrement mentionné par l'article 118 du décret du 17 novembre 2012 ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle méconnaît la garantie légale de suspension du recouvrement ;

- elle constitue une sanction pécuniaire déguisée.

Par un mémoire enregistré le 16 juin 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, conclut au rejet de la requête.

Le directeur départemental des finances publiques d'Indre-et-Loire, à qui la procédure a été communiquée le 26 mai 2021, le 1er octobre 2021, le 14 décembre 2021, le 1er février 2022 et le 25 mars 2022, n'a pas produit de mémoire en défense malgré une mise en demeure du 23 novembre 2021.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le courrier du 30 juillet 2021 informant la requérante du recouvrement à venir d'un trop-perçu de rémunération par la voie d'un titre de perception, ce courrier étant un acte préparatoire dépourvu de caractère décisoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Joos,

- et les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D E, qui exerce ses fonctions au grade d'agent administratif principal de deuxième classe des finances publiques, a été affectée à la trésorerie de Ligueil en 2018. Par un arrêté du 27 septembre 2019, elle a été placée en congé de longue maladie pour une durée de douze mois. Ce congé a ensuite été régulièrement renouvelé jusqu'au 5 février 2021. A la suite de la restructuration de son service et de la fermeture de la trésorerie de Ligueil dans le cadre de la mise en place du nouveau réseau de proximité au sein de la direction départementale des finances publiques d'Indre-et-Loire, Mme E a été affectée au service de gestion comptable de Loches à effet au 1er janvier 2021 et s'est vu attribuer sur sa paie de février 2021 une prime de restructuration d'un montant de 2 500 euros. Par un arrêté du 18 mars 2021, elle a ensuite été rétroactivement placée en congé de longue durée pour une durée de dix mois à compter du 1er septembre 2020. Par un premier courrier du 8 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques (DDFIP) d'Indre-et-Loire l'a informée du versement indu de la prime de restructuration de service sur sa paie du mois de février 2021 et de son remboursement par voie de retenues sur sa rémunération à compter du mois de mai 2021. Par un second courrier du 30 juillet 2021, cette même autorité a informé Mme E qu'elle est redevable d'un indu de rémunération d'un montant net de 2 136,98 euros qui sera régularisé par la voie d'un titre de perception. Un titre de perception a ensuite été émis par le DDFIP d'Indre-et-Loire, le 18 août 2021, d'un montant de 2 136,98 euros et la réclamation présentée le 3 septembre 2021 à l'encontre de ce titre a été rejetée par une décision du 24 novembre 2021. Par un ultime courrier du 1er décembre 2021, le DDFIP d'Indre-et-Loire a infligé à l'intéressée une majoration de 10 % du montant de sa dette en raison de son retard de paiement. Par sa requête, Mme E demande l'annulation des décisions du 8 avril 2021, du 30 juillet 2021, du 24 novembre 2021 et du 1er décembre 2021, ainsi que du titre de perception du 18 août 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.

En ce qui concerne la décision du 30 juillet 2021 :

3. Si la lettre par laquelle l'administration informe un agent qu'il doit rembourser une somme indument payée et que, en l'absence de paiement spontané de sa part, cette somme sera retenue sur son traitement est une décision susceptible de faire l'objet d'un recours de plein contentieux, la lettre par laquelle l'administration informe ce même agent qu'il doit rembourser une somme indument payée et que, en l'absence de paiement spontané de sa part, un titre de perception lui sera notifié est, en revanche, une mesure préparatoire de ce titre, qui n'est pas susceptible de recours.

4. Il résulte de l'instruction que par une lettre du 30 juillet 2021, le DDFIP d'Indre-et-Loire a informé Mme E, d'une part, qu'elle était redevable de la somme de 2 136,98 euros en raison de la perception indue de la prime de restructuration de service pendant sa période de congé de longue durée et, d'autre part, qu'un titre de perception, dont elle sera rendue destinataire, sera prochainement émis à son encontre afin qu'il soit procédé au recouvrement de cet indu de rémunération. Ce courrier devant être regardé comme annonçant l'émission d'un titre de perception, qui présente le caractère d'une mesure préparatoire, n'était pas susceptible de recours de la part de Mme E. Ses conclusions à fin d'annulation de cette lettre ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées comme irrecevables.

En ce qui concerne la décision du 8 avril 2021 :

5. La lettre du 30 juillet 2021, par laquelle le DDFIP d'Indre-et-Loire a, en cours d'instance devant le tribunal, notifié à Mme E un indu de prime de restructuration de service versé sur sa paie du mois de février 2021 et l'a informée que cet indu sera régularisé par voie de titre de perception, a la même portée que la lettre du 8 avril 2021 qu'elle a implicitement, mais nécessairement, eu pour objet de retirer. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions de Mme E dirigées contre la lettre du 30 juillet 2021, les conclusions dirigées contre la décision du 8 avril 2021 sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 8 avril 2021.

En ce qui concerne le titre de perception du 18 août 2021, la décision du 24 novembre 2021 et la décision du 1er décembre 2021 :

6. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". Le V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 prévoit que pour l'application de ces dispositions : " aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation ".

7. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'Etat doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur.

8. Le titre de perception en litige émis le 18 août 2021, qui n'est pas signé, indique que son auteur est l'ordonnateur de ce titre, à savoir M. C A, en qualité de responsable des recettes. Si le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique produit un état récapitulatif des créances pour mise en recouvrement qui comporte la référence du titre de perception en litige, ce dernier est signé par Mme B, inspectrice divisionnaire hors classe des finances publiques et non par l'ordonnateur désigné dans le titre de perception. Par suite, Mme E est fondée à soutenir que le titre de perception contesté méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.

9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête se rapportant à la régularité et au bien-fondé du titre, que le titre de perception émis à l'encontre de Mme E le 18 août 2021, ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 24 novembre 2021 par laquelle le DDFIP d'Indre-et-Loire a rejeté la réclamation préalable présentée à l'encontre de ce titre, et celle du 1er décembre 2021 par laquelle cette même autorité a notifié l'actualisation du montant de la dette visée par le titre après application d'une majoration de 10 % doivent être annulés.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 8 avril 2021.

Article 2 : Le titre de perception émis le 18 août 2021 par le directeur départemental des finances publiques d'Indre-et-Loire est annulé.

Article 3 : Les décisions du 24 novembre 2021 et du 1er décembre 2021 du directeur départemental des finances publiques d'Indre-et-Loire sont annulées.

Article 4 : L'Etat versera à Mme E la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée, pour information, au directeur départemental des finances publiques d'Indre-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

M. Joos, premier conseiller,

Mme Bernard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.

Le rapporteur,

Emmanuel JOOS

La présidente,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La greffière,

Sarah LEROY

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions