mardi 16 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL WALTER & GARANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mai 2021 et un mémoire enrégistré le 7 décembre 2023, M. E F, représenté par Me Dalibard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 novembre 2020 par laquelle le préfet de la région Centre-Val de Loire a refusé de reconnaître imputable au service l'accident dont il déclare avoir été victime le 3 juin 2020, ensemble la décision implicite de rejet née le 25 mars 2021 du silence gardé par le préfet de la région Centre-Val de Loire sur son recours gracieux du 25 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la région Centre-Val de Loire de prendre avec toutes les conséquences de droit qui y sont attachées, une décision reconnaissant l'accident dont il a été victime le 3 juin 2020 imputable au service et ce, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à défaut, de reprendre l'instruction de sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence de la signataire de la décision contestée n'est pas établie ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- la décision contestée est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle méconnaît la présomption d'imputabilité au service posée par l'article 21bis de la loi n° 83-634 pour tout accident survenu au cours d'une activité se situant dans le prolongement du service ;
- la décision contestée est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que trois médecins différents sont arrivés à la conclusion que l'accident qu'il a subi le 3 juin 2020 est bien en lien avec le service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2023, la préfète de la région Centre-Val de Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la signataire de la décision contestée avait reçu délégation pour ce faire ;
- la décision contestée est justifiée en droit et en fait.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public,
- et les observations de Me Thomas substituant Me Dalibard, représentant M. F.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de la réforme de l'organisation territoriale de l'Etat, il a été décidé de créer des secrétariats généraux chargés des fonctions supports, communs aux préfectures et aux directions départementales interministérielles. La mise en place de cette nouvelle structure a fait l'objet d'une phase de préfiguration au cours de laquelle le préfet du département d'Indre-et-Loire a associé au sein d'un groupe de travail les représentants des comités techniques de la préfecture et des directions départementales interministérielles ainsi que des représentants du comité technique déconcentré placé auprès de la DIRECCTE (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) de la région. M. E F, membre de cette instance de dialogue, a participé aux différentes réunions de préfiguration et envisageait de rejoindre le futur secrétariat général d'Indre-et-Loire pour y occuper les fonctions de " chargé de mission marchés publics et achats ". Le 2 juin 2020, lors d'une réunion du comité technique, la préfète d'Indre-et-Loire a pris acte du refus des organisations syndicales, opposées au transfert des agents de l'unité territoriale de la DIRECCTE
d'Indre-et-Loire, de participer aux travaux de préfiguration du secrétariat général commun de l'Indre-et-Loire. M. F a, selon ses déclarations, été informé de cette situation le lendemain, lors de la réunion du comité technique. Il a alors violemment ressenti ce qu'il a considéré comme une éviction et indique avoir quitté la réunion, victime d'un malaise. Placé en arrêt de travail à compter du 8 juin 2020, il a présenté une demande de reconnaissance d'accident de service le 18 juin 2020. Il a alors été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service, à titre provisoire, et son administration employeur a saisi la commission de réforme pour avis. Dans sa séance du 28 novembre 2020, la commission départementale de réforme a émis un avis défavorable au motif que les arrêts de travail prescrits relèvent de la maladie ordinaire. Par décision du 27 novembre 2020, le préfet de la région Centre-Val de Loire a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par M. F, qui a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision le 25 janvier 2021. Il ne lui a pas été répondu. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision du 27 novembre 2020 ainsi que de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 47-9 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires dans ses dispositions applicables au litige : " Au terme de l'instruction, l'administration se prononce sur l'imputabilité au service et, lorsqu'elle est constatée, place le fonctionnaire en congé pour invalidité temporaire imputable au service pour la durée de l'arrêt de travail. / Lorsque l'administration ne constate pas l'imputabilité au service, elle retire sa décision de placement à titre provisoire en congé pour invalidité temporaire imputable au service et procède aux mesures nécessaires au reversement des sommes indûment versées. (.) ". Il résulte de ces dispositions que c'est à l'autorité de nomination qu'il appartient de se prononcer sur la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident ou d'une maladie.
3. La décision contestée, qui refuse de reconnaître le malaise dont M. F déclare avoir été victime le 3 juin 2020 au titre d'accident de service, a été signée par Mme A D, responsable des ressources humaines, par délégation du directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, sous les ordres duquel se trouve placé le requérant. Il ressort des pièces du dossier que le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi alors en poste, M. C B, disposait d'une délégation de signature du préfet de la région Centre-Val de Loire, lequel, en application du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004, a autorité sur l'ensemble des personnels des services déconcentrés. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que l'arrêté du 14 octobre 2020 portant subdélégation de signature de M. B, publié au recueil des actes administratifs sous le n° R24-2020-265, prévoit en son article 3 que Mme A D, responsable du service des ressources humaines bénéficie d'une subdélégation de signature " pour les correspondances relatives à la gestion des personnels titulaires et non titulaires ". Or, la décision en litige du 27 novembre 2020, qui refuse le bénéfice
d'un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes remplissant les conditions légales pour l'obtenir ne peut être regardée comme une simple correspondance. Il s'ensuit que la décision contestée a été prise par une autorité incompétente.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 27 novembre 2020 par laquelle le préfet de la région Centre-Val de Loire a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident du 3 juin 2020 déclaré par M. F doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement, compte tenu du motif d'annulation retenu, et alors qu'en l'état du dossier aucun autre moyen d'annulation n'est susceptible d'être accueilli, d'enjoindre à la préfète de la région Centre-Val de Loire de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident déclaré par le requérant. Il y a seulement lieu de lui enjoindre de procéder au réexamen de la demande de M. F, dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. F en application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 novembre 2020 par laquelle le préfet de la région Centre-Val de Loire a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par M. F, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la région Centre-Val de Loire de procéder au réexamen de la demande de M. F dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à M. F.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E F et à la préfète de la région Centre-Val de Loire.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Best-De Gand, première conseillère,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la préfète de la région Centre-Val de Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026