lundi 22 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mai 2021, Mme G F, représentée par Me Aubry, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 janvier 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées le 6 mars 2020 ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui faire une offre d'hébergement adaptée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 200 euros à verser à son conseil.
Mme F soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence, faute pour sa signataire de bénéficier d'une délégation régulière à cet effet ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, eu égard à sa particulière vulnérabilité à la date de cette décision ;
- elle a cherché à faire valoir ses arguments, manifestement en vain puisque le directeur de l'OFII soutient n'en avoir pas eu connaissance.
Par un mémoire enregistré le 10 décembre 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête.
L'OFII soutient que :
- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;
- Mme F, qui a sollicité ultérieurement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, a perçu de nouveau l'allocation pour demandeur d'asile à compter du mois de juillet 2021 et a été hébergée à Tours à compter du 16 juin 2021 ; sa demande d'asile a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 25 octobre 2021 et par suite elle ne peut plus bénéficier des conditions matérielles d'accueil ; les conclusions à fin d'injonction devront donc être rejetées.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;
- la décision n° 428530, 428564 du 31 juillet 2019 du Conseil d'Etat statuant au contentieux ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, ressortissante géorgienne, est entrée sur le territoire français le 24 janvier 2020 et y a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 6 mars 2020. Le même jour, Mme F a accepté les conditions matérielles d'accueil qui lui étaient proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Après avoir, dans un premier temps, accepté l'offre d'hébergement à Dreux qui lui a été proposée le 9 octobre 2020, Mme F est revenue sur son acceptation le 29 octobre 2020. Par un courrier du 23 novembre 2020, le directeur général de l'OFII l'a informée de son intention de suspendre les conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait et l'a invitée à faire parvenir ses observations dans un délai de quinze jours. Mme F demande l'annulation de la décision de suspension de ses conditions matérielles d'accueil, intervenue le 20 janvier 2021.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme D A, directrice territoriale de l'OFII à Orléans. Par une décision du 4 juin 2019, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur n° 2019-07 du 15 juillet 2019, M. B C, directeur général de l'OFII, a donné délégation à Mme A à l'effet de signer notamment toutes décisions se rapportant aux missions dévolues à la direction d'Orléans telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 portant organisation générale de l'OFII. Aux termes de l'article 8 de la décision du 31 décembre 2013 : " Les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII ". Aux termes de l'article 12 de la même décision : " Les directions territoriales de l'office et les délégations qui leur sont rattachées sont : () / 22° La direction d'Orléans, compétente pour les activités de l'OFII dans la région Centre () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la requérante fait valoir qu'après s'être présentée à l'OFII pour expliquer les raisons de son refus de rejoindre l'hébergement proposé, elle a demandé l'aide d'une association pour rédiger un courrier d'observation. Elle n'apporte toutefois aucun élément de nature à établir la réalité de ces démarches, et notamment la réception d'un courrier par l'OFII. Elle ne peut dès lors utilement se prévaloir de ce qu'elle aurait cherché " en vain " à faire valoir ses arguments.
4. En troisième lieu, par sa décision n° 428530, 428564 du 31 juillet 2019, le Conseil d'Etat statuant au contentieux a jugé que les dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui créaient, dans leur rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, des cas de refus et de retrait de plein droit des conditions matérielles d'accueil sans appréciation des circonstances particulières et excluaient, en cas de retrait, toute possibilité de rétablissement de ces conditions, étaient incompatibles avec les objectifs de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale. Il a, par suite, annulé les dispositions réglementaires prises pour leur application. Toutefois, le Conseil d'Etat a, par la même décision, précisé les conditions dans lesquelles les autorités compétentes pouvaient, dans l'attente de la modification des articles L. 744-7 et L. 744-8 par le législateur, limiter ou supprimer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil aux demandeurs d'asile qui quittent leur lieu d'hébergement ou la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 744-2 du même code ou qui ne respectent pas les exigences des autorités chargées de l'asile. Ainsi, il reste possible à l'OFII de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui a refusé le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation. Il lui est également possible, dans les mêmes conditions et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes.
5. La décision de suspension en litige est intervenue en raison du refus de Mme F de rejoindre à Dreux le lieu d'hébergement qu'elle avait initialement accepté. La requérante fait valoir qu'étant hébergée à Blois et ayant retrouvé au mois de septembre 2020 le père de son enfant, hébergé à Tours, elle ne souhaitait pas s'éloigner de Blois, où elle bénéficiait également d'un réseau d'entraide, d'autant plus, d'une part, qu'elle " se savait déjà enceinte " - le compte rendu d'examen médical qu'elle produit indiquant à cet égard une date présumée de début de grossesse au 15 octobre 2020 -, d'autre part, que le trajet de Blois à Dreux par les transports en commun, comportant deux changements et plus de trois heures de transport, " était long et laborieux ". Mme F fait en outre valoir sa vulnérabilité à la date de la décision attaquée, étant mère d'un enfant âgé de dix-huit mois et enceinte de son deuxième enfant. Toutefois, l'OFII fait valoir sans être contredit qu'il était possible pour l'intéressée et son compagnon de demander ultérieurement un rapprochement. Par ailleurs, s'agissant de la situation de vulnérabilité alléguée par Mme F, celle-ci indique elle-même qu'elle bénéficiait d'un réseau d'aide à Blois et qu'elle a été prise en charge par le département, qui dès son refus de se présenter à Dreux l'a suivie non plus seulement pour l'aide alimentaire mais également pour le logement d'urgence et l'a ainsi hébergée dans un hôtel dès le mois de janvier 2021. Dans ces conditions, la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil intervenue le 20 janvier 2021 n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme F tendant à l'annulation de la décision du 20 janvier 2021 attaquée doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence et en tout état de cause, que ses conclusions à fin d'injonction. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée au profit du conseil de Mme F en application de ces dispositions et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G F et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 5 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Hélène LE TOULLEC
Le président-rapporteur,
Frédéric E
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026