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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2102085

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2102085

lundi 19 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2102085
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantESNAULT-BENMOUSSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 juin 2021, Mme B A, représentée par Me Esnault-Benmoussa demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 avril 2021 de la préfète d'Indre-et-Loire portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète d'Indre-et-Loire de lui délivrer une carte de séjour temporaire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ; à défaut, d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté contesté n'est pas motivé ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2021, la préfète d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.

La préfète soutient que la requête est irrecevable et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 14 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. D C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante congolaise, a déclaré être entrée en France sous couvert d'un visa de court séjour. Sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile. Le 16 novembre 2020, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " mention vie et privée et familiale " auprès de la préfecture d'Indre-et-Loire. Par une décision du 6 avril 2021, la préfète d'Indre-et-Loire a refusé de faire droit à cette demande, a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. C'est l'arrêté attaqué.

Sur la légalité de l'arrêté attaqué :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. En l'espèce, l'arrêté contesté comporte les motifs de droit et de fait sur lesquels la préfète s'est fondée pour rejeter la demande de titre de séjour formée par la requérante. Elle comporte, notamment, les considérations relatives à ses conditions d'entrée sur le territoire et aux différentes décisions qui ont été prises. Elle mentionne les raisons pour lesquelles sa demande de titre de séjour est rejetée. Elle comporte également des considérations relatives à sa vie privée et familiale. Par suite, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que cet arrêté serait insuffisamment motivé.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".

5. Pour établir l'atteinte au droit protégé par ces stipulations et l'erreur manifeste d'appréciation dont la décision serait entachée, la requérante fait valoir qu'elle a entamé une vie commune stable et continue avec un ressortissant français avec lequel elle s'est pacsée le 2 avril 2019. Elle ajoute que son concubin dispose d'un logement et de revenus lui permettant de subvenir à leurs besoins et qu'elle lui apporte une aide matérielle dans sa vie quotidienne ce qui est attesté par le médecin traitant de ce dernier. Il ressort des pièces du dossier que Mme A et son concubin ont conclu un pacte civil de solidarité en avril 2019 après avoir débuté une vie commune en octobre 2018, selon les attestations des enfants de son concubin. Le médecin de ce dernier atteste également, tout comme ses enfants, de l'aide apportée par Mme A dans l'accomplissement des gestes de la vie quotidienne (toilette, habillage, préparation des aliments). Cependant, alors que la vie commune présente un caractère récent à la date de la décision attaquée, que la requérante est entrée en France à l'âge de trente-sept ans en août 2017, qu'elle a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français et qu'elle a deux enfants nés en 2005 en 2011 restés dans son pays d'origine, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en prenant la décision attaquée. Par ailleurs, et alors en outre que la requérante ne justifie d'aucune intégration professionnelle et sociale particulière à la date de la décision attaquée, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle en opposant à la demande formulée un refus et en assortissant cette décision d'une obligation de quitter le territoire français. Les moyens sont, par suite, écartés.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué du 6 avril 2021 de la préfète d'Indre-et-Loire présentées par Mme A doivent être rejetées. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent, par voie de conséquence, être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète d'Indre-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

M. Viéville, premier conseiller,

M. Nehring, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.

Le rapporteur,

Sébastien VIEVILLE

La présidente,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La greffière,

Agnès BRAUD

La République mande et ordonne à la préfète d'Indre-et-Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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