mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102115 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 juin 2021 et le 18 février 2022, Mme A C, représentée par Me Aubry, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 octobre 2020 par laquelle le président du conseil départemental de Loir-et-Cher l'a informée d'un indu de revenu de solidarité active de 15 929,72 euros au titre de la période de mai 2017 à janvier 2020 ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental de Loir-et-Cher a refusé de lui accorder la remise gracieuse de cet indu ;
3°) de la décharger de l'obligation de payer l'indu de revenu de solidarité active ;
4°) de mettre à la charge du département de Loir-et-Cher la somme de 1 200 euros à verser à Me Aubry sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle a demandé des explications sur les motifs de l'indu mis à sa charge et la caisse d'allocations familiales n'a pas répondu ;
- elle ne peut acquitter la somme de 15 929,72 euros étant dépourvue de ressources depuis mars 2020 ; elle perçoit une retraite de 415 euros depuis janvier 2021 ; elle doit rembourser de nombreuses dettes et son état de santé ne lui permet pas de travailler ; elle sollicite une remise de dette ;
- l'action en recouvrement de la dette est prescrite ;
- le courrier du 27 novembre 2020 doit être regardé comme une demande de remise de dette, qui a été implicitement rejeté ;
- pendant la période litigieuse, M. F a reçu des salaires portés au crédit de son compte bancaire, qui ne peuvent être regardés comme des ressources de Mme C ; M. F s'acquitte seul des échéances du prêt immobilier.
Par un mémoire enregistré le 6 mai 2022, le département de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 février 2022.
Les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur des moyens relevés d'office, tirés de la tardiveté des conclusions dirigées contre le bien-fondé de l'indu, de l'irrecevabilité de conclusions dirigées contre les mises en demeure et les actes de poursuites notifiés pour le recouvrement de cet indu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que par une décision du 29 avril 2020, le président du conseil départemental de Loir-et-Cher a radié Mme C du dispositif de revenu de solidarité active à compter du 1er mai 2017. Par une décision du 7 mai 2020, la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher a informé Mme C de sa radiation du dispositif de revenu de solidarité active à compter du 1er mai 2017 et de la mise à la charge de la requérante d'un indu de 15 929,72 euros au titre de la période de mai 2017 à janvier 2020.
Sur les conclusions dirigées contre le bien-fondé de l'indu en litige :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. Il résulte de l'instruction que la réclamation préalable présentée par Mme C a été rejetée par une décision du président du conseil départemental de Loir-et-Cher du 3 août 2020, qui comportait une indication correcte de voies et délais de recours. Il est établi que Mme C a eu connaissance de cette décision au plus tard le 16 septembre 2020, date de sa nouvelle réclamation. Cette réclamation a été rejetée par une nouvelle décision du président du conseil départemental de Loir-et-Cher du 7 octobre 2020, confirmant la décision du 3 août 2020 et qui ne pouvait ainsi rouvrir le délai de recours contentieux de deux mois de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Il suit de là que les conclusions de la requête de Mme C contestant le bien-fondé de l'indu litigieux, sont tardives et par suite irrecevables.
Sur les conclusions tendant à la remise gracieuse de l'indu litigieux :
4. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
6. Il résulte de l'instruction que l'indu litigieux est fondé sur l'absence de déclaration d'une vie commune unissant Mme C et M. F, ainsi que sur l'absence de déclaration de virements figurant sur le compte bancaire de la requérante au cours de la période en litige. Dans sa réclamation préalable du 16 septembre 2020, la requérante déclare que M. F, n'était pas son concubin et que les sommes virées sur son compte bancaire constituaient des salaires versés par l'entreprise de travail temporaire employant M. F, dont le compte bancaire était bloqué. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que n'existait pas de vie commune entre Mme C et M. F, compte tenu des éléments constatés par le département de Loir-et-Cher, résultant notamment d'une enquête de gendarmerie, liés à la circonstance que la requérante organisait des spectacles d'animaux avec M. F, avec lequel elle vivait à Chauvigny le Perche et avec lequel elle avait contracté un prêt pour l'acquisition d'une maison. La bonne foi de la requérante n'est pas établie par les pièces du dossier. Mme C doit être regardée comme l'auteur de fausses déclarations au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives. Il suit de là que Mme C n'est pas fondée à demander la remise gracieuse de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge, quelle que soit par ailleurs sa situation financière.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par Mme C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au département de
Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc D
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026