jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102123 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CHAYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juin 2021, M. A B, représenté par
Me Chayé, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 19 janvier 2021 du directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) suspendant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil réservées aux demandeurs d'asile ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'OFII de le rétablir dans ses droits à bénéficier des conditions matérielles d'accueil réservées aux demandeurs d'asile et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile de manière rétroactive ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement d'une somme de 1 000 euros au profit de son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où il ne peut être considéré comme en fuite ; il n'a pu honorer deux rendez-vous seulement et ce, compte tenu des restrictions de déplacement imposées dans le cadre de la crise sanitaire ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dans la mesure où les convocations qui lui ont été adressées ne l'étaient pas dans une langue qu'il comprend ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L.744-8 et D. 744-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 ;
- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;
- le décret n°2020-1310 du 29 octobre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public, autorisé par Mme Rouault-Chalier, présidente de la formation de jugement, a été dispensé, sur sa proposition, d'avoir à prononcer des conclusions.
Le rapport de Mme Palis De Koninck a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant afghan né le 2 janvier 1994, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée au guichet unique de la préfecture du Loiret le 3 mai 2018 et s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile au titre de la " procédure Dublin ". Le même jour, il a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en vue de bénéficier des conditions matérielles d'accueil en tant que demandeur d'asile. Par une décision du 19 janvier 2021, l'OFII a suspendu les conditions matérielles d'accueil accordées à M. B. Ce dernier demande l'annulation de cette décision.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Il n'y a pas lieu, compte tenu de l'absence d'urgence et alors que M. B a eu tout loisir de déposer une demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle depuis l'introduction de sa requête, de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En vertu des dispositions de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, les décisions relatives à la suspension et au rétablissement des conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018. Les conditions matérielles d'accueil ayant été accordées à M. B le 3 mai 2018, la situation de celui-ci doit être appréciée à l'aune des dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
4. En premier lieu, aux termes l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ".
5. L'OFII a suspendu les conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. B au motif qu'il ne s'était pas présenté aux convocations prévues les 27 octobre et 10 novembre 2020 dans les locaux du pôle régional de l'Office. Un tel motif relève du 1° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit en ce que le motif énoncé ne fait pas partie des cas de suspension prévus à l'article L. 744-8 doit être écarté.
6. En second lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que l'OFII a convoqué
M. B à des entretiens prévus les 27 octobre et 10 novembre 2020 dans ses locaux et que ce dernier ne s'est pas présenté. Le requérant, qui ne conteste pas avoir reçu les deux convocations, soutient qu'il n'a pas été informé dans une langue qu'il comprend que les mesures de restriction de déplacement prises dans le cadre de la crise sanitaire liée à la COVID-19 ne l'empêchaient pas de se rendre à Orléans pour honorer ses rendez-vous. Toutefois, lesdites mesures de restriction n'ont été annoncées par le Président de la République que le 28 octobre 2020 et le décret correspondant n'a été pris que le 29 octobre 2020. Or, le premier rendez-vous fixé à M. B et auquel il ne s'est pas présenté était prévu le 27 octobre 2020. En outre, ce décret autorisait à titre dérogatoire les déplacements dans le cadre d'une convocation administrative. M. B ne justifie nullement avoir prévenu de son absence à l'un ou à l'autre de ses rendez-vous. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit donc être écarté. Il en va de même du moyen tiré de ce que ces absences ne justifieraient pas, à elles seules, la suspension des conditions matérielles d'accueil accordées au requérant et de ce que la décision attaquée serait ainsi entachée d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 19 janvier 2021 du directeur de l'OFII doivent être rejetées ainsi que, ensemble et par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Palis De Koninck, première conseillère,
Mme Bernard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
Mélanie PALIS DE KONINCK
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026