jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP LE METAYER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 15 juin 2021, le 26 mai 2023 et le 2 juin 2023, Mme A B, représentée par la SCP Le Métayer et associés, avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 28 avril 2021 par laquelle le maire de Trainou l'a changée d'affectation et nommée sur un poste de gestionnaire administratif, avec toutes les conséquences de droit ;
2°) de condamner la commune de Trainou à lui verser la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il s'agit d'une sanction disciplinaire destinée à l'évincer ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que ce changement d'affectation ne répond pas à des motifs d'intérêt général ;
- elle constitue une discrimination.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 octobre 2022 et le 31 mai 2023, la commune de Trainou, représentée par la SELARL Leroy, avocats, conclut au rejet de la requête, à titre principal comme irrecevable, à titre subsidiaire comme non fondée et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée constitue une mesure d'ordre intérieur qui ne présente pas de caractère décisoire et est, à ce titre, insusceptible de recours ;
- la décision contestée est en réalité confirmative d'une décision intervenue en février 2021 ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Petit, représentant Mme B, et de Me Silvestre substituant Me Leroy, représentant la commune de Trainou.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, rédacteur territorial au sein de la mairie de Trainou, a été recrutée en octobre 2013 afin d'assurer l'encadrement du service de l'eau et de l'assainissement. A compter du 1er décembre 2017, elle a été chargée d'assurer, en sus de ses fonctions, des fonctions de comptabilité, puis à compter du mois de septembre 2018, elle a été chargée d'assurer les fonctions de directrice générale par intérim afin de pallier l'absence de la titulaire. Elle exerce les fonctions de directrice générale des services par intérim depuis septembre 2018 et a été nommée sur ce poste au 1er mars 2019. En congé de maladie du 24 mars 2020 au 11 avril 2020, elle a été placée en congé de longue maladie à compter du 6 juillet 2020. Par lettre du 8 février 2021, le maire l'a informée de ce qu'elle était remplacée dans ses fonctions et qu'il envisageait de procéder à une réorganisation des services. Par lettre du 28 avril 2021, Mme B a été informée de ce que, suite à la réorganisation approuvée par le conseil municipal, elle était désormais affectée sur un poste de gestionnaire administratif. Par la présente requête, elle demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 53 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Lorsqu'il est mis fin au détachement d'un fonctionnaire occupant un emploi fonctionnel mentionné aux alinéas ci-dessous et que la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi correspondant à son grade, celui-ci peut demander à la collectivité ou l'établissement dans lequel il occupait l'emploi fonctionnel soit à être reclassé dans les conditions prévues aux articles 97 et 97 bis, soit à bénéficier, de droit, du congé spécial mentionné à l'article 99, soit à percevoir une indemnité de licenciement dans les conditions prévues à l'article 98. Ces dispositions s'appliquent aux emplois () de directeur général des services, de directeur général adjoint des services des communes de plus de 2 000 habitants ; () Il ne peut être mis fin aux fonctions des agents occupant les emplois mentionnés ci-dessus, sauf s'ils ont été recrutés directement en application de l'article 47, qu'après un délai de six mois suivant soit leur nomination dans l'emploi, soit la désignation de l'autorité territoriale. () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il peut être mis fin pour des motifs tirés de l'intérêt du service au détachement des agents occupant les emplois fonctionnels mentionnés. Eu égard à l'importance du rôle des titulaires de ces emplois et à la nature particulière des responsabilités qui leur incombent, le fait pour la directrice générale des services d'une commune de s'être trouvée placée dans une situation ne lui permettant plus de disposer de la part de l'autorité territoriale de la confiance nécessaire au bon accomplissement de ses missions peut légalement justifier qu'elle soit, pour ce motif, déchargée de ses fonctions.
4. Il ressort des pièces du dossier que si Mme B n'a pas été formellement détachée dans l'emploi de directrice générale des services, elle occupait un emploi fonctionnel auquel il pouvait être mis fin par décision du maire en application des dispositions de l'article 53 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 précitées. Par suite, la décision du 28 avril 2018 lui notifiant son changement d'affectation à la reprise de ses fonctions ne peut être regardée ni comme une mesure d'ordre intérieur, compte tenu de ses effets, ni comme une décision confirmative d'une prétendue décision d'affectation prononcée le 8 février 2021.
5. En premier lieu, la requérante soutient qu'elle a toujours fait preuve d'un grand professionnalisme, qu'elle était bien notée et appréciée de l'ensemble des élus. Toutefois, dans ses écritures en défense, la commune fait valoir que les prises de positions de la requérante en faveur de l'équipe municipale sortante étaient de nature à obérer la relation de confiance qui doit exister entre le maire et la directrice générale des services, laissant entendre en creux que le maire ne souhaitait pas que Mme B revienne sur les fonctions de directrice générale des services à l'issue de ses congés de maladie, ce que corroborent les observations formulées par le maire devant la commission du personnel, le 14 janvier 2021, lors de son exposé sur la réorganisation des services. La commune produit en outre un courriel de la requérante adressé à l'équipe municipale sortante dans lequel elle défend ce qui a été fait par celle-ci et affirme ses positions de manière explicite, soulignant qu'elle pensait que cette équipe " pouvait gagner la bataille et éviter que le bateau coule ". Par suite, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le maire de la commune a pu considérer que la confiance nécessaire entre lui et Mme B, directrice générale des services, n'était pas établie et décider de procéder au changement d'affectation de la requérante.
6. En tout état de cause, il apparaît que les fonctions de " gestionnaire administratif " confiées à Mme B, telles qu'elles figurent sur la fiche de poste annexée à la décision contestée, lui maintiennent des fonctions d'encadrement, même si le nombre d'agents encadrés est inférieur à ce qu'il était précédemment, et sont conformes aux attributions qui peuvent être confiées à un rédacteur territorial, en application des dispositions combinées des articles 1 et 3 du décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des rédacteurs territoriaux et ne révèlent aucune volonté de porter atteinte à sa situation professionnelle. Par suite, et quand bien même ce changement d'affectation induit une diminution des primes servies, c'est sans erreur de droit que le maire a pu décider de mettre fin au détachement de la requérante dans les fonctions de directrice générale des services et de procéder à son changement d'affectation.
7. En deuxième lieu, ainsi qu'il vient d'être dit, il ressort des pièces du dossier que la commune a décidé de remplacer la requérante sur ses fonctions de directrice générale des services afin d'assurer la continuité du service public du fait de la perte de confiance induite par ses prises de positions en faveur de l'équipe municipale sortante durant la campagne électorale, d'une part, mais également de son placement en congé de longue maladie, d'autre part. Alors que la perte de confiance constitue un motif tiré de l'intérêt du service justifiant qu'il puisse être mis fin au détachement sur un emploi fonctionnel, de directrice générale des services, la décision de changement d'affectation contestée ne peut être regardée comme une sanction disciplinaire déguisée.
8. En dernier lieu, si la requérante soutient avoir été victime de discrimination liée à son apparence physique, elle n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision du 28 avril 2021 décidant de son changement d'affectation au sein des effectifs de la commune doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Trainou, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y pas a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme B la somme réclamée par la commune de Trainou au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Trainou au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Trainou.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026