mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | MANDEVILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2021 et des pièces complémentaires enregistrées le 3 février 2022, l'association de la Chaume des Baudons, représentée par Me Mandeville, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2020-1598 du 21 décembre 2020 par lequel le préfet du Cher a transféré les biens de la section des villages des Baudons et des Brossats à la commune d'Ids-Saint-Roch et mis fin à la section de communes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3.500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'association a été créée le 28 janvier 2021 ; l'arrêté porte extinction du droit de propriété d'un de ses habitants ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé dès lors qu'il retire ou abroge une décision créatrice de droits ou oppose une déchéance ; il porte déchéance des droits appartenant à deux habitants du village ; l'identité et la compétence du signataire ne sont pas établis ;
- les membres de la section de communes n'ont pas été informés de leurs obligations fiscales et le conseil municipal de la commune a validé le 24 septembre 2020 le principe du transfert des biens de la section de communes à son profit ; la commune n' a accompli aucune diligence au cours des trois dernières années pour informer la section de commune de ses obligations ; aucun avis d'imposition n'a été adressé aux intéressés au cours des trois dernières années ; ce n'est que le 26 novembre 2020, postérieurement à la délibération du 24 septembre 2020 que la commune s'est adressée aux habitants sous couvert d'un simple courrier récapitulatif ;
- les habitants n'ont jamais été informés de la faculté de constituer une commission syndicale ; les habitants ne se sont jamais désintéressés des biens et y ont y exercé une activité agricole.
Par un mémoire enregistré le 27 août 2021, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, la gestion des biens et droits de la section est assurée par le conseil municipal et le maire en vertu de l'article L. 2411-2 du code général des collectivités territoriales ;
- les moyens de légalité externe ne sont pas fondés et le préfet est en situation de compétence liée ;
- le maire a organisé deux réunions publiques les 1er et 5 août 2020 avant la délibération du 24 septembre 2020, et adressé un courrier récapitulatif le 26 novembre 2020 avant l'arrêté préfectoral du 21 décembre 2020 ;
- les avis d'imposition ont été établis au nom de la section de communes, laquelle ne s'est pas dotée de ressources propres.
Par un mémoire enregistré le 27 août 2021, la commune d'Ids-Saint-Roch, représentée par Me Gabard, a présenté des observations et demande que la somme de 3.000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à partir du 1er janvier 2014, la commune a acquitté la taxe foncière afférente aux parcelles en litige, sans la refacturer ; les parcelles ont été accaparées par une seule famille et la commune a intérêt à agir ; par un courrier du 4 août 2020, le maire a demandé à Mme C et M. A de faire connaître, avant la fin du mois d'août leur intérêt à conserver la disposition des parcelles en cause ; ces derniers n'ont pas répondu ; le 5 septembre 2020, le maire a soumis au conseil municipal la question du transfert des biens de la section de communes ; une délibération du 24 septembre 2020 a adopté le principe du transfert, dont les intéressés ont été avisés par courrier du 26 novembre 2020, auquel aucune réponse n'a été apportée ;
- la requête est irrecevable, les statuts de l'association ne permettant pas de justifier d'un intérêt à agir et les dispositions de l'article L. 2411-8 du code général des collectivités territoriales ne comportant pas de référence à une action associative ;
- le moyen tiré de l'insuffisante motivation est inopérant, le préfet étant en situation de compétence liée, les dispositions des 2° et du 5° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ne sont pas applicables au cas d'espèce et au demeurant l'arrêté est motivé en droit et en fait ;
- l'arrêté indique le nom, prénom et la qualité de son signataire, bénéficiaire d'une délégation de signature préfectorale du 2 septembre 2020, régulièrement publiée ;
- la taxe foncière doit être acquittée par la section de communes ; les diligences effectuées par la commune sont visées dans l'arrêté ;
- un autre motif justifie l'arrêté, tiré de l'absence de commission syndicale et l'Etat ou la commune n'ont pas d'obligation d'informer les habitants de la section de la création d'une commission syndicale.
Par une ordonnance du 23 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 mars 2022 à midi.
Une note en délibéré présentée pour la commune d'Ids-Saint-Roch a été enregistrée le 12 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2013-428 du 27 mai 2013 modernisant le régime des sections de commune ;
- le code civil ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. Lombard, rapporteur public,
- et les observations de Me Gabard, représentant la commune d'Ids-Saint-Roch.
Considérant ce qui suit :
Sans qu'il besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la commune :
1. Par une délibération du 24 septembre 2020, adoptée en application des dispositions de l'article L. 2411-11 du code général des collectivités territoriales cité ci-après, le conseil municipal de la commune d'Ids-Saint-Roch a approuvé le transfert à la commune des biens et droits détenus par la section de communes des Baudons et des Brossats sur les parcelles cadastrées section BE n°118, ZP n° 46, ZR n° 20 et ZR n° 22 d'une superficie totale 5,96 hectares sises aux lieuxdits " Les champs de la Maison ", " La Chaume des Baudons " et " Le Champ des chaumes ". Par l'arrêté litigieux n° 2020-1598 du 21 décembre 2020, le préfet du Cher a prononcé le transfert de ces parcelles à la commune et, par voie de conséquence, la fin de l'existence de la section de communes.
2. L'association de la Chaume des Baudons, dont l'objet est d' " améliorer et entretenir la chaume des Baudons, faire valoir et entendre la donation de la famille E de F en faveur des habitants des lieux-dits les Baudons et les Brossats, continuer à faire vivre le lieu grâce à l'élevage de moutons, l'élagage notamment pour le bois de chauffage, la plantation, l'organisation d'évènements festifs et la création d'une section syndicale ", composée notamment de Mme C et de M. A, occupants des parcelles concernées par ce transfert, demande l'annulation de cet arrêté.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 2411-1 du code général des collectivités territoriales : " Constitue une section de commune toute partie d'une commune possédant à titre permanent et exclusif des biens ou des droits distincts de ceux de la commune. La section de commune est une personne morale de droit public. Sont membres de la section de commune les habitants ayant leur domicile réel et fixe sur son territoire () ". L'article L. 2411-2 de ce code dispose que : " La gestion des biens et droits de la section est assurée par le conseil municipal et par le maire () ". Une section de commune est une personne morale de droit public possédant à titre permanent et exclusif des biens ou des droits distincts de ceux de la commune. Si les membres de la section ont, dans les conditions résultant soit des décisions des autorités municipales, soit des usages locaux, la jouissance de ceux des biens de la section dont les fruits sont perçus en nature, ils ne sont pas titulaires d'un droit de propriété sur ces biens ou ces droits.
4. D'autre part, selon l'article L. 2411-11 du même code : " Le transfert à la commune de tout ou partie des biens, droits et obligations d'une section est prononcé par le représentant de l'Etat dans le département sur demande conjointe du conseil municipal et de la commission syndicale se prononçant à la majorité de ses membres ou, si la commission syndicale n'a pas été constituée, sur demande conjointe du conseil municipal et de la moitié des membres de la section. Dans le délai de deux mois à compter de l'arrêté de transfert, le représentant de l'Etat dans le département porte ce transfert à la connaissance du public et notifie l'arrêté de transfert à la commission syndicale lorsqu'elle est constituée, ainsi qu'au maire de la commune à fin d'affichage en mairie pendant une durée de deux mois. Les membres de la section qui en font la demande reçoivent une indemnité, à la charge de la commune, dont le calcul tient compte des avantages effectivement recueillis en nature pendant les dix dernières années précédant la décision de transfert et des frais de remise en état des biens transférés () ".
5. En premier lieu, l'arrêté contesté du 21 décembre 2020 est signé par Mme Régine Leduc, secrétaire générale de la préfecture du Cher, titulaire d'une délégation de signature du 2 septembre 2020, régulièrement publiée, l'habilitant à signer les arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception des déclinatoires de compétence et arrêtés de conflit, des réquisitions de comptable public et de la force armée. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit ainsi être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par l'une des autorités administratives mentionnées à l'article 1er comporte, outre la signature de son auteur, la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ". Ces dispositions imposent qu'une décision écrite prise par une des autorités administratives au sens de cette loi comporte la signature de son auteur et les mentions prévues par cet article. Tel est le cas de la décision contestée qui a été prise et signée par Mme Régine Leduc, pour le préfet en sa qualité de secrétaire générale. Le moyen tiré du défaut de mention des nom, prénom et qualités de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
7. En troisième lieu, et en tout état de cause, s'il est soutenu que l'arrêté contesté ne serait pas suffisamment motivé en droit comme en fait, celui-ci vise l'article L. 2411-12-1 du code général des collectivités territoriales, la délibération du conseil municipal du 24 septembre 2020, le relevé de propriété du 26 novembre 2020, le certificat de paiement de la direction départementale des finances publiques et précise que la commune d'Ids-Saint-Roch s'acquitte du paiement de la taxe foncière depuis plus de trois ans. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que, contrairement aux allégations de l'association requérante, la commune d'Ids-Saint-Roch a organisé deux réunions le 1er août et le 5 septembre 2020, informant Mme C et M. A de la mise à l'ordre du jour de la séance du conseil municipal du 24 septembre 2020 de la question relative à la gestion des parcelles en litige. Par une lettre recommandée du 26 novembre 2020, le maire a informé ces mêmes personnes que le conseil municipal avait approuvé le principe du transfert des parcelles à la commune et saisi le préfet du Cher d'une demande d'arrêté de transfert des biens. Par suite, le moyen tiré de ce que la commune n'aurait accompli aucune diligence pour informer les habitants du transfert des biens de la section de commune doit être écarté.
9. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 2411-12-1 du code général des collectivités territoriales : " Le transfert à la commune des biens, droits et obligations d'une section de communes est prononcé par le représentant de l'Etat dans le département sur demande du conseil municipal dans l'un des cas suivants : / lorsque depuis plus de trois années consécutives, les impôts ont été payés sur le budget communal ou admis en non-valeur / - lorsque les électeurs n'ont pas demandé la création d'une commission syndicale alors que les conditions pour une telle création, telles qu'elles sont définies aux articles L. 2411-3 et L. 2411-5, sont réunies (). Dans le délai de deux mois à compter de l'arrêté de transfert, le représentant de l'Etat dans le département porte à la connaissance du public le transfert des biens de la section et notifie l'arrêté de transfert à la commission syndicale lorsqu'elle est constituée, ainsi qu'au maire de la commune à fin d'affichage en mairie pendant une durée de deux mois ".
10. Cette disposition ne permet le transfert à la commune des biens, droits et obligations d'une section de commune, prononcé par le représentant de l'Etat dans le département sur demande du conseil municipal, que dans trois cas qui correspondent à des situations dans lesquelles les ayants droit de la section ont manifestement cessé de porter intérêt à son fonctionnement et à la gestion de ses biens. Le législateur a ainsi entendu permettre, pour un motif d'intérêt général, le transfert à titre gratuit à la commune de l'ensemble des biens, droits et obligations de la section afin de mettre un terme soit au blocage de ce transfert en raison de l'abstention d'au moins deux tiers des électeurs, soit au dysfonctionnement administratif ou financier de la section.
11. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, qu'après que Mme B, habitante du hameau de la Chaume des Baudons, a informé le maire d'Ids-Saint-Roch de sa volonté de ne plus continuer à acquitter la taxe foncière, la commune, par une délibération du 26 septembre 2013, a décidé d'acquitter la taxe foncière sur les propriétés non bâties afférentes aux parcelles en cause. Ainsi, la condition tenant au paiement de l'impôt sur le budget communal depuis plus de trois années était satisfaite à la date de la délibération du 24 septembre 2020, ainsi que l'établit le certificat de paiement de la direction départementale des finances publiques du Cher. Il ressort également des pièces du dossier que les avis d'imposition ont été notifiés à la section des villages des Baudons et des Brossats, ainsi que le prévoit l'article 1401 du code général des impôts, dans sa rédaction résultant de l'entrée en vigueur de la loi n° 2013-428 du 27 mai 2013. Le moyen tiré de ce que les habitants de la section de communes n'auraient pas été destinataires des avis d'imposition et informés de leurs obligations fiscales doit dès lors être écarté comme manquant en fait.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par l'association de la Chaume des Baudons doit être rejetée, sans qu'il y ait lieu de statuer sur sa recevabilité.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande l'association requérante. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association de la Chaume des Baudons la somme de 1.500 euros à verser à la commune d'Ids-Saint-Roch sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association de la Chaume des Baudons est rejetée.
Article 2 : L'association de la Chaume des Baudons versera à la commune d'Ids-Saint-Roch la somme de 1.500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association de la Chaume des Baudons, au préfet du Cher et à la commune d'Ids-Saint-Roch.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Samuel Deliancourt, président,
M. Jean-Luc Jaosidy, premier conseiller,
Mme Aurore Bardet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le rapporteur,
Jean-Luc D
Le président,
Samuel DELIANCOURT
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026