jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102319 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FORTAT AARPI LEOSTHENE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2021, Mme B, représentée par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2021 par lequel le maire de Tours a délivré à la SCI du Plombier un permis de construire en vue de l'édification d'une maison individuelle située sur les parcelles cadastrées section CM n°1042 et 1044 sur le territoire de la commune de Tours et la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tours une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle dispose d'un intérêt à agir en tant que voisine immédiate ;
- l'arrêté est entaché d'incompétence en l'absence de délégation du signataire de l'auteur de l'acte ;
- l'arrêté méconnait l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme en ce que la notice descriptive n'explique pas les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement en particulier s'agissant des matériaux, de la couleur, de la hauteur de la construction, de ses aménagements extérieurs et de l'organisation de l'accès au terrain et aux aires de stationnement ;
- l'arrêté méconnait l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme en ce qu'aucun plan des toitures n'est joint et en ce que le document graphique ne permet pas d'assurer l'insertion du projet par rapport aux constructions voisines ;
- l'arrêté méconnait l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme dès lors que les matériaux utilisés ainsi que les modalités d'exécution des travaux ne sont pas détaillés dans le dossier de demande ;
- il méconnait l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme en ce que le plan de masse produit ne permet pas de connaître la hauteur de l'entrepôt qui va être démoli ;
- le projet ne prévoit aucune desserte par les réseaux d'eaux pluviales en méconnaissance de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Tours ;
- l'arrêté méconnait l'article UC 10.3 en ce que le projet s'élève à une hauteur supérieure aux 10 mètres autorisés ;
- l'arrêté méconnait l'article UC 10.3 en ce que la hauteur du projet excède la distance comptée horizontalement en tout point du bâtiment au point le plus proche de l'alignement, soit 5,26 mètres ;
- il méconnait l'article UC 11-1-5 en ce qu'il comporte une lucarne implantée en saillie ;
- il méconnait l'article UC 11-1-8 en ce que la hauteur et les matériaux de la clôture ne sont pas spécifiés ;
- le projet ne prévoit aucune surface de stationnement dédiée pour le vélo en méconnaissance de l'article UC 12.2.2 ;
- le projet méconnait l'article UC 13 relatif aux espaces libres et plantations ;
- le projet méconnait l'article 3 de la zone CF du plan de prévention des risques d'inondation ;
- l'arrêté méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en raison du risque d'affaissement des murs des propriétés avoisinantes.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2021 la commune de Tours, représentée par Me Cebron de Lisle, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable, la requérante ne justifiant pas de son intérêt à agir, et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 août 2021 la SCI du Plombier, représentée par Me Fortat, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable, la requérante ne justifiant pas de son intérêt à agir, et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 mars 2022 la clôture d'instruction a été fixée le 4 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Meunier, représentant Mme B, et de Me Liaud, représentant la SCI du Plombier.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI du Plombier a déposé, le 28 octobre 2020, une demande de permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle avec démolition d'un entrepôt existant sur des parcelles cadastrées section CM 1042 et 1044 situées sur la commune de Tours (Indre-et-Loire). Par arrêté en date du 17 février 2021, le maire a délivré à la SCI du Plombier le permis de construire sollicité. Mme B a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté qui a été rejeté le 21 avril 2021. Elle demande au tribunal l'annulation de cet arrêté et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la compétence de l'auteur de l'acte :
2. Par arrêté du 1er octobre 2020 du maire de la commune de Tours, régulièrement affiché et transmis le même jour au représentant de l'Etat, M. Bertrand Rouzier, conseiller municipal en charge de l'urbanisme et signataire de la décision attaquée, a reçu délégation du maire à l'effet de signer, notamment, " les arrêtés de permis de construire portant sur une maison individuelle ". Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
En ce qui concerne la complétude du dossier de demande :
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. "
5. En l'espèce, le formulaire Cerfa du dossier de demande de permis de construire mentionne précisément les matériaux utilisés et les couleurs des façades, de la toiture, des fermetures extérieures ainsi que du mur de clôture. Les mesures répertoriées sur les plans de masse, de coupe et de façades joints au dossier de demande permettent en outre d'apprécier le volume, la composition ainsi que la hauteur du projet. La notice descriptive précise par ailleurs que le terrain libre sera engazonné et qu'un arbre de petite taille sera planté au centre du jardin. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la construction sera desservie par la rue des abeilles et qu'aucune place de stationnement ne sera prévue. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit par suite être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
7. En l'espèce, le dossier de demande de permis de construire comporte plusieurs prises de vue des rues et habitations avoisinantes, une photographie du jardin existant, une projection graphique ainsi qu'un plan de façade et de toiture détaillé du projet qui permettent de calculer sa hauteur et d'apprécier son insertion dans l'environnement proche et lointain, en particulier s'agissant de l'implantation de la toiture de la construction projetée par rapport à l'habitation contiguë de Mme B. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ".
9. En l'occurrence, la notice descriptive du projet, lequel est situé aux abords de plusieurs monuments historiques, indique les matériaux utilisés. En outre, si cette notice ne précise pas les " modalités d'exécution des travaux ", il ne ressort pas des pièces du dossier que cette omission aurait été de nature à induire en erreur le service instructeur ou l'architecte des bâtiments de France sur l'impact induit par les travaux sur les monuments protégés. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme doit être écarté.
10. En quatrième lieu, l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme exige que soient joints au dossier de demande d'un permis de démolir : " a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; / c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants ".
11. Le dossier de demande comporte un plan masse et des photographies faisant état de l'entrepôt existant à démolir. Contrairement à ce que soutient la requérante, les dispositions précitées n'imposent pas de préciser la hauteur de la construction à démolir. Le moyen doit par suite être écarté.
12. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le dossier de demande n'est entaché d'aucune omission, inexactitude ou insuffisance de nature à fausser l'appréciation du service instructeur notamment sur l'insertion du projet dans son environnement et sur son accès. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté en toutes ses branches.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Tours :
13. En premier lieu, aux termes de l'article UC 4.2.2. du règlement du PLU de la commune de Tours : " () Les aménagements réalisés doivent être tels qu'ils garantissent l'évacuation des eaux pluviales, en priorité par infiltration dans le sol sur l'unité foncière concernée par le projet. Les possibilités d'infiltration à la parcelle devront faire l'objet d'études de perméabilité des sols de telle sorte que l'absorption sur l'unité foncière soit systématiquement privilégiée au maximum de sa capacité () ".
14. D'une part, si la requérante soutient que le projet en cause ne prévoit aucune modalité d'évacuation des eaux pluviales, il ressort toutefois de l'avis de la direction du cycle de l'eau de la commune de Tours du 17 novembre 2020, repris dans les prescriptions assortissant le permis de construire litigieux, que l'infiltration des eaux sur la parcelle sera privilégiée, le cas échéant en l'accompagnant d'un stockage complémentaire comportant un raccordement au caniveau, et qu'une étude de faisabilité sera réalisée afin de confirmer les modalités techniques de collecte de ces eaux pluviales. D'autre part, la circonstance que la réalisation du projet engendrerait une modification de la collecte des eaux pluviales sur la parcelle de Mme B est sans incidence sur la légalité du permis de construire, lequel est accordé sous réserve du droit des tiers. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut donc qu'être écarté.
15. En deuxième lieu, l'article UCb 10.3. du règlement du PLU dispose que : " Les hauteurs relatives ne peuvent excéder les hauteurs maximales reportées sur les documents graphiques du PLU (plan des hauteurs). / Lorsque le bâtiment est édifié en bordure d'une voie (publique ou privée) ou d'une emprise publique ou à toute limite s'y substituant (marge de recul, emplacement réservé pour une voie, alignement ), la hauteur (H) du bâtiment doit être inférieure ou au maximum égale à la distance (L) comptée horizontalement en tout point du bâtiment au point le plus proche de l'alignement opposé (H (= L) ". Le plan des hauteurs auquel renvoie cet article fixe à 10 mètres la hauteur maximale des constructions dans le secteur concerné par le projet. En vertu de l'article UCb 10.1. de ce règlement, la hauteur est mesurée à partir du sol naturel existant avant les travaux d'exhaussement ou d'affouillement du sol nécessaires pour la réalisation du projet, jusqu'à l'égout de toiture.
16. D'une part, il ressort du plan masse joint au dossier de demande que la construction autorisée présente une hauteur cotée 55,00 NGF à l'égout du toit et que le terrain naturel est quant à lui situé à la cote NGF 48,12, soit une hauteur à l'égout de toiture de 6,88 mètres. Il s'ensuit que la hauteur du projet est bien inférieure à la hauteur maximale de 10 mètres autorisée par le PLU. D'autre part, il ressort en particulier du plan de coupe que la distance entre le point le plus proche de la construction projetée, implantée en bordure de la rue des Abeilles, et le point le plus proche de l'alignement opposé s'élèvera à environ 8 mètres soit une distance supérieure à la hauteur à l'égout de toiture du projet. Par suite la requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet méconnaitrait les dispositions citées au point précédent.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article UC 11.5.1. du règlement du PLU " () Les châssis de toit doivent être encastrés sans présenter de saillie () ". Le lexique annexé au règlement du PLU définit les saillies ponctuelles comme des " éléments architecturaux réalisés en saillie par rapport aux façades et aux toitures tels que : balcons non filants, garde-corps, oriels, marquises, auvents, bandeaux, corniches, débords de toiture, cheminées, lucarnes, ". Il résulte de ces dispositions que les auteurs du PLU ont entendu imposer à toutes les ouvertures sur les toits d'être encastrées sans comporter de saillies. Les lucarnes, qui constituent en elles-mêmes des ouvertures de toit en saillie ne pouvant être encastrées, sont ainsi interdites par ces dispositions.
18. Si la requérante soutient à juste titre que le projet figurant dans le dossier de demande prévoit une ouverture en saillie de type lucarne interdite par les dispositions du PLU, il ressort toutefois des termes de l'arrêté attaqué que le maire de la commune de Tours a délivré le permis litigieux sous réserve que les châssis de toit soient " encastrés sans présenter de saillie par rapport au plan de couverture " et " implantés dans la partie inférieure des combles et axés sur le trumeau de maçonnerie entre deux ouvertures ". Cette prescription assortissant le permis de construire délivré, qui interdit l'implantation d'une lucarne et n'apporte pas de modification substantielle au projet, assure ainsi la conformité de l'arrêté au règlement du PLU. Le moyen doit par suite être écarté.
19. En quatrième lieu, l'article UC 11.1.8. du règlement du PLU dispose que : " La hauteur maximale des clôtures en limites séparatives est limitée à 2,50 mètres. Les matériaux mis en œuvre doivent s'intégrer dans l'environnement et respecter le registre traditionnel existant (mur en moellon, clôture végétale) ".
20. D'une part, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la pièce PCMI5 du dossier de permis de construire, que la clôture située en fond de jardin s'élèvera à moins de 2,5 mètres. D'autre part, il ressort des prescriptions assortissant le permis de construire qu'une attention particulière devra être portée aux aménagements extérieurs qui devront être essentiellement végétalisés et en particulier s'agissant de la clôture qui devra être réalisée en bois. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 11.1.8. doit être écarté.
21. En cinquième lieu, aux termes de l'article UC 12.2.2. du règlement du PLU : " Il devra être fourni une surface dédiée au stationnement des vélos selon les normes ci-dessous et les recommandations indiquées en annexes. Il n'est pas prévu de normes de stationnement pour le logement individuel ".
22. Il ressort en l'espèce des pièces du dossier que la construction autorisée porte sur une maison individuelle d'habitation composée d'un seul logement qui ne peut être assimilée, contrairement à ce que soutient la requérante, à un immeuble comportant plusieurs logements étudiants ou hébergements divers. Il s'ensuit que les dispositions précitées n'étaient pas applicables au projet en cause de sorte que le moyen doit être écarté comme inopérant.
23. En sixième lieu, aux termes de l'article UC 13 du règlement du PLU : " Les espaces libres sont les espaces non occupés par les constructions, les voiries (sauf voiries dédiées aux circulations douces) et les aires de stationnement (sauf celles dédiées aux vélos). / Tous les espaces libres doivent être aménagés et paysagés afin de participer à la mise en valeur de l'environnement urbain et à la trame verte de la ville ; le cas échéant, ils doivent s'inscrire en cohérence avec les cheminements doux existants. / En fonction de leur destination, ils doivent recevoir un traitement végétal de qualité et être le moins morcelé possible ".
24. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit un espace libre engazonné lequel comportera un arbre de petite taille au centre du jardin. Le permis de construire est par ailleurs assorti d'une prescription prévoyant qu'" une attention particulière sera portée sur les aménagements extérieurs qui seront à dominante fortement végétale : haies champêtres d'essences locales et variées, clôtures bois, arbres de hautes tiges, plantes grimpantes ". Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut ainsi qu'être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance du plan de prévention des risques d'inondation :
25. Aux termes des prescriptions de l'article 3 de la zone CF du plan de prévention des risques inondation Val de Tours - Val de Luynes dans sa rédaction applicable au 18 juillet 2016 et annexé au PLU de la commune de Tours : " L'étage habitable au-dessus des PHEC mentionné ci-dessous devra obligatoirement être : - de surface proportionnée à la surface habitable : 15 % de la surface de plancher totale du logement avec un minimum de 9 m² et d'une hauteur sous plafond supérieure à 1,80m () ".
26. La requérante soutient que la surface de plancher des étages situés au-dessus des plus hautes eaux connues (PHEC) méconnaitrait ces prescriptions en ce qu'elle est supérieure aux 15% de la surface de plancher totale autorisés pour la construction projetée. Toutefois, les dispositions précitées n'imposent pas, ainsi que le font à juste titre valoir les défendeurs, une valeur maximale de surface de plancher mais un seuil minimum à respecter dans l'objectif de limiter les conséquences d'une éventuelle inondation sur la construction, fixé selon les auteurs du plan par référence à un coefficient de 15% de la surface de plancher totale de la construction concernée. Il est constant que les deux étages situés au-dessus des PHEC disposent respectivement d'une surface habitable de 34,39 m² et de 17,88 m². Ces valeurs sont supérieures à la surface de plancher minimale imposée qui, pour la construction projetée d'une surface de plancher totale de 88,63 m² et après application du coefficient de 15%, ne pouvait être inférieure à 13,29 m². Par suite, le moyen titré de la méconnaissance des prescriptions du plan de prévention des risques inondation doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
27. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
28. En l'espèce, si la requérante se prévaut des conclusions d'un rapport technique établi par un architecte faisant état de " sérieuses réserves quant à la faisabilité d'un point de vue constructif qui de notre point de vue n'assure pas la sécurité nécessaire aux avoisinants ", ces considérations, qui ont trait aux modalités de construction du bâtiment, sont étrangères aux intérêts urbanistiques visés par les dispositions précitées. Il ne ressort en outre pas des pièces du dossier que la construction, une fois achevée, présenterait, par ses caractéristiques et son implantation en contiguïté, un risque avéré d'effondrement du bâtiment abritant la propriété de Mme B, dont il n'est pas établi ni même allégué qu'il serait exposé à une instabilité particulière en raison de ses caractéristiques propres ou de celles du sous-sol du terrain d'assiette. Dans ces conditions, en accordant le permis de construire litigieux, le maire de la commune de Tours n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
29. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir, les conclusions d'annulation dirigées contre l'arrêté du 17 février 2021 et la décision rejetant le recours gracieux exercé à son encontre doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Tours, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
31. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la requérante les sommes demandées respectivement par la commune de Tours et par la SCI du Plombier au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Tours et de la SCI du Plombier tendant à la mise à la charge de Mme B d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la commune de Tours et à la SCI du Plombier.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNE La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026