vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TOUBALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juin 2021, Mme D A, représentée par Me Toubale, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande d'admission au séjour dans un délai raisonnable ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- le signataire de l'arrêté attaqué n'apporte pas la preuve de ce qu'il disposait d'une délégation à cet effet ;
- eu égard aux conditions dans lesquelles elle est venue en France, sa demande d'admission au séjour au titre du travail ne pouvait prospérer ; en la laissant présenter cette demande, les agents de la préfecture ont manqué à leurs devoirs de loyauté et d'information, tels que mentionnés dans le code des relations entre le public et l'administration ;
- en n'instruisant son dossier qu'au regard de l'intégration par le travail, l'administration préfectorale est passée à côté du vrai fondement envisageable et, dès lors, a omis de réclamer à la requérante les pièces utiles à l'examen de son dossier ;
- le traitement qui lui a été réservé n'a pas été juste et a ainsi méconnu l'article 4 de la convention d'établissement entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal ;
- elle n'est pas dépourvue de tout lien avec la France et son enfant est scolarisé à Blois ;
- le préfet n'a pas pris attache avec l'autorité consulaire avant de prendre la mesure d'éloignement contestée.
Par un mémoire enregistré le 2 août 2021, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un jugement du 11 février 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal a statué sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention d'établissement entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal, signée à Paris le 25 mai 2000 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. F.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sénégalaise née le 25 janvier 1982, est entrée en France le 1er août 2020, dépourvue de visa. Le 19 janvier 2021, elle a demandé son admission au séjour au titre du travail. Par un arrêté du 18 juin 2021, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de faire droit à sa demande et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français. Mme A a demandé l'annulation de cet arrêté par une requête enregistrée le 30 juin 2021 au greffe du tribunal administratif d'Orléans. Par un arrêté du 17 janvier 2022, intervenu en cours d'instance, le préfet de Loir-et-Cher a assigné Mme A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement du 11 février 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal, statuant en application de l'article L. 614-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, a rejeté les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La formation collégiale reste saisie des seules conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour ainsi que des conclusions à fin d'injonction.
2. En premier lieu, l'arrêté du 18 juin 2021 a été signé par M. Nicolas Hauptmann, secrétaire général de la préfecture de Loir-et-Cher. Par un arrêté du 25 janvier 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, M. C B, préfet de Loir-et-Cher, a donné délégation à M. E à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () correspondances () relevant des attributions de l'Etat dans le département de Loir-et-Cher ", cette délégation comprenant " notamment, la signature de tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision de refus de titre de séjour contestée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, alors même qu'il serait manifeste, dès le dépôt par un étranger d'une demande de titre de séjour, que cette demande est vouée au rejet eu égard au droit applicable, à la situation de l'intéressé ou aux éléments qu'il fait valoir, aucune disposition ni aucun principe n'impose à l'administration de le signaler immédiatement à cet étranger. Par suite, l'administration n'a manqué à aucun devoir de loyauté et d'information en ne dissuadant pas Mme A de présenter une demande d'admission au séjour au titre du travail, alors même que, selon la requérante, cette demande ne pouvait prospérer. L'administration n'a pas plus méconnu l'article 4 de la convention d'établissement entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal, aux termes duquel : " Chacune des Parties contractantes s'engage à accorder sur son territoire un traitement juste et équitable aux biens, droits et intérêts appartenant à des ressortissants de l'autre Partie, à leur assurer la pleine protection légale et judiciaire et à faire en sorte que l'exercice du droit ainsi reconnu ne soit pas entravé ".
4. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté du 18 juin 2021 que, contrairement à ce que soutient Mme A, le préfet de Loir-et-Cher ne s'est pas borné à examiner sa demande d'admission au séjour en qualité de salariée mais a également examiné la possibilité d'une admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas des pièces du dossier, alors notamment que la requérante se borne à faire valoir qu'elle " n'est pas dépourvue de tout lien avec la France " et que son fils est scolarisé à Blois, que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant à Mme A la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation du refus de titre de séjour contenu dans l'arrêté du 18 juin 2021 doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions restant à juger de la requête de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
L'assesseure la plus ancienne,
Hélène LE TOULLEC
Le président-rapporteur,
Frédéric F
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026