jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 juillet 2021, le 8 novembre 2021, le 27 janvier 2023 et le 20 juin 2023, M. B A, représenté par Me Aubry, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 19 août 2021 du silence gardé par la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité sur son recours préalable obligatoire dirigé contre la décision née le 29 mai 2021 de rejet implicite par la commission locale d'agrément et de contrôle Ouest de sa demande de délivrance d'une carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité ;
2°) d'annuler la décision implicite née le 29 mai 2021 par laquelle le Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté sa demande de délivrance d'une carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité ;
3°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de renouveler la carte professionnelle d'agent privé de sécurité, dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité la somme de 2 000 euros hors taxe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision implicite du 29 mai 2021 est entachée d'incompétence, dès lors qu'elle a été prise par le Conseil national des activités privées de sécurité ;
- les décisions contestées étant implicites, la compétence de leur auteur n'est pas démontrée ;
- le Conseil national des activités privées de sécurité a entaché ses décisions d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas procédé à un contrôle de son comportement ou de ses agissements par une enquête administrative, comme prévu par l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- le Conseil national des activités privées de sécurité ne pouvait sans commettre d'erreur de droit se fonder sur son inscription au fichier des personnes recherchées ;
- la décision du Conseil national des activités privées de sécurité est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, dès lors qu'il n'est pas démontré que ses agissements ou son comportement seraient incompatibles avec l'exercice d'une activité privée de sécurité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bernard ;
- et les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est titulaire depuis le 20 octobre 2015 d'une carte professionnelle l'autorisant à exercer des activités privées de sécurité. Celle-ci arrivant à échéance le 20 octobre 2020, il a déposé le 29 mars 2021 une demande de renouvellement auprès de la commission locale d'agrément et de contrôle Ouest. Par son silence gardé pendant plus de deux mois, cette dernière a implicitement rejeté la demande de M. A, qui a exercé un recours administratif préalable obligatoire devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité, le 19 juin 2021. Le 19 août 2021, cette commission a implicitement rejeté le recours préalable de M. A et a refusé de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée. M. A demande l'annulation de ces deux décisions implicites.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la commission locale d'agrément et de contrôle Ouest :
2. Aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure, alors applicable : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. ". Selon l'article R. 632-11 du même code, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle : / () / 2° Statue sur les recours administratifs préalables formés à l'encontre des décisions des commissions régionales et interrégionales, sur le fondement de l'article L. 633-3. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 633-9 du même code, alors applicable : " Le recours administratif préalable obligatoire devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle prévu à l'article L. 633-3 peut être exercé dans les deux mois de la notification, par la commission locale d'agrément et de contrôle, de la décision contestée. Cette notification précise les délais et les voies de ce recours. / Toute décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle. Une copie en est adressée à la commission locale d'agrément et de contrôle concernée. ".
3. Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité rejette les recours administratifs préalables obligatoires dont elle est saisie se substituent aux décisions des commissions régionales ou interrégionales d'agrément et de contrôle.
4. En conséquence, les vices propres dont les délibérations des commissions locales, régionales ou interrégionales d'agrément et de contrôle seraient entachées ne peuvent être utilement invoqués à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir exercé contre la décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle. Par suite, les moyens dirigés contre la décision implicite de rejet de la commission locale d'agrément et de contrôle Ouest doivent être écartés comme inopérants.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle :
5. Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, d'une part : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".
6. L'article 1er du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010, relatif au fichier des personnes recherchées, a autorisé le ministre de l'intérieur à mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé " fichier des personnes recherchées " et prévoit que ce traitement a pour finalité de faciliter les recherches, les surveillances et les contrôles effectués, dans le cadre de leurs attributions respectives, par les services de la police nationale, les unités de la gendarmerie nationale et les agents des douanes exerçant des missions de police judiciaire ou de police administrative. L'article 230-19 du code de procédure pénale prévoit les décisions judiciaires inscrites dans le fichier des personnes recherchées.
7. Le recours administratif préalable qu'il a exercé ayant donné lieu à une décision implicite de rejet de la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité, M. A a sollicité la communication des motifs de cette décision par un courrier du 3 septembre 2021, produit à l'appui de sa requête. Le Conseil national des activités privées de sécurité ne lui a pas adressé de réponse mais soutient désormais en défense que le refus implicite de délivrance d'une carte professionnelle à M. A étant uniquement justifié par l'inscription de ce dernier au fichier des personnes recherchées mentionné ci-dessus, il n'était pas tenu d'indiquer les motifs de sa décision dès lors que cette communication était de nature à porter atteinte aux intérêts protégés par les dispositions de l'article L. 311-5 du code des relations entre le public et l'administration, au nombre desquels figurent la sûreté de l'Etat et la sécurité publique. Le Conseil national des activités privées de sécurité produit pour justifier d'une telle inscription et caractériser les comportements et agissements du requérant, une note de la direction générale de la gendarmerie nationale, qui évoque " un comportement interprété comme un signe potentiel de radicalisation " du fait d'un " changement brutal de comportement à son retour du Maroc où il rendait visite à sa famille, après les vacances estivales 2019 ", et indique que " le départ de son frère qui aurait quitté sa famille le 16 mars 2015 pour combattre dans les rangs de l'État islamique en Syrie, l'a affecté ". Toutefois, ces éléments ne suffisent pas à établir que la communication d'informations concernant M. A éventuellement inscrites au fichier des personnes recherchées, mettrait en cause les finalités de ce traitement, la défense nationale ou la sécurité publique. Dans ces circonstances, le requérant est fondé à soutenir que ces informations pouvaient lui être communiquées et que la décision attaquée est, par suite, insuffisamment motivée en fait.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'appui de la requête, que la décision implicite née le 19 août 2021 par laquelle la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de renouveler la carte professionnelle de M. A doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. L'annulation prononcée par le présent jugement implique seulement, eu égard au motif d'annulation retenu, que le Conseil national des activités privées de sécurité réexamine la demande de délivrance d'une carte professionnelle adressée par M. A. Il y a lieu d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de procéder à ce réexamen dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 500 euros à verser à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de rejet née le 19 août 2021 du silence gardé par la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité sur la demande de M. A de délivrance d'une carte professionnelle, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de réexaminer la demande de renouvellement de la carte professionnelle d'agent de sécurité privée de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera à M. A la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Palis De Koninck, première conseillère,
Mme Bernard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
La rapporteure,
Pauline BERNARD
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026