mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102736 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FELIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2021, M. C A, représenté par Me Felix, demande au tribunal d'annuler la décision du 5 juillet 2021 par laquelle la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie contribuer à l'entretien et à l'éducation de son enfant de nationalité française ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est apte à exercer une activité professionnelle et qu'il s'emploie à en trouver une ;
- l'obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle concerne une autre personne que lui ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est père d'un enfant français dont il justifie s'occuper ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que la préfète n'établit pas qu'il n'existerait pas de troubles au Nigéria.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2021, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 23 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 13 octobre 2021.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 9 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à 1'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant nigérian né le 11 janvier 1995, déclare être entré en France le 8 décembre 2015. Sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 30 septembre 2016 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 21 septembre 2017. Par arrêté du 20 novembre 2017, le préfet du Loiret a prononcé une obligation de quitter le territoire à l'encontre de M. A. Le 18 décembre 2017, M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de père d'un enfant français. Un titre de séjour, valable du 15 mai 2018 au 14 mai 2019 lui a été délivré en cette qualité. Par l'arrêté attaqué du 5 juillet 2021, la préfète du Loiret a rejeté la demande de renouvellement du titre de séjour présentée par M. A et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
3. Si M. A soutient contribuer à l'entretien et à l'éducation de sa fille de nationalité française, ses allégations, à les supposer établies, selon lesquelles il aurait effectué des virements en faveur de son enfant les 16 juin et 2 juillet 2021 restent en tout état de cause insuffisantes à justifier une contribution effective à l'entretien et à l'éducation de sa fille depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans précédant la décision contestée, alors que la préfète produit une attestation, datée du 6 août 2020, de la mère de l'enfant selon laquelle M. A ne participe plus à l'éducation de sa fille et ne contribue pas financièrement à son entretien. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que M. A exercerait le droit de visite qui lui aurait été reconnu par la Cour d'appel d'Orléans dans un arrêt du 15 juin 2021. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salariée " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ".
5. Les circonstances, invoquées par le requérant, qu'il serait apte à exercer une activité professionnelle et qu'il s'emploierait à trouver un emploi ne sauraient le faire regarder comme satisfaisant aux conditions requises par les dispositions citées au point 4 en l'absence de toute présentation d'un contrat de travail ou d'une promesse d'embauche, ainsi que le fait valoir la préfète du Loiret. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, par suite, être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Si M. A se prévaut de sa qualité de père d'un enfant de nationalité française, il ne justifie pas, ainsi qu'il a été dit au point 3, de la réalité de sa contribution à l'entretien et à l'éducation de cet enfant ni de l'exercice des droits de visite qui lui auraient été reconnus par la Cour d'appel d'Orléans. Par ailleurs, si la préfète du Loiret ne conteste pas l'exercice par le requérant d'une activité professionnelle sur la période courant de février 2019 à juillet 2020, il ressort des écritures mêmes de M. A qu'il est en recherche d'emploi depuis et notamment jusqu'à la date d'édiction de la décision attaquée. Enfin, la préfète du Loiret fait valoir, sans être contredite, que M. A n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où continuent de résider ses parents ainsi que ses frères et sœurs. Il s'ensuit, au vu des pièces du dossier, et alors que M. A ne justifie pas résider sur le territoire depuis l'entrée alléguée en 2015, que la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis et, dès lors, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen doit, par suite, être écarté.
8. En quatrième lieu, la mention erronée dans la décision portant obligation de quitter le territoire français du nom d'une personne autre que M. A doit être regardée, au regard des autres mentions de la décision, comme constitutive d'une simple erreur matérielle. Le moyen doit, par suite, être écarté.
9. Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants. ".
10. A supposer que M. A ait entendu invoquer la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, il ne saurait se borner à soutenir que la préfète n'établit pas l'absence de troubles au Nigéria dès lors qu'il lui appartient de démontrer l'existence de risques personnels de mauvais traitements auxquels l'exposerait un retour au Nigéria. Le moyen doit, par suite, être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Montes-Derouet, présidente, première conseillère faisant fonction de présidente,
Mme Dumand, première conseillère,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La présidente, première conseillère
faisant fonction de présidente,
Isabelle B
L'assesseure la plus ancienne,
Séverine DUMAND La greffière,
Martine DESSOLAS
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026