vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102792 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TOUBALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 31 juillet 2021 et le 16 décembre 2021, M. C A, représenté par Me Toubale, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2021 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la preuve d'une délégation de compétence ou de pouvoir n'est pas rapportée ;
- en rejetant sa demande au motif qu'" il ne produit pas l'autorisation de travail prévue par l'article L. 5221-1 du code du travail ni ne justifie qu'une demande d'autorisation de travail ait été souscrite par son employeur dans les conditions prévues aux articles R. 5221-12 et suivants du même code ", le préfet a exigé des pièces non prévues sur le site internet de la préfecture de Loir-et-Cher ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les articles L. 114-5 et L. 114-6 du code des relations entre le public et l'administration, le préfet ne lui ayant pas demandé de lui adresser les pièces manquantes de son dossier de demande ;
- le préfet a commis une erreur de droit en lui opposant l'article L. 5221-2 du code du travail qui s'applique aux employeurs faisant appel à de la main d'œuvre étrangère et non aux étrangers résidents en France et sollicitant une régularisation de leur situation ;
- le préfet n'a pas examiné sa demande au regard de son droit à mener une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 3 décembre 2021, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Le président de la cour administrative d'appel de Versailles a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale le 29 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en 1988, est entré en France le 20 août 2017, selon ses déclarations. A la suite du rejet de sa demande d'asile par une décision du 17 mai 2018 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), il a fait l'objet d'un premier arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 31 juillet 2018. Il a déposé, le 2 janvier 2019, une demande de réexamen de sa demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'OFPRA du 29 mars 2019. Il a ensuite déposé, le 28 septembre 2020, une demande de titre de séjour en se prévalant de son mariage avec une ressortissante française le 26 septembre 2020. Cette demande a été rejetée par un arrêté du préfet de Loir-et-Cher du 29 décembre 2020, assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Il a déposé une nouvelle demande le 28 mai 2021 dans le but de pouvoir rester en France et d'y travailler. Par un arrêté du 28 juin 2021, le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Nicolas Hauptmann, secrétaire général de la préfecture, qui bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de Loir-et-Cher du 25 janvier 2021, publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, à l'effet, notamment, de signer " tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers ". Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, qui manque en fait, doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles : " () b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française () ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur () ". Aux termes de l'article L. 114-6 du même code : " Lorsqu'une demande adressée à une administration est affectée par un vice de forme ou de procédure faisant obstacle à son examen et que ce vice est susceptible d'être couvert dans les délais légaux, l'administration invite l'auteur de la demande à la régulariser en lui indiquant le délai imparti pour cette régularisation, les formalités ou les procédures à respecter ainsi que les dispositions légales et réglementaires qui les prévoient. / Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur de la demande lorsque la réponse de l'administration ne comporte pas les indications mentionnées à l'alinéa précédent ".
5. Selon les termes de l'arrêté attaqué, le préfet de Loir-et-Cher a rejeté la demande de M. A sur le fondement de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien au motif que ce dernier ne pouvait pas présenter un contrat de travail visé par les autorités compétentes dès lors qu'il ne produisait ni " l'autorisation de travail prévue par l'article L. 5221-1 du code du travail " ni ne justifiait " qu'une demande d'autorisation de travail [avait] été souscrite par son employeur dans les conditions prévues aux articles R. 5221-12 et suivants du même code ".
6. Il résulte des dispositions précitées au point 3 que la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien est subordonnée à la présentation d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative. La présentation d'un tel contrat constitue donc une condition de fond. Le préfet n'a pas rejeté la demande formulée par l'intéressé en raison de son caractère incomplet mais parce que celui-ci ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 114-5 et L. 114-6 du code des relations entre le public et l'administration, qui est inopérant, doit être écarté.
7. Pour les mêmes raisons que celles exposées au point précédent, et en tout état de cause, le requérant ne peut utilement invoquer les informations présentées sur le site internet de la préfecture de Loir-et-Cher portant sur les pièces et documents à apporter lors du dépôt d'une demande de titre de séjour. Les rubriques citées par le requérant ne se rapportent au demeurant pas à sa situation.
8. Par ailleurs, le préfet a pu, sans erreur de droit, relever que le requérant ne produisait pas l'autorisation de travail prévue à l'article L. 5221-2 du code du travail. La circonstance que ce texte ne vise pas les étrangers déjà présents en France ne dispense nullement ces derniers de produire un tel contrat ou une demande d'autorisation de travail émanant d'un employeur lorsqu'ils déposent une demande de titre de séjour en qualité de salarié. Si le requérant a produit une promesse d'embauche de la société Firya Optique pour un poste de technicien de fibre optique polyvalent, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que sa demande de titre de séjour n'était pas accompagnée d'une demande d'autorisation de travail de l'employeur et qu'aucune autorisation de travail n'avait été délivrée à son profit.
9. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a apprécié sa situation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, estimant notamment qu'il n'était pas dépourvu d'attaches familiales à l'étranger dès lors que ses parents résidaient en Algérie et qu'il avait vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de trente et un ans.
10. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A ne résidait en France que depuis quatre ans à la date de l'arrêté attaqué et que son mariage avec une ressortissante française, qui a eu lieu le 15 septembre 2020, était récent. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas d'une insertion professionnelle ou sociale particulière. Enfin, il n'est pas contesté qu'il dispose d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et où il a vécu jusqu'à l'âge de trente et un ans. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
11. Il résulte de qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 juin 2021. Les conclusions de la requête doivent, par suite, être rejetées, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
La rapporteure,
Hélène B
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026