jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102816 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HERVOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 août 2021 et le 16 mars 2022, M. B, représenté par Me Coraly Vincent, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juin 2021 par lequel la préfète du Loiret a prononcé le retrait de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la préfète a commis une erreur d'appréciation en ce que les faits qui lui sont imputés ne sont pas de nature à caractériser une menace pour l'ordre public ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'autorité de la chose jugée en ce que les éléments pris en compte par la préfète pour procéder au retrait de son titre de séjour sont antérieurs au jugement du 10 novembre 2020 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a enjoint à la préfète de lui délivrer le titre de séjour retiré ;
- l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 13 février 2022, la préfète du Loiret représentée par Me Hervois conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2021.
Par une ordonnance du 24 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 mars 2022.
Par un courrier du 5 juin 2023, M. B a maintenu sa requête en application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier,
- et les observations de Me Mamet substituant Me Vincent, avocate de M. B.
La préfète du Loiret n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 31 octobre 2001, déclare être entré en France le 22 novembre 2013, à l'âge de 12 ans. Le 23 juillet 2019, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour en qualité de mineur arrivé avant l'âge de 13 ans. Par arrêté du 6 décembre 2019, le préfet du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour au motif que son comportement est constitutif d'une menace à l'ordre public. En exécution du jugement du 10 novembre 2020 n° 2001144 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a annulé cet arrêté et enjoint à la délivrance du titre sollicité, la préfète du Loiret a délivré à M. B un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile valable à compter du 19 janvier 2021. Après avoir informé préalablement M. B et recueilli ses observations, la préfète du Loiret a procédé au retrait de son titre de séjour par une décision du 2 juin 2021 en se fondant sur l'article L. 432-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 432-6 du même code : " Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut être retirée à l'étranger ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 222-34 à 222-40 () du code pénal " relatifs au trafic de stupéfiants. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits invoqués par l'autorité administrative sont de nature à justifier légalement sa décision de retrait de titre de séjour.
3. En premier lieu, par un jugement du 10 novembre 2020 le tribunal administratif d'Orléans a annulé l'arrêté du 6 décembre 2019 portant refus de titre de séjour fondé sur la menace pour l'ordre public que constituait M. B en prenant en compte, au titre de son office de juge de l'excès de pouvoir, les circonstances de faits existantes à la date de cet arrêté, au regard notamment, d'une part, de la circonstance que les faits qui lui étaient imputés n'étaient pas établis par les pièces du dossier en l'absence de poursuites pénales et, d'autre part, de sa situation personnelle particulière. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à cet arrêté du 6 décembre 2019 annulé, l'intéressé a fait l'objet d'une condamnation pénale à 4 mois d'emprisonnement le 20 décembre 2019 pour menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, rébellion et récidive de détention non-autorisée de stupéfiants, puis d'une condamnation le 12 avril 2020 à 6 mois d'emprisonnement pour récidive de détention et transport non autorisés de stupéfiants ainsi que conduite sans permis, ces deux condamnations n'ayant pas été portées à la connaissance du Tribunal dans l'instance précédente. Par suite, la préfète pouvait, sans méconnaitre l'autorité de la chose jugée, fonder le retrait de titre de séjour litigieux sur ces circonstances de faits postérieures à la décision annulée par le jugement précité, sur le fondement de l'article L. 432-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet depuis 2018 de quatre condamnations pénales pour des faits de menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique, d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, de rébellion, de conduite sans permis et de plusieurs récidives de détention non-autorisée de stupéfiants ayant donné lieu à une durée d'emprisonnement totale de plus de douze mois. Il s'ensuit que la préfète a fait une exacte application des dispositions de l'article L. 432-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui visent expressément les infractions relatives au trafic de stupéfiants.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
6. A l'appui de sa requête, M. B se prévaut de sa présence en France depuis 10 ans à la date de la décision attaquée, de ses liens familiaux avec sa tante qui l'héberge et a disposé d'une délégation de l'autorité parentale, de son absence de liens avec ses parents résidants au Maroc et de son inscription au centre de formation des apprentis.
7. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B est célibataire, sans enfant et a vécu au Maroc, son pays d'origine jusqu'à l'âge de 12 ans. A ce titre, si le jugement du juge aux affaires familiales du 5 novembre 2015 produit par le requérant relève que ses parents ont donné leur accord pour la délégation de l'autorité parentale, il ne fait toutefois pas état d'une situation d'abandon de l'intéressé. Il n'est pas d'avantage établi que sa mère résiderait désormais en Italie sous couvert d'un titre de séjour italien, ce dernier document n'étant pas versé aux pièces du dossier, ni que son père serait incarcéré. Il ressort enfin des pièces du dossier que, sur les quatre dernières années, M. B a été incarcéré pour une durée totale 15 mois et qu'il ne justifie à ce jour d'aucun projet professionnel de nature à attester, à tout le moins, d'une volonté d'insertion. Eu égard à la récurrence et au caractère récent des faits pour lesquels il a été condamné et à l'absence de perspective sérieuse de réinsertion de l'intéressé, l'arrêté attaqué n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée par rapport à l'objectif de préservation de l'ordre public qu'il poursuit. Pour les mêmes motifs le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle doit également être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées. Il en est de même de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.
Copie en sera adressée à Me Vincent.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023 , à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNE
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026