jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102900 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | DEHU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 9 août 2021, le 15 décembre 2023 et le 15 janvier 2024, Mme B C, représentée par Me Dehu, demande au tribunal :
1°) d'annuler les délibérations du 8 avril 2021 relatives au vote du compte de gestion, du compte administratif de l'année 2020 et du budget primitif de l'année 2021 de la commune de Saintigny, ensemble la décision du préfet d'Eure-et-Loir du 17 juin 2021 rejetant son recours administratif ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saintigny d'émettre des titres de recettes pour le recouvrement des frais de cantine scolaire de l'année 2020 ;
3°) de mettre à la charge de ladite commune la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- des recettes et dépenses n'ont pas été évaluées sincèrement, en méconnaissance de l'article L. 1612-4 du code général des collectivités territoriales : environ 15 000 euros de travaux de voirie n'ont pas été repris en reste à réaliser au compte administratif 2020 mais inscrits en crédits annulés, alors que l'adjoint aux finances avait reconnu leur existence ; aucun reste à réaliser n'a été inscrit au budget primitif 2021 ; les titres de recettes de cantine scolaire n'ont pas été mis en recouvrement pour la moitié des élèves en janvier 2020 et pour tous les élèves pour la période de mars à juillet 2020, les pièces demandées (feuilles de présence mensuelle à la cantine) n'ont pas été transmises ; la libéralité ainsi consentie ne pouvait reposer sur le contribuable communal ; la délibération du 20 décembre 2021 ne pouvait avoir un effet rétroactif ; le seuil de mise en recouvrement invoqué par la commune n'est pas applicable aux écoles primaires ; ce seuil, fixé à 15 euros, est inapplicable dès lors que les titres non mis en recouvrement représentent un montant de 203 euros par élève (12 000/59) ; au demeurant en janvier 2020, avant le début de la crise sanitaire, 24 familles ont bénéficié de la gratuité du service, en méconnaissance du principe d'égalité des usagers devant le service public ;
- aucune information n'a été fournie sur la hausse des dépenses de voirie de 12% prévue par le budget primitif 2021 ;
- le droit des conseillers à l'information a été méconnu : les éléments concernant le compte administratif 2020 n'ont été transmis que le 8 avril 2021 à 16 heures pour une réunion devant se tenir à 18 heures et ce retard a eu une influence déterminante sur le vote de l'ensemble des conseillers municipaux ; certains éléments n'ont pas été communiqués et sa demande de report de la réunion a été refusée ; il n'a pas été possible de consulter les pièces 333, 27, 41, 29, 69, 755, 421 du grand-livre 2020 ; certaines factures n'ont pas été transmises malgré les avis de la CADA ; à cet égard, elle se prévaut de la réponse ministérielle à la question écrite n° 20772, publiée au JO Sénat du 23 mars 2006, page 864 ;
- la demande de déférer un acte, adressée au préfet, proroge le délai de recours contentieux ;
- le président de la séance du conseil municipal n'a pas été élu, en méconnaissance de l'article L. 2121-14 du code général des collectivités territoriales.
Par un mémoire enregistré le 12 mai 2022, la commune de Saintigny, représentée par Me Forcinal, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est tardive et les décisions attaquées ne sont pas produites ;
- la somme de 15 602 euros non consommée en 2020 a été reprise dans le budget primitif 2021 ; son inscription en tant que dépense annulée au compte administratif de 2020 constitue une maladresse de bonne foi ;
- le service de restauration scolaire est facultatif pour les communes, qui sont, depuis la loi n° 2004-809 du 13 août 2004, libres de la tarification de ce service public local ; la commune a fait le choix de ne pas émettre de factures jusqu'à la fin de l'année scolaire 2020, dans le cadre de la pandémie (mars, avril, mai et juin 2020) ; cette aide apportée aux familles a été entérinée par une délibération du 20 décembre 2021 et cette baisse de recettes a été prise en compte lors de l'élaboration du budget 2020 ; au demeurant la majorité des factures n'atteignait pas le seuil de mise en recouvrement ;
- s'agissant de l'information des conseillers municipaux, la commission des finances dont est membre la requérante s'est réunie à deux reprises le 5 mars et le 1er avril 2021 ; l'ensemble des pièces budgétaires et comptables a été remis lors de la première réunion ; un premier courriel comprenant 9 pièces jointes a été adressé aux élus le 8 avril 2021 à 9 heures et un second à 14 h 53 ; 289 documents budgétaires ont été transmis à la requérante entre le 24 novembre 2020 et le 16 février 2021 ; un courriel du 2 février 2021 communiquait 12 nouveaux documents et 47 documents par courriel du 16 février 2021 ;
- les demandes de communication de la requérante ont un caractère abusif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. Lombard, rapporteur public,
- et les observations de Me Forcinal, représentant la commune de Saintigny.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme C, en ses qualités d'habitante de la commune de Saintigny (28331) et de membre du conseil municipal, demande l'annulation des délibérations adoptées le 8 avril 2021 par lesquelles le conseil municipal a adopté le compte administratif et le compte de gestion afférents à l'exercice 2020, ainsi que le budget primitif de l'année 2021.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense par la commune de Fondettes :
2. En premier lieu, selon l'article R. 412-1 du code de justice administrative, " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation./ Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie. ". Contrairement à ce qui est soutenu, Mme C ayant produit les délibérations contestées du 8 avril 2021, cette première fin de non-recevoir doit par suite être écartée.
3. En deuxième lieu, la demande présentée au préfet d'Eure-et-Loir afin qu'il mette en œuvre la procédure prévue à l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, si elle a été formée dans le délai du recours contentieux ouvert contre l'acte de la collectivité locale, a pour effet de proroger ce délai jusqu'à l'intervention de la décision explicite ou implicite par laquelle le préfet se prononce sur ladite demande. Le refus du préfet de déférer celui-ci au tribunal administratif ne constitue pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Il ressort en l'espèce des pièces du dossier que le 20 avril 2021, Mme C a présenté une demande qui doit être regardée comme sollicitant la mise en œuvre par le préfet les dispositions précitées du code général des collectivités territoriales à l'encontre des délibérations litigieuses du 8 avril 2021. Sa demande ayant été rejetée par une décision expresse du 17 juin 2021, qui a prorogé le délai de recours contentieux ouvert contre les délibérations de la commune de Saintigny, la requête de Mme C, enregistrée le 9 août 2021, n'est par tardive. Cette seconde fin de non-recevoir opposée doit par suite également être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-14 code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal est présidé par le maire et, à défaut, par celui qui le remplace. / Dans les séances où le compte administratif du maire est débattu, le conseil municipal élit son président. / Dans ce cas, le maire peut, même s'il n'est plus en fonction, assister à la discussion ; mais il doit se retirer au moment du vote. ". Il ressort du compte-rendu de la séance qui s'est tenue le 8 avril 2021 que le conseil municipal s'est réuni sous la présidence Mme E A, maire déléguée. Toutefois, l'extrait du registre des délibérations ne permet pas d'établir que Mme A aurait été élue par le conseil municipal, alors au demeurant que Mme C le conteste. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier que la délibération du conseil municipal du 8 avril 2021 adoptant le compte administratif a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2121-14 code général des collectivités territoriales, lesquelles ne sont pas relatives à une procédure administrative préalable à la délibération du conseil municipal, mais définissent les modalités de vote de la délibération elle-même.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ". En vertu de ces dispositions, les conseillers municipaux tiennent de leur qualité de membres de l'assemblée municipale appelés à délibérer sur les affaires de la commune le droit d'être informés de tout ce qui touche à ces affaires dans des conditions leur permettant de remplir normalement leur mandat. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Saintigny s'est bornée à mettre à la disposition de l'ensemble des conseillers municipaux les projets de décisions le 8 avril 2021 à 14 h 53 en vue de la séance du conseil municipal qui débutait le même jour à 18 h 00. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les conseillers municipaux aient pu obtenir une information suffisante par le truchement d'autres moyens, alors même qu'il est soutenu que Mme C est membre de la commission des finances. Il n'est dans ces conditions pas justifié que la commune de Saintigny a satisfait à l'obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, posée par les dispositions précitées. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de Mme C ait revêtu un caractère abusif. Par suite, Mme C est fondée à demander l'annulation des délibérations du 8 avril 2021 adoptant le compte de gestion 2020 et le budget primitif 2021.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la délibération contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint à la commune de Saintigny d'émettre des titres de recettes pour le recouvrement des frais de cantine scolaire de l'année 2020.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saintigny la somme demandée par la requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les délibérations du 8 avril 2021 par lesquelles le conseil municipal a adopté les comptes administratif et de gestion afférents à l'exercice 2020 ainsi que le budget primitif de l'année 2021 sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Saintigny.
Copie en sera adressée pour information au préfet d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Samuel Deliancourt, président,
M. Jean-Luc Jaosidy, premier conseiller,
Mme Aurore Bardet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2024.
Le rapporteur,
Jean-Luc D
Le président,
Samuel DELIANCOURT
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026