mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102937 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP GERIGNY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 août 2021 et le 2 novembre 2022, M. B A, représenté par la Selarl Stratem avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2021 par lequel le président du syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) de Thaumiers Le Pondy Verneuil a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie dont il est atteint ;
2°) d'enjoindre au SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil de procéder à la reconstitution de sa carrière en reconnaissant l'imputabilité au service de sa pathologie, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- le refus de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie est entaché d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, le SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est suffisamment motivée ;
- elle n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation, dès lors d'une part, que le requérant ne réunit pas les conditions pour voir reconnue l'existence d'une maladie professionnelle et, d'autre part, qu'il travaillait en dehors de ses heures de service avec le matériel de la commune chez des particuliers.
Par ordonnance du 30 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public,
- et les observations de Me Benoît, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, adjoint technique territorial principal, est employé au sein du syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) de Thaumiers Le Pondy Verneuil depuis 1989. Il a pour mission l'entretien des chemins communaux et des espaces verts des trois communes composant le SIVOM et, à ce titre, est amené à conduire quotidiennement un tracteur agricole équipé d'une épareuse et d'un broyeur d'accotements. Depuis 2008, M A souffre de lombalgies récidivantes. En 2017, en raison de douleurs lombaires, il a été placé en arrêt de travail. Les examens médicaux réalisés alors ont permis de poser, le 20 juin 2017, le diagnostic de " lombalgie chronique sur disco-lombarthrose dégénérative avec irradiation cruralgique droite épisodique ". Il a bénéficié d'un aménagement de poste comportant des mesures de restrictions d'activité à compter du mois de septembre 2017. Sa pathologie a conduit à ce qu'il soit de
nouveau placé en congé de maladie ordinaire à compter du 2 décembre 2017. Il a été déclaré apte à la reprise de ses fonctions par la commission de réforme le 27 février 2019 sous réserve d'un aménagement de poste. En conséquence, sa demande de mise à la retraite pour invalidité a fait l'objet d'un avis défavorable de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL). Toutefois, n'ayant pas repris ses fonctions, il a présenté le 28 avril 2020 une demande en vue de la reconnaissance du caractère professionnel de cette pathologie. Ne s'estimant pas en mesure de se prononcer à l'issue d'une première expertise réalisée à sa demande, la commission de réforme a sursis à statuer et fait diligenter une seconde expertise à l'issue de laquelle le partage des voix ne lui a pas permis d'émettre un avis favorable ou défavorable. Par un arrêté du 11 juin 2021, dont il demande l'annulation, le président du SIVOM a rejeté sa demande de reconnaissance du caractère professionnel de sa pathologie au motif notamment qu'il n'est pas établi que celui-ci effectuerait des travaux de manutention habituelle de charges lourdes ni qu'il serait exposé de manière habituelle à des vibrations de basse et moyenne fréquence transmises au corps entier.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 dans ses dispositions applicables au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58./Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. /() " .
3. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
4. Pour contester le refus opposé sur sa demande de reconnaissance du caractère professionnel de sa pathologie, M. A se prévaut de l'avis du médecin de prévention, lequel indique dans son certificat établi le 10 juillet 2020 qu'il a été exposé régulièrement pendant plus de 5 ans à des vibrations récurrentes sur la totalité de son corps au niveau du rachis, rappelant que les études de poste réalisées en mars 2011 et septembre 2017 montrent qu'il occupe un poste essentiellement d'entretien des espaces verts avec conduite quotidienne quasi exclusive d'un tracteur agricole. Il se prévaut également des conclusions des deux médecins experts désignés par la commission de réforme, lesquels après consultation de son dossier médical et examen clinique, ont tous deux conclu à ce que la pathologie déclarée est directement liée à son activité professionnelle habituelle, soulignant la durée de 31 ans de son exposition aux risques affectant le rachis.
5. Le SIVOM fait valoir que M. A ne remplit pas les conditions posées par les tableaux n° 97 et 98 annexés à l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale, tant au regard du délai de prise en charge que du pourcentage d'invalidité retenu par les deux experts, lequel est évalué à 5% au lieu des 25% minimum exigés par les dispositions réglementaires relatives aux maladies professionnelles. Toutefois, les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée, c'est-à-dire pour ce qui concerne M. A, au 20 juin 2017, date à laquelle sa pathologie a été diagnostiquée. Or, les dispositions de l'article 21bis de la loi du 13 juillet 1983 introduites par l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 n'étaient pas encore entrées en vigueur à cette date, en l'absence de décret d'application. Par suite, il n'y a pas lieu de se référer à ces tableaux pour apprécier le caractère professionnel de la pathologie déclarée par le requérant.
6. Par ailleurs, si le SIVOM se prévaut de ce que le comportement de M. A, qui aurait utilisé les équipements mis à sa disposition par la commune pour effectuer des travaux en dehors de ses heures de services, est de nature à permettre de remettre en cause le lien entre sa pathologie et le service, le compte rendu d'entretien entre le maire et le requérant dans lequel celui-ci a reconnu une telle utilisation pour au moins une intervention ne permet pas, à lui seul, de remettre en cause l'existence du lien, souligné par tous les médecins consultés, entre la pathologie du requérant et son activité professionnelle, quand bien même ce comportement présente un caractère fautif.
7. En revanche, le requérant établit par les pièces qu'il produit que depuis 2010, alors qu'il présentait des douleurs lombaires récurrentes et que son médecin traitant avait demandé à ce que le tracteur utilisé pour son activité professionnelle soit équipé d'un siège pneumatique, demande relayée par le médecin de prévention, aucune suite n'a jamais été donnée à cette préconisation, ce qui a pu contribuer à l'aggravation de sa pathologie.
8. En conséquence, alors que le lien direct entre l'activité professionnelle du requérant et sa pathologie est établi par les pièces du dossier, le refus opposé par le SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil sur sa demande de reconnaissance du caractère professionnel de sa pathologie est entaché d'une erreur d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 11 juin 2021 par lequel le président du SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil a rejeté sa demande de reconnaissance du caractère professionnel de sa pathologie doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation qui le fonde, qu'il soit enjoint au SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de M. A et de procéder à la reconstitution de sa carrière. Cet arrêté devra intervenir dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 11 juin 2021 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de M. A est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au président du SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de M. A et de procéder à la reconstitution de sa carrière.
Article 3 : Le SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil versera à M. A la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par le SIVOM de Thaumiers Le Pondy Verneuil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5: Le présent jugement sera notifié à M. B A et au syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) de Thaumiers Le Pondy Verneuil.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Best-De Gand, première conseillère,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026