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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2103080

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2103080

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2103080
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSAS BOULLOCHE COLIN STOCLET & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2116671/2-1 du 27 août 2021, la présidente de la deuxième section du tribunal administratif de Paris a renvoyé la requête de la communauté de communes Chinon Vienne et Loire, enregistrée à son greffe le 2 août 2021, au tribunal administratif d'Orléans.

Par une requête enregistrée le 27 août 2021 au greffe sous le n° 2103080 et un mémoire complémentaire enregistré le 6 octobre 2021, la communauté de communes Chinon Vienne et Loire, représentée par la SAS cabinet Colin-Stoclet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 31 mai 2021 par lequel le ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités locales lui a notifié l'attribution individuelle au titre des composantes de la dotation globale de fonctionnement pour l'exercice 2021 en application de l'article L. 1613-5-1 du code général des collectivités locales en tant qu'il ne lui accorde aucune somme au titre de la dotation d'intercommunalité.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence dès lors qu'il n'est pas démontré que le directeur général des collectivités territoriales, M. A, disposait d'une délégation pour le signer ;

- il porte notamment atteinte au principe d'égalité devant la loi et les charges publiques et a été pris en application de dispositions législatives inconstitutionnelles.

Par un mémoire distinct enregistré le 6 octobre 2021, la communauté de communes Chinon Vienne et Loire a demandé au tribunal, à l'appui de sa requête, de transmettre au Conseil d'Etat à fin de transmission au Conseil constitutionnel, la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution, et notamment les principes d'égalité devant les charges publiques et de libre administration des collectivités territoriales, des dispositions de l'article L. 5211-28 du code général des collectivités territoriales, dans leur rédaction issue du I de l'article 250 de loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 et du IV de l'article 250 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019.

Par une ordonnance n° 2103080 du 23 mai 2022, la présidente de la 4ème chambre du présent tribunal a transmis au Conseil d'Etat la question de la conformité à la Constitution de l'article L. 5211-28 du code général des collectivités territoriales.

Par une décision n° 464270 du 22 juillet 2022, le Conseil d'Etat a jugé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la communauté de communes Chinon Vienne et Loire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 ;

- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 ;

- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;

- l'arrêté du 31 mai 2021 portant notification des attributions individuelles de dotation globale de fonctionnement aux collectivités territoriales et aux établissements de coopération intercommunale au titre de l'exercice 2021 en application de l'article L. 1613-5-1 du code général des collectivités territoriales ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

1. La communauté de communes Chinon Vienne et Loire demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 31 mai 2021 publié au Journal officiel de la République française (JORF) n° 134 du 11 juin 2021, texte n° 22, portant notification des attributions individuelles de dotation globale de fonctionnement aux collectivités territoriales et aux établissements publics de coopération intercommunale au titre de l'exercice 2021 en application de l'article L. 1613-5-1 du code général des collectivités territoriales.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".

3. En premier lieu, l'établissement public requérant soutient que l'arrêté contesté du 31 mai 2021 signé par M. A l'aurait été par une autorité incompétente. Il résulte toutefois de l'article 1er du décret susvisé n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement, dans sa rédaction alors en vigueur que, " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : () les directeurs d'administration centrale, () sous-directeurs () " et que, par un décret du 3 juillet 2019 publié au JORF n° 153 le 4 juillet 2019, texte n° 72, M. B A, administrateur civil hors classe, a été nommé directeur général des collectivités locales à compter du 15 juillet 2019. Aussi la décision querellée a-t-elle été prise par M. A en qualité de directeur général des collectivités locales, lequel était régulièrement habilité par les dispositions précitées à la signer au nom de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. Ce moyen de légalité externe manifestement infondé ne peut, dans ces conditions, qu'être écarté.

4. En second lieu, il résulte de la décision susvisée du 22 juillet 2022 que le Conseil d'Etat n'a pas renvoyé la question propriétaire de constitutionnalité posée par la communauté de communes Chinon Vienne et Loire au Conseil constitutionnel. Si ladite communauté de communes soutient que l'arrêté attaqué pris sur le fondement des dispositions de l'article L. 5211-28 du code général des collectivités territoriales serait illégal en ce qu'il fait application de dispositions législatives inconstitutionnelles, il n'appartient toutefois pas au juge administratif de se prononcer sur un tel moyen relatif à la constitutionnalité de dispositions législatives. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de la communauté de communes Chinon Vienne et Loire doit être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1, 7° du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la communauté de communes Chinon Vienne et Loire est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes Chinon Vienne et Loire et au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.

Fait à Orléans, le 9 décembre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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