lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103137 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET LEXLIGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2021 et des mémoires complémentaires enregistrés les 16 décembre 2021, 31 janvier 2022 et 4 juillet 2024, M. C B, représenté par Me Desnoix, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-05 du 12 mars 2021 du maire de la commune de Valaire portant alignement individuel des parcelles cadastrées section D n° 29, n° 30 et n° 214 au droit de la voie communale (VC) n° 5 au lieudit " La Pieuse " entre Candé-sur-Beuvron et Pontlevoy ;
2°) d'homologuer le rapport établi en date du 9 août 2021 par le géomètre-expert aux fins de délimitation des propriétés ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Valaire les entiers dépens ainsi que la somme de 1.500 € en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté contesté est illégal au motif que :
- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;
- il a été édicté sans concertation préalable ;
- il a été réalisé sur la base d'un plan cadastral qui est entaché d'incohérences ;
- il intègre les murs des bâtiments qui ne sont pas droits, ce qui pose la question de leur propriété mitoyenne et de la prise en charge de leur entretien.
Par un mémoire enregistré le 24 décembre 2021, la commune de Valaire, représentée par Me Rainaud, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant la somme de 2.000 € en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés dès lors que les limites fixées sont celles constatées sur le terrain et l'alignement n'a pas été réalisé sur la base d'un plan cadastral.
Par ordonnance du 14 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 février 2022 à minuit en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Une ordonnance du 25 février 2022 a prononcé la réouverture de l'instruction en application de l'article R. 613-4 du code de justice administrative et fixé une nouvelle clôture au 18 mars 2022 à 12 heures en application de l'article R. 613-1 du même code.
Une ordonnance du 14 juin 2024 a prononcé la réouverture de l'instruction en application de l'article R. 613-4 du code de justice administrative et fixé une nouvelle clôture au 15 juillet 2024 à 12 heures en application de l'article R. 613-1 du même code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui est propriétaire des parcelles cadastrées section D n° 29, n° 30 et n° 214, bordées par la voie communale (VC) n° 5, au lieudit " La Pieuse " à Valaire (41120) dans le département du Loir-et-Cher, a déposé le 6 août 2020 une demande d'alignement auprès des services de la mairie. Par arrêté n° 2021-05 du 12 mars 2021, le maire a établi l'alignement individuel de la voie communale n° 5 au lieudit " La Pieuse " entre Candé-sur-Beuvron et Pontlevoy au droit de ses parcelles. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le cadre juridique applicable :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2111-14 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées ". Selon le premier alinéa de l'article L. 141-1 du code de la voirie routière : " Les voies qui font partie du domaine public routier communal sont dénommées voies communales () ".
4. En troisième et dernier lieu, l'article L. 112-1 du code de la voirie routière dispose : " L'alignement est la détermination par l'autorité administrative de la limite du domaine public routier au droit des propriétés riveraines. Il est fixé soit par un plan d'alignement, soit par un alignement individuel. () L'alignement individuel est délivré au propriétaire conformément au plan d'alignement s'il en existe un. En l'absence d'un tel plan, il constate la limite de la voie publique au droit de la propriété riveraine ". Selon l'article L. 112-3 de ce code : " L'alignement individuel est délivré par le représentant de l'Etat dans le département, le président du conseil départemental ou le maire, selon qu'il s'agit d'une route nationale, d'une route départementale ou d'une voie communale. ". Et selon l'article L. 112-4 dudit code : " L'alignement individuel ne peut être refusé au propriétaire qui en fait la demande ".
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière qu'un arrêté d'alignement, qui, en l'absence de plan d'alignement, se borne à constater les limites d'une voie publique en bordure des propriétés riveraines, et constitue ainsi un acte purement déclaratif sans effet sur les droits des propriétaires riverains, ne peut être fixé qu'en fonction des limites actuelles de la voie publique en bordure des propriétés riveraines, éventuels empiètements inclus.
En ce qui concerne la légalité externe :
6. Si M. B évoque dans ses écritures que l'arrêté contesté aurait été pris par une autorité incompétente, sans davantage de précisions, celui-ci a cependant été signé par la maire, Mme D E, conformément aux dispositions de l'article L. 112-3 du code de la voirie routière citées au point 4. Ce moyen de légalité est ainsi manifestement infondé et ne peut qu'être écarté.
7. Il ne résulte d'aucune disposition applicable, tant du code de la voirie routière que du code des relations entre le public et l'administration, que l'édiction d'un arrêté individuel d'alignement devrait être précédée d'une concertation, d'une enquête publique et soumise au contradictoire. Dans ces conditions, M. B ne peut utilement soutenir que la procédure serait irrégulière en l'absence de concertation. Ce moyen est ainsi inopérant et doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
8. Si M. B invoque le moyen tiré de l'atteinte portée au droit de propriété, il résulte de ce qui a été dit au point 5 qu'un arrêté d'alignement présente un caractère purement déclaratif sans effet sur la propriété. Il s'ensuit que la circonstance, à la supposer établie, que M. B soit propriétaire d'une partie de l'assiette de la voie publique est sans incidence sur la détermination des limites réelles de ladite voie en tant qu'ouvrage public. Par suite, ce moyen est entaché d'inopérance et ne peut qu'être écarté.
9. Il appartient au juge administratif, saisi de conclusions tendant à l'annulation pour excès de pouvoir d'un arrêté d'alignement, de vérifier si ce dernier se borne ou non à constater les limites actuelles de la voie publique en bordure des propriétés riveraines. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté est accompagné d'un croquis annexé comportant notamment diverses cotes avec mention des limites parcellaires et bords de chaussée destiné à établir l'" Alignement de fait ", ainsi qu'il le mentionne, de la voie communale n° 5 au droit des pied des bâtiments de M. B avec un retrait de 30 cm derrière les supports Télécom en limite du poste transformateur ENEDIS et du support HTA. Ce plan, qui est corroboré par les photographies produites par M. B, définit les limites de fait de la chaussée et étend l'emprise de la voie communale jusqu'au pied des constructions de M. B, incluant également une bande enherbée d'une largeur variant entre 2,10 et 3,10 mètres dont il n'est ni soutenu, ni même allégué que cet accotement ne constituerait pas, compte tenu de la configuration de la voirie, un accessoire indissociable et nécessaire à la sécurité des piétons et à la circulation routière. Dès lors que l'arrêté querellé qui ne se fonde pas sur le plan cadastral, lequel n'a, en tout état de cause, qu'une portée fiscale, mais se borne à constater les limites de faits de la voie communale n° 5, le moyen soulevé n'est dès lors pas assorti de faits susceptibles de venir à son soutien et doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, qui ne comporte que des moyens inopérants, un moyen de légalité externe manifestement infondé et un moyen qui n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien, doit être rejetée par application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin d'homologation du rapport établi par un géomètre-expert :
11. M. B demande au tribunal d'homologuer le rapport en date du 9 août 2021 établi par M. A en qualité de géomètre-expert qui propose une délimitation de la propriété de la personne publique et se prononce également sur les limites de fait de la voie. Toutefois, en l'absence de tout texte le prévoyant, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'homologuer un tel rapport. Ces conclusions ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin de désignation d'un expert :
12. L'article R. 621-6 du code de justice administrative dispose : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation ".
13. Eu égard à ce qui a été dit aux points précédents, et notamment aux points 8 et 9, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'expertise.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Valaire, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par ladite commune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Valaire au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à la commune de Valaire.
Fait à Orléans, le 14 octobre 2024.
Le président de la 5e chambre,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet du Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026