vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 septembre 2021 et le 28 avril 2023, M. B A, représenté par Me Aubry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 avril 2021 par lequel le président de la communauté d'agglomération de Blois " Agglopolys " l'a placé rétroactivement en congé de maladie ordinaire à compter du 30 juin 2021 et a procédé à la régularisation pécuniaire pour trop-perçu de 159 jours à demi-traitement ;
2°) d'enjoindre au président de la communauté d'agglomération de Blois à titre principal, de reconnaître l'imputabilité au service de la rechute constatée le 30 juin 2020 dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de faire procéder à une expertise en demandant à l'expert désigné de se prononcer sur l'imputabilité au service et à l'accident de trajet du 23 juillet 2019 de l'arrêt de travail du 30 juin 2021 ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération de Blois la somme de 1 300 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article 13 de l'arrêté du 4 août 2004 ;
- la procédure suivie est entachée d'irrégularité dès lors que le médecin de prévention, absent lors de la réunion de la commission de réforme, n'a pas remis de rapport ;
- la décision contestée est entachée d'erreur de droit en ce que le président de l'agglomération s'est cru en situation de compétence liée ;
- la décision contestée est entachée d'erreur d'appréciation en ce qui concerne le lien entre la rechute déclarée le 30 juin 2020 et l'accident du 23 juillet 2019.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 janvier 2022 et le 2 février 2024, la communauté d'agglomération de Blois, représentée par Me Saada-Dusart, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les dispositions de l'article 13 de l'arrêté du 4 août 2004 n'ont pas été méconnues ;
- le médecin de prévention ayant été consulté, la procédure suivie est régulière ;
- le président de l'agglomération a porté sa propre appréciation sur sa demande ;
- la décision contestée n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public,
- et les observations de Me Saada-Dusart, représentant la communauté d'agglomération de Blois.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, titulaire du grade d'adjoint technique, exerçant les fonctions de fontainier à la direction du cycle de l'eau de la communauté d'agglomération de Blois, a été victime d'un accident de trajet le 23 juillet 2019 au titre duquel il a été placé en arrêt de travail jusqu'au 13 mars 2020, reconnu imputable au service. Par un certificat médical final du 15 mai 2020, son médecin traitant l'a déclaré consolidé avec séquelles au 12 juin 2020. La communauté d'agglomération de Blois a alors saisi la commission de réforme afin qu'elle se prononce sur la date de consolidation de cet accident et sur un éventuel taux d'invalidité permanente partielle (IPP) et a désigné un expert pour examiner M. A. Le 30 juin 2020, M. A a produit un certificat médical de rechute, le plaçant en arrêt de travail jusqu'au 3 juillet 2020. L'expert désigné a rendu un premier rapport, daté du 2 juillet 2020 auquel il n'a pas été donné suite. Un second rapport a été établi le 28 septembre 2020 et, dans sa séance du 2 décembre 2020 la commission de réforme a déclaré M. A consolidé au 12 juin 2020 avec un taux d'IPP de 8% et a émis un avis défavorable à la reconnaissance de la rechute déclarée au 30 juin 2020. Le 23 décembre 2020 M. A a demandé sans succès le réexamen de son dossier. Par un arrêté du 9 avril 2021 le président de la communauté d'agglomération de Blois a pris acte de la date de consolidation, fixée par la commission de réforme au 12 juin 2020, du taux d'IPP de 8% et l'a placé rétroactivement en congé de maladie ordinaire à compter du 30 juin 2020. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il le place rétroactivement en congé de maladie ordinaire à compter du 30 juin 2021 et procède à une régularisation pécuniaire de trop perçu de 159 jours à demi-traitement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " Le secrétariat de la commission informe le médecin du service de médecine professionnelle et préventive, pour la fonction publique territoriale, le médecin du travail, pour la fonction publique hospitalière, compétent à l'égard du service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis à la commission. Lorsque la commission statue sur le cas d'un sapeur-pompier professionnel, son secrétariat informe le médecin de sapeurs-pompiers désigné par le préfet sur proposition du directeur départemental des services d'incendie et de secours. Ces médecins peuvent obtenir, s'ils le demandent, communication du dossier de l'intéressé. Ils peuvent présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion de la commission. Ils remettent obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus au premier alinéa des articles 21 et 23 ci-dessous. ". Aux termes de l'article 21 du même arrêté : " La commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service ou à l'un des actes de dévouement prévus aux articles 31 et 36 du décret du 26 décembre 2003 susvisé de l'infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisé et aux articles 41 et 41-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. / Elle doit également donner son avis sur le caractère provisoire ou définitif de l'inaptitude constatée et, le cas échéant, sur l'aptitude de l'intéressé à occuper un emploi adapté à son état physique qui peut lui être offert par l'autorité investie du pouvoir de nomination ou, le cas échéant, pour la fonction publique territoriale, par le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion. ". Il résulte de ces dispositions que, s'agissant de l'instruction des demandes tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident ou d'une maladie, l'information du médecin chargé de la prévention préalablement à la tenue de la commission de réforme constitue pour l'agent concerné une garantie dès lors que cette information est obligatoirement suivie de la remise par ce médecin d'un rapport écrit.
3. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. S'il ressort des pièces du dossier, et plus spécialement du courriel adressé au conseil du requérant par la secrétaire du conseil médical le 6 janvier 2023, que le médecin du service de médecine préventive a bien été averti par le centre départemental de gestion de la fonction publique territorial de Loir-et-Cher de l'examen à venir, par la commission de réforme, de la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service des sciatalgie et lombalgie déclarées par M. A le 30 juin 2020, aucun rapport écrit n'a été produit par ce médecin. L'absence de production de ce rapport a été, en l'espèce, et contrairement à ce que soutient la communauté d'agglomération de Blois, de nature à priver effectivement M. A d'une garantie.
5. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du 9 avril 2021 doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement, alors qu'en l'état du dossier aucun autre moyen d'annulation n'est susceptible d'être accueilli, qu'il soit enjoint à la communauté d'agglomération de Blois de procéder au réexamen de la situation de M. A. Il y a lieu d'enjoindre à la communauté d'agglomération de Blois de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la communauté d'agglomération de Blois le versement à M. A d'une somme de 1 300 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la région Centre-Val de Loire sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 9 avril 2021de la communauté d'agglomération de Blois est annulé.
Article 2 : La communauté d'agglomération de Blois versera à M. A une somme de 1 300 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération de Blois sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la communauté d'agglomération de Blois.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère.
Mme Keiflin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026