vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HERVOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 septembre 2021 et le 1er août 2022, M. A B, représenté par la SCP d'avocats Madrid-Foussereau-Madrid, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2021 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, dans les mêmes conditions d'astreinte, d'enjoindre à la préfète du Loiret de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale à défaut pour la préfète du Loiret d'avoir préalablement consulté la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation dès lors qu'il n'y est pas fait état notamment de sa pathologie psychiatrique ;
- il pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; c'est à tort que la préfète du Loiret invoque l'absence de caractère réel et sérieux du suivi de ses études, elle commet une erreur de droit en subordonnant la délivrance du titre de séjour à la preuve de l'absence de liens dans son pays d'origine et elle fait reposer sa décision sur des faits matériellement inexacts en dénaturant la note de la structure d'accueil de l'aide sociale à l'enfance ;
- il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en application de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- en retenant le fait qu'il serait " connu défavorablement des forces de sécurité intérieure ", la préfète du Loiret a dénaturé les faits ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences qu'elle emporte ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporte ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur le délai de départ volontaire :
- la préfète du Loiret n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation justifiant une prolongation du délai de départ volontaire en application de l'article 7 de la directive 2008/115/CE.
Par un mémoire enregistré le 31 janvier 2022, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, avocat, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 15 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Madrid, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant guinéen né le 12 février 2003, est entré de manière irrégulière sur le territoire français à l'âge de quatorze ans en août 2017. Le 11 septembre 2017, il a été confié à l'aide sociale à l'enfance du département du Loiret dans le cadre d'une ordonnance de placement provisoire du parquet de Paris puis par le juge des enfants du tribunal de grande instance d'Orléans par ordonnance du 14 septembre 2017. La prise en charge par l'aide sociale à l'enfance s'est poursuivie jusqu'à sa majorité dans le cadre d'une mesure de tutelle ordonnée par le juge des tutelles du tribunal de grande instance d'Orléans le 19 décembre 2019. Il a ensuite bénéficié d'un accompagnement éducatif jeune majeur du 12 février 2020 au 31 août 2021. Le 5 mars 2021, il a sollicité des services de la préfecture du Loiret la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions alors applicables du 2° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 13 juin 2021, la préfète du Loiret lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, applicable en l'espèce : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. L'arrêté du 13 juin 2021 attaqué vise les textes dont la préfète a fait application, notamment l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il rappelle les conditions de l'entrée et du séjour en France de l'intéressé ainsi que sa situation scolaire. Ainsi, l'arrêté attaqué précisé les motifs pour lesquels la préfète, qui n'est pas tenue d'indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour.
4. En deuxième lieu, si le requérant soutient que sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux de la part de la préfète, à défaut notamment de faire mention de sa pathologie psychiatrique, il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué que celui-ci fait mention des principaux éléments relatifs à sa situation personnelle et vise la note sociale transmise par le conseil départemental faisant état des troubles de santé dont souffre le requérant. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que sa situation n'aurait pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux de la part de la préfète.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors applicable : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française ".
6. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale " présentée sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans, qu'il justifie suivre la formation qui lui a été prescrite et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Si ces conditions sont remplies, il ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé, appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le juge de l'excès de pouvoir exerce sur cette appréciation un entier contrôle.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est vu confier au service de l'aide sociale à l'enfance du département du Loiret alors qu'il était âgé de quatorze ans et six mois et qu'il a présenté sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées alors qu'il était âgé de dix-huit ans et à peine un mois. Par la seule production d'une attestation, datée du 1er septembre 2020, d'inscription à " un SAS apprentissage " auprès du centre de formation d'apprentis de la chambre de métiers et de l'artisanat du Loiret pour préparer sur deux ans un CAP Cuisine, il ne justifie pas du caractère réel et sérieux du suivi de ladite formation alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de plusieurs agressions commises à l'encontre d'autre élèves, il a été renvoyé en décembre 2019 du lycée Paul Gauguin où il préparait déjà un CAP de cuisine et que depuis que l'arrêté a été pris, il a abandonné sa formation pour en suivre une nouvelle dans le secteur du bâtiment. Dès lors, la seule circonstance que le comportement qui a justifié son exclusion du lycée en 2019 résulterait de troubles psychologiques ayant nécessité son hospitalisation dans un établissement public spécialisé dans la prise en charge des pathologies en santé mentale ne suffit pas à caractériser une erreur d'appréciation de la part de la préfète alors qu'il ressort en outre de la note sociale rédigée par ses référentes éducatives que M. B conserve des relations avec son père demeuré en Guinée et qu'il a pu exprimer à plusieurs reprises l'idée d'un retour dans son pays d'origine.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ".
9. Si le requérant soutient que la préfète aurait dû avant de prendre sa décision consulter la commission du titre de séjour dès lors qu'il pouvait prétendre à un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte de qui a été dit au point 7 que M. B ne remplissait pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions et que la préfète était par suite fondée à lui refuser le titre de séjour sollicité sans au préalable consulter la commission du titre de séjour. Par suite, le moyen n'est pas fondé et doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors applicable : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
11. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 7 que M. B ne justifie pas du caractère réel et sérieux de la formation qu'il suivait pour obtenir un CAP Cuisine à la date de l'arrêté attaqué. D'autre part, il ressort de la note sociale du conseil départemental que le requérant entretient encore des relations étroites avec son père demeuré en Guinée, et qu'il rencontre d'importantes difficultés d'intégration dans la société française. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète a commis une erreur de droit en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui au surplus n'a pas vocation à s'appliquer au cas d'espèce dès lors que M. B avait quatorze ans lorsqu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance.
12. En sixième lieu, le requérant semble soutenir que la préfète du Loiret aurait motivé sa décision par le fait qu'il représenterait une menace à l'ordre public et ce faisant, qu'elle aurait dénaturé les faits. Toutefois, le moyen manque en fait et doit être écarté dès lors que, d'une part, la préfète n'a pas fondé sa décision sur la menace à l'ordre public que représenterait M. B et que, d'autre part, il ressort effectivement des pièces du dossier que le requérant est connu défavorablement des forces de l'ordre pour divers faits de violence aggravée ayant justifiés son inscription au fichier des antécédents judiciaires.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
14. Il ressort de ce qui a été dit précédemment que le requérant, seul et sans charge de famille, qui n'était en France à la date de la décision attaquée que depuis à peine quatre ans et y rencontre d'importantes difficultés d'intégration alors qu'il a toujours son père dans son pays d'origine, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que la préfète aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour dans le cadre du pouvoir discrétionnaire dont elle dispose.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, le refus de titre de séjour opposé au requérant n'étant pas entaché des illégalités alléguées, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour.
16. En second lieu, eu égard à ce qui été dit aux points 7, 11 et 14, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa vie privée et familiale alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pas noué en France des liens d'une particulière intensité et que ceux qu'il conserve avec son père demeurent particulièrement forts.
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :
17. Aux termes de l'article 7 de la directive 2008/115/CE : " () 2. Si nécessaire, les Etats membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
18. Le requérant fait valoir que la préfète en ne lui octroyant un délai de départ volontaire que de trente jours n'a pas pris en compte sa situation personnelle notamment au regard du nécessaire suivi de sa pathologie psychiatrique et de sa scolarité. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que des circonstances particulières justifiaient qu'un délai de départ supérieur à trente jours soit accordé à M. B pour quitter volontairement le territoire français. Ainsi, la préfète du Loiret n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le rapporteur,
Stéphane C
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026