jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL WALTER & GARANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2021 et un mémoire enregistré le 20 mars 2023, non communiqué, M. E et Mme C D, représentés par Me Dalibard, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Cyr-sur-Loire ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. A portant sur l'installation de brise vue sur le terrain situé 18 allée de la Couturelle sur le territoire de la commune ainsi que la décision de rejet du maire de la commune de Saint-Cyr-sur-Loire du 21 juillet 2021 de leur demande tendant au retrait dudit arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Cyr-sur-Loire la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur dans la qualification juridique des faits dès lors que le projet doit être qualifié de clôture ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 11.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Cyr-sur-Loire ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît le cahier des charges du lotissement ;
- il est entaché d'un détournement de procédure et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision du 21 juillet 2021 est illégale du fait de l'illégalité de l'arrêté du 19 mai 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2023, la commune de Saint-Cyr-sur-Loire, représentée par Me Aaron, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, les requérants étant dépourvus d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pajot,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Leeson, représentant M. et Mme D, et F, représentant la commune de Saint-Cyr-sur-Loire.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé en mairie de Saint-Cyr-sur-Loire le 22 avril 2021, une déclaration préalable en vue de la pose d'un séparateur visuel en bois. Par arrêté du 19 mai 2021, le maire de Saint-Cyr-sur-Loire a décidé de ne pas s'opposer à cette déclaration préalable. Les requérants ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté par courrier du 22 avril 2021, lequel a fait l'objet d'une décision de rejet le 21 juillet 2021.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a été signé par l'adjoint délégué à l'urbanisme, M. B, habilité par un arrêté du maire en date du 26 mai 2020. Par ailleurs, la délibération du 26 mai 2020 " certifie le caractère exécutoire de l'acte " avec un dépôt en préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier de déclaration préalable que le projet consiste en la pose d'un séparateur visuel de 8 mètres de long et 2 mètres de haut situé à 15 cm de la limite séparative à l'intérieur de la parcelle. Ce projet ne consiste pas à fermer l'accès à une partie de la propriété du pétitionnaire dès lors que le brise vue, composé de panneaux en bois, a pour unique finalité d'occulter partiellement les vues. Par suite, le maire n'a pas entaché son arrêté d'erreur dans la qualification juridique des travaux en estimant que les panneaux ne pouvaient pas être considérés comme une clôture.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 11.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Cyr-sur-Loire relatif aux clôtures : " Les clôtures nouvelles doivent être implantées en continuité des clôtures adjacentes existantes. Leur hauteur doit être en cohérence avec l'environnement existant ainsi que leurs caractéristiques. Les clôtures doivent s'intégrer convenablement dans l'environnement par leurs matériaux, leurs couleurs et leurs proportions. Le choix du type de clôture doit prendre en compte les clôtures existantes dans l'environnement. Ainsi, afin que l'espace public soit cohérent, homogène et de qualité au niveau de la rue, voir du quartier si cela créé un ensemble, la clôture doit s'inspirer du paysage de la rue, voir du quartier avec une bonne intégration dans ce contexte. () La haie est le mode de clôture privilégié. Concernant les types d'occultant, sont autorisés : - les brises-vues métalliques pleins, - les lames occultantes insérées dans le grillage et de la même couleur que le grillage. Les éléments en composite sont autorisés sous réserve d'une bonne intégration dans l'environnement, et privilégiés en limites séparatives. Les occultants de type canisse ou toiles brises-vues sont interdits ".
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, consistant en l'implantation d'un brise vue (occultant) composé de panneaux en bois d'une hauteur de 2 mètres et d'une longueur de 8 mètres, contreviendrait aux dispositions de l'article 11.6, en ne s'intégrant pas dans l'environnement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 11.6 du règlement du PLU précitées doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
7. En l'espèce, les prescriptions de l'arrêté litigieux prévoient que les panneaux en bois teintés de couleur naturelle, seront posés sur 8 m de longueur en retrait de 15 de la limite séparative ouest et que la hauteur ne dépassera pas 2 m. Les requérants soutiennent que ces prescriptions ne sont pas suffisamment précises, qu'elles se bornent à reprendre les éléments du dossier de déclaration préalable et qu'elles portent atteinte à l'économie générale du projet. Toutefois, par cet argumentaire, ils n'établissent pas en quoi l'arrêté méconnaîtrait les dispositions précitées, lesquelles ont pour unique objet d'imposer des prescriptions en cas d'atteinte à la salubrité ou la sécurité publique du projet. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme : " Les règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé, deviennent caduques au terme de dix années à compter de la délivrance de l'autorisation de lotir si, à cette date, le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu. De même, lorsqu'une majorité de colotis a demandé le maintien de ces règles, elles cessent de s'appliquer immédiatement si le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu, dès l'entrée en vigueur de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. Les dispositions du présent article ne remettent pas en cause les droits et obligations régissant les rapports entre colotis définis dans le cahier des charges du lotissement, ni le mode de gestion des parties communes () ".
9. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu a été approuvé, les règles d'urbanisme contenues dans les documents approuvés d'un lotissement cessent de plein droit de s'appliquer au terme de dix années à compter de la délivrance de l'autorisation de lotir, ou, si une majorité de colotis en a demandé le maintien, au plus tard lors de l'entrée en vigueur de la loi du 24 mars 2014.
10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la délivrance de l'autorisation de lotir, le lotissement était couvert par un plan d'occupation des sols de la commune de Saint-Cyr-sur-Loire approuvé le 25 novembre 1977. Ainsi, les règles d'urbanisme figurant dans les documents du lotissement de la Couturelle avaient définitivement cessé d'être applicables le 19 mai 2021, date de la décision attaquée. Les requérants ne peuvent donc utilement soutenir que l'arrêté en litige méconnaît les règles du cahier des charges du lotissement.
11. En sixième lieu, compte tenu de ce qui précède et à supposer même que la déclaration préalable de travaux aurait été déposée à titre de régularisation de travaux commencés sans autorisation, le moyen tiré du détournement de procédure et celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
12. En dernier lieu, l'illégalité de la décision de l'arrêté du 19 mai 2021 n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision du 21 juillet 2021 doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. et Mme D doivent être rejetées.
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Cyr-sur-Loire, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme D au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme D une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Cyr-sur-Loire et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. et Mme D verseront à la commune de Saint-Cyr-sur-Loire une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E et Mme C D, à la commune de Saint-Cyr-sur-Loire et à M. A.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Nehring, conseiller,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
Anne-Laure PAJOT
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026