mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103409 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DEZALLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 27 septembre 2021, le 30 septembre 2021 et le 1er juillet 2022, M. C B, représenté par Me Dézallé, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2021, par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète d'Eure-et-Loir, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " sous astreinte d'un montant de 50 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de 48 heures suivant la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans cette attente un récépissé de titre de séjour ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour, sous les mêmes conditions d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au profit de son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé tant en fait qu'en droit en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de la demande ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 30 septembre 2021, la préfète d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant albanais né le 13 février 1980 est entré en France le 22 février 2017, dispensé de l'obligation de visa en application des dispositions alors en vigueur du règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 et muni d'un passeport valable jusqu'au 17 février 2024. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 8 juin 2017, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 21 novembre 2017. La préfète d'Eure-et-Loir, par un arrêté du 2 mai 2018, lui a ensuite fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Le 1er octobre 2019, il a été mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour
l'autorisant à travailler, régulièrement renouvelée jusqu'au 9 juin 2021. Il a ensuite sollicité son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par un arrêté du 13 juillet 2021, la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de faire droit à sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par une requête enregistrée le 27 septembre 2021, M. B a demandé au tribunal administratif d'Orléans l'annulation de cet arrêté. M. B ayant été assigné à résidence après l'introduction de l'instance, la magistrate désignée par le président du tribunal, statuant en application des dispositions des articles R. 776-1 et R. 776-17 du code de justice administrative, a, par un jugement du 4 octobre 2021, rejeté les conclusions dirigées contre l'arrêté litigieux en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixe le pays de destination. La formation collégiale du tribunal administratif d'Orléans reste saisie des seules conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, des conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent et des conclusions relatives à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Le caractère suffisant de la motivation d'une décision ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs.
3. La décision attaquée, qui vise les dispositions dont la préfète d'Eure-et-Loir a fait application, notamment les articles L. 412-1, L. 421-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose précisément les motifs, tirés de la situation propre de l'intéressé, pour lesquels la préfète a refusé de délivrer à M. B le titre de séjour qu'il sollicitait tant à titre " salarié " qu'au titre de la " vie privée et familiale ". Elle rappelle les conditions d'entrée et de séjour du requérant sur le territoire français, sa situation familiale ainsi que sa situation au regard de l'emploi. Enfin, elle précise les motifs pour lesquels la préfète, qui n'était pas tenu d'indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments de la situation personnelle et familiale de l'intéressé a refusé la délivrance d'un titre de séjour. La décision litigieuse est, par suite, suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier et notamment pas des éléments déjà exposés au point 3 que la préfète d'Eure-et-Loir ne se serait pas livrée à un examen particulier de la situation de M. B. Le moyen doit donc également être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an () ". Aux termes de l'article L. 414-12 du même code : " La délivrance des cartes de séjour portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " et " travailleur saisonnier ", respectivement prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 et L. 421-34, est subordonnée à la détention préalable de l'autorisation de travail prévue aux articles L. 522-12 et suivants du code du travail. Cette autorisation est délivrée dans les conditions prévues par le code du travail ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur () ".
6. Dès lors que la détention d'un visa de long séjour est l'une des conditions légales pour obtenir un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées et qu'il est constant que M. B ne justifie pas être en possession d'un tel visa, la préfète d'Eure-et-Loir n'a, en tout état de cause, pas commis d'erreur d'appréciation en refusant de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " salarié " sur ce fondement.
7. En dernier lieu, M. B fait valoir sa durée de présence sur le territoire français depuis le 22 février 2017, la présence en France de son épouse et des trois enfants du couple, dont deux mineurs, ainsi que leur scolarisation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier d'une part, que M. B n'était présent en France que depuis moins de cinq ans à la date de l'arrêté attaqué et qu'il s'y est maintenu après le rejet de sa demande d'asile en dépit de la mesure d'éloignement prise à son encontre le 2 mai 2018. D'autre part, la situation de sa fille aînée, Mikela B, née le 11 septembre 2002 et déjà majeure à la date de l'arrêté attaqué, est dissociable de la sienne. Par ailleurs, le requérant n'établit pas que la cellule familiale constituée par sa conjointe et leurs enfants mineurs ne pourrait pas se reconstituer en Albanie, pays dont ils ont tous la nationalité, où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-sept ans et son épouse jusqu'à l'âge de quarante-cinq ans, alors notamment que la requête présentée par cette dernière, également en situation irrégulière, dirigée contre l'arrêté du 13 juillet 2021 refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination est rejetée par jugement n° 2103678 du même jour. M. B ne démontre pas davantage que les deux enfants mineurs du couple, respectivement nés le 27 avril 2007 et le 21 septembre 2009, dont la situation est indissociable de celle de leurs parents en considération de leur jeune âge, ne pourraient pas poursuivre leur scolarité en Albanie. Dans ces conditions, quand bien même le requérant bénéficie de plusieurs promesses d'embauche à la date de l'arrêté attaqué et justifie d'une expérience professionnelle antérieure en tant que manœuvre, il n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle la préfète a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation restant à juger de la requête de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction, qui s'y rattachent, et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions restant à juger de la requête de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Vincent, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
Emmanuel A
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
La greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026