mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103449 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2021, M. C A B, représenté par Me Bearnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 juin 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (ci-après OFII) lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder les conditions matérielles d'accueil de manière rétroactive pour la période pendant laquelle il aurait dû en bénéficier ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans un délai de douze mois.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'aucune information préalable a été porté à la connaissance du requérant ;
- elle méconnait l'article L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que la décision est entaché d'un défaut d'examen de la vulnérabilité du requérant ;
- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation concernant l'appréciation de la fraude ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité ;
- l'OFII a commis une erreur de droit en fondant sa décision sur l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile, n'ayant pas vocation à s'appliquer, dès lors que la France est devenue l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2022, le directeur général de l'Office
français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2003/9/UE du Conseil du 27 janvier 2003 ;
- la décision de la Cour de justice de l'Union européenne du 27 septembre 2012, CIMADE et GISTI, aff. C-179/11 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Delamarre a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant soudanais né le 1er janvier 1992, a présenté une demande d'asile le 7 janvier 2019 et s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile dans le cadre de la procédure " Dublin ". Il a été transféré le 10 mai 2019 en Italie, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile. M. A B a été remis aux autorités italiennes. Il est revenu en France et a présenté une nouvelle demande d'asile. Il s'est alors vu délivrer, le 2 janvier 2020, une attestation de demande d'asile au titre de la procédure
" Dublin ", requalifiée, le 19 novembre 2020, en procédure accélérée. Le 27 avril 2021,
M. A B a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) . Par un courrier en date du 10 mai 2021,
M. A B a été informé de l'intention l'OFII de suspendre les conditions matérielles d'accueil. Puis l'OFII, par une décision du 11 juin 2021, a informé ce dernier de la cessation des conditions matérielles d'accueil dont il était bénéficiaire. C'est la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III ". Aux termes de l'article L. 551-9 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente ". Aux termes de l'article L. 551-16 de code : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () ". En vertu de l'article L. 573-5 du même code, lorsque l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat européen, le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prévue à l'article L. 553-1 prend fin à la date du transfert vers cet Etat.
3. Il résulte de ces dispositions ainsi que de celles de la directive du Conseil du 27 janvier 2003 relative à des normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile dans les Etats membres qu'elles visent à transposer et qui ont notamment été interprétées par la décision de la Cour de justice de l'Union européenne du 27 septembre 2012 CIMADE et GISTI, aff. C-179/11, que lorsqu'un demandeur d'asile a été transféré vers l'Etat responsable de l'examen de sa demande, c'est à ce dernier de lui assurer les conditions matérielles d'accueil. En cas de retour de l'intéressé en France sans que la demande n'ait été examinée et de présentation d'une nouvelle demande, l'OFII peut refuser le bénéfice de ces droits, sauf si les autorités chargées de cette nouvelle demande décident de l'examiner ou si, compte tenu du refus de l'Etat responsable d'examiner la demande précédente, il leur revient de le faire.
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que l'OFII a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil de M. A B au motif que ce dernier n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande d'asile en France à la suite de son transfert vers l'Etat membre responsable de l'instruction de sa demande. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant, après avoir été transféré en Italie le 10 mai 2019 et être revenu en France, a déposé une nouvelle demande d'asile qui a été enregistrée le 2 janvier 2020 en procédure " Dublin " mais requalifiée le 19 novembre 2020 en procédure normale. Les autorités françaises ont ainsi décidé d'examiner cette demande. Dans ces conditions, l'OFII ne pouvait mettre fin aux conditions matérielles d'accueil que M. A B avait accepté le 27 avril 2021. Par suite, en se fondant sur le 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'OFII a entaché sa décision d'une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 11 juin 2021 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Pour les personnes qui se sont vu reconnaître la qualité de réfugié prévue à l'article L. 511-1 (), le bénéfice de l'allocation prend fin au terme du mois qui suit celui de la notification de la décision ".
7. Il résulte de l'instruction que M. A B s'est vu reconnaître la qualité de réfugié le 24 octobre 2021. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 4, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration procède au rétablissement des conditions matérielles d'accueil au profit de M. A B à compter du 27 avril 2021, date à laquelle celui-ci avait accepté la proposition de l'OFII, et jusqu'au terme du mois qui suit celui de la notification de la décision lui reconnaissant la qualité de réfugié. Il y a donc lieu d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à ce rétablissement.
Sur les frais liés au litige :
8. M. A B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement de la somme de 1 500 euros à Me Bearnais, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 juin 2021 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au profit de M. A B à compter du 27 avril 2021 et jusqu'au terme du mois qui suit celui de la notification de la décision lui reconnaissant la qualité de réfugié.
Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Bearnais la somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Joos, premier conseiller,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
La présidente-rapporteure,
Anne-Laure DELAMARRE
L'assesseur le plus ancien,
Emmanuel JOOSLa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026