mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103476 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BOURHABA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 septembre 2021 et le 11 janvier 2024, M. D B, représenté par Me Bourhaba, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 août 2021 de la ministre du travail confirmant la décision de l'inspecteur du travail du 5 février 2021 accordant à la société Ghestem Nantes l'autorisation de procéder à son licenciement pour motif disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision ministérielle ;
- la décision de l'inspecteur du travail est entachée du non-respect du principe du contradictoire dès lors que deux pièces qui constituent des éléments déterminants n'ont pas été communiquées par l'inspecteur du travail à son employeur ; il en est de même de la décision du ministère du travail du 2 août 2021 qui a confirmé la décision de l'inspection du travail ;
- la décision de l'inspecteur du travail est insuffisamment motivée dès lors qu'elle n'explicite pas en quoi le poste proposé ne constituait pas une modification de son contrat de travail mais un simple changement de ses conditions de travail ; il en est de même de la décision du ministère du travail du 2 août 2021 qui a confirmé la décision de l'inspection du travail ;
- le seul grief qui lui est reproché tiré du refus d'accepter un simple changement de ses conditions de travail n'est pas fautif ; aucun fait fautif ne peut lui être imputé dans la mesure où la proposition de poste s'analyse en une modification du contrat de travail ;
- les faits reprochés ne sauraient caractériser une faute d'une gravité suffisante dès lors qu'il n'est pas contestable que l'employeur a eu un comportement fautif, que sur 13 ans de carrière il ne s'est vu infliger aucune sanction et il n'est justifié d'aucun préjudice ;
- les éléments versés aux débats font ressortir que la procédure est liée à l'exercice de son mandat.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2022, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les moyens dirigés contre la décision expresse ministérielle du 2 août 2021 ayant confirmé la décision de l'inspecteur du travail du 5 février 2021 sont inopérants ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 4 février 2022 et le 9 juillet 2024, la société Ghestem Nantes, représentée par Me Guillouet conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Keiflin,
- et les conclusions de M. Joos, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B a été recruté le 16 juin 2008 en qualité de chauffeur poids-lourd en contrat à durée indéterminée au sein de la société SN CGVL. Il a été désigné le 3 juillet 2020 puis régularisé le 18 septembre suivant en qualité de représentant de la section syndicale CGT. La société SN CGVL ayant connu d'importantes difficultés financières a, par jugement du tribunal de commerce de Lyon du 2 mars 2020, fait l'objet d'un redressement judiciaire et d'un rachat partiel par la société Ghestem Nantes, entreprise spécialisée dans le transport routier de fret interurbain, avec un transfert au 3 mars 2020. La société Ghestem Nantes a, par courrier du 21 décembre 2020, sollicité de l'inspecteur du travail l'autorisation de procéder au licenciement pour faute de M. B du fait de son refus d'une proposition de poste de travail différent de celui précédemment exercé. Par une décision du 5 février 2021, l'inspecteur du travail a accordé l'autorisation de licenciement sollicitée en considérant que les faits reprochés caractérisaient une faute d'une gravité suffisante. M. B a formé le 27 mars 2021 un recours hiérarchique contre cette décision, qui a été implicitement rejeté. Par une décision du 2 août 2021, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a confirmé la décision de l'inspecteur du travail.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les vices propres de la décision ministérielle
2. Les décisions prises sur recours hiérarchique par le ministre ne se substituent pas aux décisions de l'inspecteur du travail, dès lors que ce recours ne présente pas un caractère obligatoire. Ainsi, la demande tendant à l'annulation de la décision du ministre rejetant le recours hiérarchique exercé contre la décision de l'inspecteur du travail doit être regardée comme tendant également à l'annulation de cette dernière décision.
3. Lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur la demande d'autorisation de licenciement formée par l'employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision du ministre ne peuvent être utilement invoqués, au soutien des conclusions dirigées contre cette décision. En conséquence, les moyens tirés, d'une part, de l'incompétence du signataire et, d'autre part, de l'insuffisance de motivation de la décision ministérielle ne peuvent qu'être écartés comme inopérant.
En ce qui concerne la légalité de la décision de l'inspecteur du travail
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2421-3 du code du travail dans sa rédaction applicable au litige : " () La demande d'autorisation de licenciement est adressée à l'inspecteur du travail dont dépend l'établissement dans lequel le salarié est employé. Si la demande d'autorisation de licenciement repose sur un motif personnel, l'établissement s'entend comme le lieu de travail principal du salarié. () ".
5. D'une part, l'inspecteur du travail ayant autorisé le licenciement de M. B est M. C A, affecté au secteur 7 " transport " du département de l'Eure-et-Loir. Ainsi, la compétence de l'inspecteur du travail est matériellement établie du fait de l'activité de transport routier et fret interurbain de la société Ghestem Nantes.
6. D'autre part, la demande de licenciement du salarié repose sur un motif personnel et celui-ci occupait un poste de conducteur routier, par nature itinérant, et était administrativement rattaché à l'établissement de Sancheville, unique établissement de la société Ghestem Nantes. Étant donné que l'inspecteur du travail territorialement compétent lorsque le salarié est itinérant est celui en charge du contrôle du site de rattachement du salarié, l'inspecteur du secteur 7 du département d'Eure-et-Loir dont dépend la commune de Sancheville était territorialement compétent pour autoriser son licenciement.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2411-5 du code du travail : " Le licenciement d'un délégué du personnel, titulaire ou suppléant, ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail () ". Aux termes de l'article R. 2421-4 du même code : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat () ".
8. Le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément aux dispositions mentionnées ci-dessus impose à l'autorité administrative, saisie d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé fondée sur un motif disciplinaire, de mettre à même l'employeur et le salarié de prendre connaissance de l'ensemble des éléments déterminants qu'il a pu recueillir, y compris des témoignages, et qui sont de nature à établir ou non la matérialité des faits allégués à l'appui de la demande d'autorisation.
9. M. B soutient que l'inspecteur du travail, dans sa décision du 5 février 2021, vise deux courriels des 22 janvier et 25 janvier 2021 qui n'ont nullement été communiqués à l'employeur et qu'il en résulte que le principe du contradictoire n'a pas été respecté. Toutefois, il ressort de la décision attaquée que M. B a pu expliquer les raisons de son refus du poste proposé lors de l'enquête contradictoire effectuée le 22 janvier 2021 et que les courriels du 22 janvier et 25 janvier 2021 ont été adressés à l'issue de cette enquête. Dans ces conditions, la circonstance que M. B ait adressé deux courriels à l'inspecteur du travail les 22 janvier et 25 janvier 2021 pour lui faire part des raisons complémentaires ayant motivé son refus et de sa décision d'accepter le poste proposé, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le directeur des ressources humaines de la société Ghestem Nantes a été destinataire du courriel du 25 janvier 2021 faisant référence à celui du 22 janvier 2021, sur lequel il a d'ailleurs formulé des observations par courriel du 28 janvier suivant, ne permet pas de considérer que le principe du contradictoire a été méconnu. Par suite, le moyen doit, en tout état de cause, être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 2421-5 du code du travail : " La décision de l'inspecteur du travail est motivée () ". En l'espèce, la décision de l'inspecteur du travail indique que l'autorisation de licencier M. B a été accordée pour un motif disciplinaire, que la société a formulé une proposition de poste de travail de conducteur routier correspondant à sa qualification, situé dans la zone géographique de son domicile et qui est conforme aux restrictions d'aptitude formulées par le médecin du travail, et qu'il n'existe pas de lien entre la mesure de licenciement et le mandat de représentant de section syndicale détenu par M. B.
11. M. B soutient que la décision de l'inspecteur du travail du 5 février 2021 est insuffisamment motivée dès lors qu'elle n'explicite pas en quoi le poste proposé ne constituait pas une modification de son contrat de travail mais un simple changement de ses conditions de travail. Toutefois, s'il appartenait à l'inspecteur du travail, qui avait à apprécier si la proposition de poste constituait une modification de son contrat de travail, de motiver sa décision sur ce point, la décision attaquée qui mentionne que la proposition de poste faite à M. B constitue un changement des conditions de travail est ainsi suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
12. En quatrième lieu, le refus opposé par un salarié protégé à un changement de ses conditions de travail décidé par son employeur en vertu, soit des obligations souscrites dans le contrat de travail, soit de son pouvoir de direction, constitue, en principe, une faute. L'employeur, s'il ne peut directement imposer au salarié le changement, doit, sauf à y renoncer, saisir l'inspecteur du travail d'une demande d'autorisation de licenciement. Dans ce cas, l'autorité administrative doit, après s'être assurée que la mesure envisagée ne constitue pas une modification du contrat de travail de l'intéressé, apprécier si le refus du salarié constitue une faute d'une gravité suffisante pour justifier l'autorisation sollicitée, compte tenu de la nature du changement envisagé, de ses modalités de mise en œuvre et de ses effets, tant au regard de la situation personnelle du salarié, que des conditions d'exercice de son mandat.
13. Pour autoriser le licenciement de M. B, l'inspecteur du travail a retenu qu'il ressortait des pièces qui lui avaient été communiquées que le refus fautif de la modification des conditions de travail est suffisamment grave compte tenu de la récurrence des refus opposés par le salarié et que la demande d'autorisation ne présente pas de lien avec le mandat exercé par le salarié.
14. Si M. B reconnaît avoir refusé la proposition de poste de travail qui lui a été faite, il conteste le caractère fautif de son refus en soutenant que la proposition de poste s'analyse en une modification de son contrat de travail.
15. Il est constant que suite à la perte par la société CGVL du contrat commercial avec son client GEFCO, M. B qui travaillait exclusivement avec ce client, s'est retrouvé sans activité à compter du mois de novembre 2019, qu'il a bénéficié d'une dispense d'activité avec maintien de sa rémunération au mois de février 2020 et qu'il a été placé en activité partielle à compter du mois de mars 2020 en raison du contexte de crise sanitaire.
16. Il ressort des pièces du dossier que M. B a refusé une proposition de poste en affrètement formulée par courriers de la société Ghestem Nantes des 6 août 2020, 13 août 2020 et 18 septembre 2020 avec une prise de service entre 5 heures et 6 heures le matin. Par ailleurs, il n'est pas contesté que M. B ne s'est pas présenté aux deux entretiens préalables auxquels il a été convoqué par courriers des 21 septembre 2020 et 12 octobre 2020 et qu'il s'est vu infliger une mise à pied d'une journée par courrier du 3 novembre 2020. Il ressort également du courrier du 17 novembre 2020 que l'employeur du salarié a fait évoluer sa proposition de poste initiale en l'adaptant aux préconisations issues du dernier avis médical du 12 novembre 2020 rendu par le médecin du travail avec une prise de service au plus tôt à 7 heures. La circonstance que l'employeur de M. B n'ait repris contact avec lui que le 21 juillet 2020 pour évoquer les conditions de reprise de son poste et qu'une proposition de poste ne lui ait pas été adressée avant le courrier du 6 août 2020, soit cinq mois après la reprise effective de la société CGVL par la société Ghestem Nantes, est sans incidence sur le caractère fautif du fait reproché à M. B.
17. En outre, il ressort des pièces du dossier que la proposition de poste de travail formulée à M. B, rendue nécessaire par l'évolution de l'activité de la société ainsi que rappelé au point 12 et dont les conditions sont similaires à celles du poste occupé en dernier lieu par le salarié, était conforme aux qualifications et expériences de M. B et n'impliquait aucune modification concernant son lieu de travail, la répartition de ses horaires, le contenu de son poste et sa rémunération. La circonstance que le poste proposé au salarié consistait en des missions d'affrètement auprès de clients multiples et non comme auparavant sur une ligne fixe auprès d'un client dédié avec des flux réguliers et des horaires fixes, et que la proposition ait pu évoluer en dernier lieu vers un poste dans le cadre de flux réguliers auprès d'un client dédié avec l'organisation de relais entre deux conducteurs, alors que son contrat de travail stipulait qu'il n'était pas affecté à une ligne déterminée, n'est pas de nature à caractériser une modification de son contrat de travail.
18. Il résulte de ce qui précède que la proposition de poste formulée par son employeur à M. B ne constituait pas une modification de son contrat de travail mais un simple changement dans ses conditions de travail décidé par l'employeur dans le cadre de son pouvoir de direction. Par suite, le moyen tiré du caractère non fautif du seul grief qui lui est reproché doit être écarté.
19. En cinquième lieu, M. B soutient que son employeur a eu un comportement fautif compte tenu de sa mise à l'écart pendant plusieurs mois sans lui proposer de travail. Toutefois, il n'est pas contesté que le salarié n'exerçait plus d'activité professionnelle depuis le mois de novembre 2019 suite à la perte de la ligne auprès du client GEFCO et qu'il a été placé en activité partielle lors de la reprise de son contrat de travail en raison du contexte sanitaire. En outre, M. B soutient que son employeur a également eu un comportement fautif du fait de sa mise à l'écart du processus électoral, sans toutefois l'établir. Enfin, eu égard à ce qui a été dit aux points 9 à 14, la proposition de poste ne saurait s'analyser en une modification de son contrat. La circonstance, d'une part, qu'en 13 ans de carrière, le salarié ne s'est vu infliger aucune sanction et, d'autre part, que la société Ghestem Nantes ne justifie d'aucun préjudice, n'est pas de nature à affecter la légalité de la décision attaquée.
20. Dans ces conditions, le refus réitéré de M. B d'accepter le simple changement de ses conditions de travail, décidé par son employeur dans l'exercice de son pouvoir de direction, refus susceptible d'entraîner une désorganisation au sein de la société, a constitué une faute d'une gravité suffisante pour justifier un licenciement. La circonstance que le salarié a, par courriel du 25 janvier 2021, fait part à l'inspecteur du travail de sa volonté d'accepter le poste proposé, alors qu'il a refusé précédemment la proposition de poste à trois reprises et n'a ainsi exercé aucune activité entre les mois d'août 2020 et février 2021, n'a pas d'incidence sur la gravité du fait reproché. Par suite, le moyen tiré de ce que le fait reproché ne caractérise pas une faute d'une gravité suffisante doit être écarté.
21. En sixième lieu, en vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement de l'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé.
22. D'une part, M. B soutient que la procédure de licenciement est liée à l'exercice de son mandat, et notamment que son employeur aurait exercé des pressions sur les représentants du personnel dans le contexte de la reprise par la société Ghestem Nantes. Si le requérant produit des témoignages de représentants du personnel, sous forme d'échanges de courriels postérieurement à son licenciement, visant à dénoncer les tentatives de déstabilisation
de la part de la direction dans le cadre du processus de reprise et que M. B soutient être victime d'actes discriminatoires de la société repreneuse, ces éléments ne sont pas suffisants pour caractériser l'existence d'un lien entre la procédure de licenciement et l'exercice de son mandat.
23. D'autre part, M. B soutient que son licenciement est lié à sa mise à l'écart par son employeur du processus électoral. Il conteste avoir été informé de l'organisation des élections professionnelles pour pouvoir y participer et soutient que son employeur a sciemment empêché la CGT de présenter des candidats et ainsi l'a empêché de présenter sa candidature aux élections professionnelles. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la société Ghestem Nantes a, par note de service du 26 mai 2020, informé le personnel de l'organisation du premier tour des élections du comité social et économique. En outre, il ressort des pièces du dossier que la société Ghestem Nantes a invité les organisations syndicales dont la CGT à participer à la réunion de négociation du protocole d'accord préélectoral (PAP) le 15 juin 2020 et que M. B a été rendu destinataire de l'invitation à négocier le PAP adressé à la CGT ainsi que du matériel de vote par correspondance. La circonstance que cette invitation ait été adressée à la CGT située à Montreuil n'a pas d'incidence sur la régularité du processus électoral. Au demeurant, M. B a reconnu lui-même lors de la contre-enquête ne pas avoir déposé de liste et l'inspecteur du travail a étudié la question d'une entrave à la candidature du salarié aux dernières élections professionnelles et n'y a pas donné suite. Dès lors, le moyen tiré du lien invoqué par le requérant entre son licenciement et l'exercice de son mandat syndical doit être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Ghestem Nantes et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la société Ghestem Nantes la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à la société Ghestem Nantes et à la ministre du travail et de l'emploi.
Copie en sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités du Centre-Val de Loire.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Keiflin, première conseillère,
M. Garros, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
Laura KEIFLIN
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
La greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026