mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103496 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2021, M. A D demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Châteauneuf en Thymerais a délivré un permis d'aménager à la société MVH, pour la réalisation de travaux de viabilisation de parcelles et la création de six lots à bâtir ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Châteauneuf-en-Thymerais la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la société MVH, qui ne justifie pas être propriétaire du terrain d'assiette du projet, n'a pas la qualité pour solliciter le permis d'aménager attaqué ;
- le projet porte atteinte à son droit de propriété en méconnaissance de l'article 544 du code civil ;
- le maire de la commune a commis une fraude en délivrant le permis d'aménager attaqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, la commune de Châteauneuf-en-Thymerais, représentée par Me Tissier-Lotz, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. D la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne produit pas l'acte attaqué en méconnaissance de l'article R. 412-1 du code de justice administrative ;
- la requête est irrecevable dès lors le requérant ne justifie pas du caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien, en méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie pas de son intérêt à agir en méconnaissance de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie pas avoir accompli la notification exigée à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 5 novembre 2021 et le 17 février 2022, la société MVH, représentée par Me Gibier, conclut rejet de la requête et demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
- de condamner M. D à lui verser la somme globale de 7 682 euros en raison des préjudices subis et la somme de 3 500 euros en raison d'une procédure abusive en application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;
- de mettre à la charge de M. D la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors le requérant ne justifie pas avoir accompli la notification exigée à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne produit pas l'acte attaqué en méconnaissance de l'article R. 412-1 du code de justice administrative ;
- la requête est irrecevable dès que lors le requérant ne justifie pas du caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien, en méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions formées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Defranc-Dousset, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tissier-Lotz, représentant la commune de Châteauneuf-en-Thymerais, et de Me Meheust, représentant la société MVH.
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 mars 2021, la société MVH a déposé une demande de permis d'aménager, pour la réalisation de travaux de viabilisation de parcelles et la création de six lots à bâtir. Par l'arrêté attaqué du 26 juillet 2021, le maire de la commune de Châteauneuf en Thymerais a délivré le permis d'aménager sollicité. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2021.
Sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de () de recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () ".
3. Il appartenait au requérant, en application des dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, de notifier son recours à la société MVH et au maire de la commune de Châteauneuf-en-Thymerais, auteur de l'arrêté attaqué. Toutefois le requérant n'a pas justifié avoir notifié son recours dans les conditions prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, malgré l'invitation qui lui a été faite par le tribunal de régulariser sa requête. Par suite, la fin de non-recevoir doit être accueillie.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation, du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. () ".
5. Par un courrier du 25 octobre 2021, le tribunal a invité le requérant à produire, dans un délai de quinze jours suivant la réception de ce courrier, une pièce susceptible de justifier son occupation régulière d'un bien. Toutefois, le requérant n'a pas adressé au tribunal la pièce sollicitée, malgré l'invitation qui lui a été faite par le tribunal de régulariser sa requête. Par suite, la fin de non-recevoir doit être accueillie.
6. Il en résulte, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir, que la requête est irrecevable et doit être rejetée.
Sur les conclusions présentées par la société MVH sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
7. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel ".
8. La société MVH demande la condamnation de M. D en raison du comportement abusif que traduirait l'action contentieuse engagée par lui devant le tribunal contre le permis d'aménager du 26 juillet 2021. Elle produit plusieurs décisions du juge judiciaire, antérieures à la requête, rendues entre 2014 et 2021, à la suite de nombreuses actions introduites par la société DM Prince C, représentée par le requérant, contre la société MVH, laquelle a été déclarée adjudicataire d'un bien immobilier occupé sans droit ni titre par la société DM Prince C, situé à l'adresse du terrain d'assiette du projet. De plus, il résulte de l'instruction que par un jugement du 24 avril 2019, le tribunal de grande instance de Chartres a ordonné l'expulsion de la société DM Prince C des locaux qu'elle y occupait et qu'il a été procédé à son expulsion le 23 août 2019. En outre, par un arrêt du 14 janvier 2021, la Cour d'appel de Versailles a condamné cette société à payer à la société MVH une amende de 3 000 euros en raisons de " moyens de défense d'une évidente inanité et manifestement dilatoires ". En outre, la société MVH soutient, sans être contestée, que le requérant ne justifie, dans la présente instance, ni d'un intérêt à agir ni du caractère régulier de l'occupation d'un bien situé sur le terrain d'assiette du projet. Dans ces conditions, le recours du requérant doit être regardé comme ayant été mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de sa part.
9. La société MVH demande à être indemnisée de la somme de 5 682 euros au titre d'un manque à gagner en raison du report des ventes des lots à bâtir, estimé à 2 % du chiffre d'affaires, lequel correspond, selon une attestation notariale, à la somme des prix de vente des lots. De plus, la société MVH soutient qu'elle sera conduite à engager de nouveaux frais afin de rechercher de nouveaux acquéreurs en raison de la rétractation de deux d'entre eux, et évalue ces dépenses à 2 000 euros. Si la société MVH justifie d'un préjudice financier réel et certain en raison du report des ventes des six lots projetés, elle n'établit pas, à la date du jugement, des dépenses induites par la rétractation de deux des acquéreurs. Par suite, M. D est condamné à verser la somme de 5 862 euros à la société MVH au titre de dommages et intérêts.
Sur le caractère abusif de la requête présentée par M. D :
10. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner M. D à payer une amende de 1 000 euros au titre de ces dispositions pour requête abusive.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Châteauneuf-en-Thymerais qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la commune de Châteauneuf-en-Thymerais et non compris dans les dépens et une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la société MVH et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera à la société MVH une somme de 5 682 euros au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.
Article 3 : Une amende de 1 000 euros est infligée à M. D en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Article 4 : M. D versera à la commune de Châteauneuf-en-Thymerais une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : M. D versera à la société MVH une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à la commune de Châteauneuf-en-Thymerais et à la société MVH.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Montes-Derouet, présidente,
Mme Dumand, première conseillère,
Mme Pajot, conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
Séverine B
La présidente, première conseillère
faisant fonction de présidente,
Isabelle MONTES-DEROUETLa greffière
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026