jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARIOU LEVEQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 octobre 2021 et le 29 mars 2022, A E B, représentée par la SCP d'avocats Cariou-Lévêque, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou la mention " salarié " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail, dans les huit jours et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 2 000 euros à verser à son conseil.
A B soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, dès lors qu'il n'est pas fondé sur sa situation individuelle ; les dispositions de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 et celles des articles L. 211-2 à L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration ont ainsi été méconnues ;
- le préfet de Loir-et-Cher a méconnu les dispositions du 5° de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle était titulaire d'un récépissé avec autorisation de travail valable jusqu'au 10 juin 2021, dont elle a sollicité le renouvellement ; le préfet aurait dû d'abord se prononcer sur cette demande ; si le préfet fait valoir que l'article L. 511-1 a été abrogé, il en est de même de l'article L. 611-1 sur lequel le préfet a fondé juridiquement son arrêté et toute son argumentation ;
- le préfet n'a pas répondu à tous les moyens de droit qu'elle invoquait au soutien de sa demande de titre de séjour, dès lors que l'arrêté attaqué ne mentionne pas le fait qu'elle travaillait et avait un second emploi ;
- sa situation justifiait qu'elle obtienne un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet de Loir-et-Cher a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celles de l'article 3 § 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais reprises à l'article L. 721-4 du même code ;
- l'arrêté attaqué est illégal dès lors que lorsqu'il a été pris il n'existait aucune perspective raisonnable d'éloignement en raison de l'épidémie de covid-19 ;
- le délai de trente jours qui lui est laissé pour quitter le territoire français est insuffisant.
Par un mémoire enregistré le 2 mars 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. A B, ressortissante albanaise née le 5 août 1984, est entrée irrégulièrement en France le 3 novembre 2016 avec ses deux enfants mineurs, selon ses déclarations. Après le rejet de sa demande tendant à la reconnaissance de la qualité de réfugiée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 28 avril 2017, et par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 10 octobre 2017, elle a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par arrêté du 9 novembre 2017 du préfet de Loir-et-Cher. Le recours formé par A B contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du 12 janvier 2018 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif d'Orléans. Le 17 février 2018, A B a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour qui a été rejetée par une décision du 9 mars 2018. Le 18 mars 2019, A B a présenté une nouvelle demande de titre de séjour. La requérante demande l'annulation de l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. L'arrêté attaqué, qui vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de Loir-et-Cher a fait application, notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 611-1 (3°), indique de manière suffisamment précise les considérations de fait propres à la situation de A B sur lesquelles le préfet, qui n'était pas tenu d'indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressée, s'est fondé pour rejeter sa demande et pour lui faire obligation de quitter le territoire français.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Loir-et-Cher n'aurait pas pris en compte l'ensemble des éléments qui lui étaient soumis par A B, alors en particulier que si le courrier adressé au préfet le 6 avril 2021 par le conseil de la requérante faisait état de missions ponctuelles accomplies pour les sociétés Limpa Chambord et Eureka, il n'était invoqué la conclusion d'aucun contrat de travail avec ces sociétés.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
6. A B fait valoir qu'elle réside en France depuis le mois de novembre 2016 avec ses deux enfants, qui sont nés le 30 mars 2010 et le 24 janvier 2014 et qui sont désormais scolarisés en France, que son mari, dont elle était séparée, est lui-même entré en France le 30 octobre 2018 et qu'ils ont à nouveau une communauté de vie depuis la fin de l'année 2019. A B fait également état de ses efforts d'insertion, tant sociale que professionnelle, ainsi que des efforts d'insertion de son conjoint. Elle produit à l'appui de sa requête plusieurs attestations favorables, émanant notamment de la directrice de l'école dans laquelle ses enfants sont scolarisés.
7. Toutefois, la présence de A B en France - où elle s'est maintenue en dépit de la mesure d'éloignement qui a été prise à son encontre dès le 9 novembre 2017 - était encore relativement récente à la date de l'arrêté attaqué. Si elle a bénéficié auprès d'une association caritative de contrats à durée déterminée d'insertion à temps partiel du mois de janvier 2020 au mois de juin 2021, elle ne justifie pas de perspectives sérieuses d'insertion professionnelle, alors d'ailleurs que la note du 18 février 2021 qu'elle produit relève que ses freins linguistiques sont pour le moment une barrière très importante. Si son conjoint vit désormais avec elle en France, il est lui-même l'objet d'un arrêté du 7 janvier 2020 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français qui, contrairement à ce que soutient A B, reste exécutoire. La situation des deux enfants mineurs du couple est indissociable de celle de leurs parents et rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans le pays d'origine de la requérante, alors notamment qu'il n'est pas établi que les enfants ne pourraient pas être scolarisés en Albanie et nonobstant les circonstances, d'une part, qu'ils suivent une scolarité satisfaisante en France, d'autre part, que la scolarité offerte en Albanie n'est pas celle donnée en France. Par suite, le préfet, en refusant de délivrer un titre de séjour à A B et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a pris ces mesures et n'a par suite pas méconnu les stipulations et dispositions visées au point 5.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
9. Si A B fait état des " persécutions " dont elle et son conjoint auraient fait l'objet dans leur pays d'origine, elle n'apporte aucun élément de preuve ni même d'ailleurs aucune précision à l'appui de telles allégations. Par ailleurs, les autres éléments, rappelés au point 7 ci-dessus, dont A B fait état en ce qui concerne sa situation et celle de sa famille, ne constituent pas des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de délivrer à A B un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
11. Ainsi qu'il a été dit au point 7 ci-dessus, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale soit reconstituée en Albanie, où il n'est pas établi que les enfants mineurs D A B ne pourraient pas être scolarisés. Par suite, et nonobstant les circonstances, d'une part, que les deux enfants suivent une scolarité satisfaisante en France, d'autre part, que la scolarité offerte en Albanie n'est pas celle donnée en France, l'arrêté contesté ne méconnaît pas les stipulations citées au point précédent.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ".
13. Le préfet, pour faire obligation à A B de quitter le territoire français, s'est fondé sur les dispositions citées au point précédent, qui étaient en vigueur à la date de l'arrêté attaqué, contrairement aux dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la requérante cite dans leur rédaction, résultant de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, en vigueur du 1er janvier 2019 au 19 juin 2020 et qui ne peuvent ainsi, en tout état de cause, être utilement invoquées. Dès lors que, par le même arrêté, le préfet de Loir-et-Cher avait refusé de délivrer un titre de séjour à A B, l'intéressée se trouvait dans l'un des cas visés par le 3° de l'article L. 611-1 précité. Par suite, le préfet pouvait l'obliger à quitter le territoire français, sans avoir à statuer préalablement sur sa demande tendant au renouvellement du récépissé qui lui avait été délivré durant l'instruction de sa demande de titre de séjour.
14. En septième lieu, si A B soutient qu'en raison de l'épidémie de covid-19 il n'y avait, à la date de l'arrêté attaqué, aucune possibilité pour elle de retourner en Albanie, une telle circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
15. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas () ".
16. L'arrêté du 18 juin 2021 attaqué impartit à A B un délai de trente jours pour quitter le territoire français. Si la requérante fait valoir l'ancienneté du séjour de sa famille en France, la circonstance qu'elle travaille - ce qui n'est au demeurant pas établi à la date de l'arrêté attaqué, dès lors qu'elle produit un protocole d'accord de rupture anticipée de son contrat à durée déterminée d'insertion qui fixe au 10 juin 2021 la date de cette rupture - ainsi que le fait que ses enfants sont scolarisés, de tels éléments ne suffisent pas à établir que le préfet de Loir-et-Cher aurait entaché son appréciation d'une erreur manifeste en ne lui accordant pas un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, alors en particulier que le délai de trente jours accordé permettait en tout état de cause aux enfants du couple de terminer leur année scolaire.
17. En neuvième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
18. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Loir-et-Cher se serait cru lié par les décisions de l'OFPRA et de la CNDA refusant de reconnaître à A B la qualité de réfugiée et aurait omis de vérifier que la décision fixant le pays de destination - seule décision à l'encontre de laquelle ce moyen est opérant - ne méconnaissait pas les stipulations et dispositions citées au point précédent.
19. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 9, si A B fait état des " persécutions " dont elle et son conjoint auraient fait l'objet dans leur pays d'origine, elle n'apporte aucun élément de preuve ni même d'ailleurs aucune précision à l'appui de telles allégations. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les stipulations et dispositions citées au point 17 en fixant l'Albanie comme pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de A B tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 juin 2021 attaqué doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée au profit du conseil de A B en application de ces dispositions et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à A E B et au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
A Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
L'assesseure la plus ancienne,
Hélène LE TOULLEC
Le président-rapporteur,
Frédéric C
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026