mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103842 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP MERY-RENDA-KARM-GENIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2021, Mme B E veuve A, représentée par Me Karm, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 août 2021 par lequel la préfète du Loiret, préfet de la région Centre - Val de Loire a autorisé Mme F E à exploiter 24ha 96a et 65ca de terres agricoles situées sur le territoire des communes de Trizay-les-Bonneval et de Montharville ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été autorisée à délivrer un congé pour âge, au plus tard pour le 30 septembre 2019, au titulaire actuel du bail rural, Mme G E, âgée de 73 ans à la date d'expiration du bail du 31 mars 2021 ; un litige est pendant devant le tribunal paritaire des baux ruraux ;
- elle est propriétaire en indivision d'1/5ème des terres de Trizay-les-Bonneval et Montharville ;
- Mme F E ne justifie pas avoir informé les membres de l'indivision successorale de sa demande d'autorisation d'exploiter ;
- Mme F E exerce une activité salariée à raison de 37 heures par semaine et n'entend pas cesser cette activité ; le matériel agricole, provenant de sa mère, dont la valeur est estimée à 9 500 euros, est vétuste ; Mme F E a reconnu avoir recours à un prestataire notamment pour la moisson et devra déléguer la totalité des tâches, en méconnaissance des dispositions du code rural ;
- l'exploitation de Mme G E est déficitaire.
Par un mémoire enregistré le 11 février 2022, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- eu égard aux dispositions du schéma directeur régional des exploitations agricoles, les trois demandes concurrentes relevaient du rang de priorité 2 ; l'article 5 du schéma directeur prévoit les modalités de départage de demandes de même rang ; la commission départementale d'orientation agricole a émis un avis le 26 août 2021 ;
- Mme F E a informé les cinq co-indivisaires de sa demande d'autorisation d'exploiter ; la décision litigieuse du 31 août 2021 a été notifiée aux propriétaires indivis ; la préfecture n'avait pas connaissance des ayants-droits de Mme D E, décédée le 24 août 2021 ;
- l'exercice d'une autre activité ne constitue pas un motif de rejet d'une demande d'autorisation d'exploiter ; seul un contrôle a posteriori est susceptible d'établir une fraude ; l'insuffisance du matériel, l'absence d'exploitation personnelle alléguée, l'insuffisance de liquidités du demandeur, s'ils sont mentionnés à l'article L. 411-59 du code rural et de la pêche maritime relatif au fermage, ne justifient pas un refus d'autorisation d'exploiter ; la situation de l'exploitation de Mme G E est également sans incidence.
Par un mémoire enregistré le 5 septembre 2024, Mme F E, représentée par Me Poisson, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son intervention est recevable ;
- elle a informé l'ensemble des propriétaires de sa demande d'autorisation d'exploiter ;
- le fait d'avoir une activité extérieure est sans incidence sur la demande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jaosidy,
- les conclusions de M. Lombard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Mme F E a présenté le 31 mars 2021 une demande d'autorisation d'exploiter des terres agricoles cadastrées section ZI13, ZI54, ZI55, ZN2, A43, A44, ZD27, ZI18, ZI71 et ZN24 sises sur le territoire de la commune de Trizay-les-Bonneval et celles cadastrées section ZH18, ZH21 et ZH27, sises sur le territoire de la commune de Montharville dans le département d'Eure-et-Loir, pour une superficie totale de 24,96 ha. Deux autres candidatures présentées par des demandeurs ayant la capacité professionnelle requise ont été déposées le 20 mai 2021 et le 23 juin 2021 s'agissant des parcelles précitées. L'offre de Mme F E a obtenu la note définitive de 0 points, les offres concurrentes les notes de 30 points et de 20 points. Par un arrêté du 31 août 2021, la préfète du Loiret a fait droit à la demande de Mme F E. Mme C A veuve E, agissant en qualité de propriétaire indivis d'un cinquième des terres objet de la demande d'autorisation d'exploiter litigieuse, demande l'annulation de l'arrêté précité du 31 août 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 331-4 du code rural et de la pêche maritime : " () Si la demande porte sur des biens n'appartenant pas au demandeur, celui-ci doit justifier avoir informé par écrit de sa candidature le propriétaire ". Aux termes de l'article L. 312-1 du même code : " III.- Le schéma directeur régional des exploitations agricoles établit, pour répondre à l'ensemble des objectifs et orientations mentionnés au I du présent article, l'ordre des priorités entre les différents types d'opérations concernées par une demande d'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2, en prenant en compte l'intérêt économique et environnemental de l'opération () ". Il ressort des pièces du dossier que Mme F E a signifié par voie d'huissier aux cinq propriétaires en indivision des parcelles mentionnées au point 1, dont la requérante, sa demande d'autorisation d'exploiter. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 331-4 précité du code rural et de la pêche maritime doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 331-6 de ce code : " III.- Le préfet de région notifie sa décision aux demandeurs, aux propriétaires et aux preneurs en place par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé. Cette décision fait l'objet d'un affichage à la mairie de la commune sur le territoire de laquelle sont situés les biens. Elle est publiée au recueil des actes administratifs ". Les conditions de publicité d'un acte étant sans incidence sur leur légalité, ce moyen, qui d'ailleurs manque en fait, doit être écarté comme inopérant.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 331-2 du code rural et de la pêche maritime : " I.- Sont soumises à autorisation préalable les opérations suivantes : () /3° Quelle que soit la superficie en cause, les installations, les agrandissements ou les réunions d'exploitations agricoles au bénéfice d'une exploitation agricole : a) Dont l'un des membres ayant la qualité d'exploitant ne remplit pas les conditions de capacité ou d'expérience professionnelle fixées par voie réglementaire () ". Le schéma directeur régional des exploitations agricoles de la région Centre-Val de Loire fixe en son article 3 l'ordre des priorités entre les différents types d'opérations et précise que sont classées avec un ordre de priorité 1 les demandes d'installation et de confortation d'exploitation viables et de priorité 2 tous les autres types d'installation. L'article 5 de ce schéma directeur définit les critères d'appréciation de l'intérêt économique et environnemental prévu à l'article L. 312-1. Il ressort des pièces du dossier que les trois offres présentées ont été classées dans un ordre de priorité 2. Le schéma départemental d'orientation agricole dispose que dans le cas de demandes concurrentes ayant le même objet et relevant d'un même ordre de priorité, l'autorité administrative recourt aux critères définis à l'article 5 afin d'éclairer sa décision.
5. Si la requérante soutient que Mme F E exerce une activité salariée de 37 heures par semaine à laquelle elle n'entend pas renoncer, il ne ressort toutefois d'aucune disposition sus énoncées du code rural et de la pêche maritime comme du schéma départemental d'orientation agricole que cette circonstance fait obstacle à la délivrance d'une autorisation d'exploiter. Il en va de même de la circonstance, au demeurant non établie, tirée de ce que Mme F E ne dispose pas du matériel suffisant pour exploiter une surface cultivable de plus de 24 hectares, que l'exploitation actuelle de ces terres par Mme G E, preneur en place, serait déficitaire ou que Mme F E devrait confier la gestion de l'intégralité de son exploitation à un tiers. Au demeurant, une pénalité de 30 points a été appliquée à la demande de Mme F E afin de tenir compte de sa qualité d'exploitant à titre secondaire mais exploitant personnellement les terres. Ce moyen doit par suite être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme B A veuve E doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la requérante. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme C A veuve E la somme de 1 000 euros sur le fondement de ces dispositions au profit de Mme F E en sa qualité de défendeur.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B A veuve E est rejetée.
Article 2 : Mme A veuve E versera à Mme F E la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A veuve E, à Mme F E et au préfet de la région Centre - Val de Loire .
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deliancourt, président,
M. Jaosidy, premier conseiller,
Mme Bardet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Jean-Luc JAOSIDY
Le président,
Samuel DELIANCOURT
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026