vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103902 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 novembre 2021 et le 20 juin 2022, M. B A, représenté par Me Aubry, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2021 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'avis de la commission du titre de séjour a été émis de façon irrégulière ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- la décision de refus de titre de séjour attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français attaquée, qui est dépourvue de base légale, doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision lui refusant le séjour ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 30 novembre 2021, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 2 juin 2002, est entré en France le 1er avril 2016, muni d'un visa D, délivré dans le cadre d'un regroupement familial, valable du 11 mars 2016 au 9 juin 2016. A sa majorité, il a, le 9 juillet 2020, présenté une demande de titre de séjour. Par un arrêté du 1er juillet 2021, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, au motif que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet a saisi pour avis la commission du titre de séjour et que l'intéressé, qui ne s'est pas présenté devant la commission qui s'est réunie le 16 mars 2021, a été régulièrement convoqué. Par ailleurs, l'avis lui a été transmis. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la commission du titre de séjour a été saisie et a émis un avis dans des conditions irrégulières.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A, né le 2 juin 2002, est entré en France le 1er avril 2016, à l'âge de treize ans et dix mois, accompagné de sa mère et de son frère cadet Raïd, dans le cadre d'un regroupement familial sollicité par son beau-père. En conflit avec ce dernier, le requérant a fui le domicile familial à l'âge de seize ans et a multiplié les actes répréhensibles. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport du service territorial éducatif de milieu ouvert et d'insertion (STEMOI) de Blois établi le 20 janvier 2020, que s'il n'a fait l'objet, à la date de l'arrêté attaqué, d'aucune peine d'emprisonnement, les faits commis entre juillet 2018 et juillet 2019, alors qu'il était encore mineur, qualifiés de " recel de bien provenant d'un vol ", " usage illicite de stupéfiants ", " port sans motif légitime d'une arme blanche ou incapacitante de catégorie D ", " dégradation ou détérioration ", " conduite d'un véhicule sans être titulaire du permis de conduire " et " vols aggravés par deux circonstances ", ont donné lieu à des placements en centre éducatif fermé du 13 décembre 2018 au 13 juin 2019 et en centre éducatif renforcé du 7 août 2019 au 20 décembre 2019. Eu égard au caractère répété, récent et grave des infractions commises, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant, le 1er juillet 2021, que la présence en France de M. A constituait une menace pour l'ordre public.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Si le requérant se prévaut de la présence en France de sa mère et de son jeune frère, il ressort des pièces du dossier que les relations avec son beau-père font obstacle à ce qu'il vive au domicile familial, ce que le requérant d'ailleurs ne souhaite pas, selon les termes du rapport du STEMOI précité. S'il fait état d'une relation avec une ressortissante française, cette relation, à la supposer établie, est récente à la date de l'arrêté attaqué. En outre, il ne peut être regardé comme faisant preuve d'intégration au regard des faits exposés au point 5, ainsi qu'à la circonstance qu'au moment de l'édiction de l'arrêté attaqué, il était en détention provisoire pour des faits commis le 16 mars 2021, pour refus, par le conducteur du véhicule, d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, dans des circonstances exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité, homicide involontaire par conducteur d'un véhicule terrestre à moteur commis avec au moins deux circonstances aggravantes et blessures involontaires sans incapacité par la violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dénué de toute attache familiale au Maroc. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'établit pas l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et n'est, par suite, pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français attaquée est dépourvue de base légale et doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision lui refusant le séjour.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, l'obligation de quitter le territoire français attaquée ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2021 du préfet de Loir-et-Cher. Les conclusions de la requête doivent, par suite, être rejetées, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
Mme Bailleul, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
La rapporteure,
Hélène C
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026