jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARIOU LEVEQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2021, Mme A H B, représentée par la SCP d'avocats Cariou-Lévêque, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2021 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher d'examiner à nouveau sa demande et de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et dans l'attente de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail, dans les huit jours et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 2 000 euros à verser à son conseil.
Mme H B soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, dès lors qu'il n'est pas fondé sur sa situation individuelle ; les dispositions de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 et celles des articles L. 211-2 à L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration ont ainsi été méconnues ;
- le préfet n'a pas répondu aux moyens de droit qu'elle invoquait au soutien de sa demande de titre de séjour ;
- l'avis qui aurait été rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas été communiqué par le préfet, de sorte qu'il n'est pas possible de vérifier qu'il existe réellement ; la production de cet avis devant le tribunal ne pourra pas régulariser ce vice de procédure ;
- le préfet de Loir-et-Cher a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a méconnu l'article 3 § 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoient la délivrance de plein droit d'un titre de séjour à l'étranger qui ne peut se soigner correctement dans son pays ;
- le préfet, qui devait vérifier que sa décision ne méconnaissait pas l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en fixant la République démocratique du Congo comme pays de destination.
Par un mémoire enregistré le 22 avril 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme H B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. G.
Considérant ce qui suit :
1. Mme H B, ressortissante de la République démocratique du Congo (RDC) née le 17 juillet 1987, est entrée en France le 15 octobre 2016, selon ses déclarations. Après le rejet de sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugiée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 12 juin 2017, et par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 1er décembre 2017, Mme H B a déposé une demande de titre de séjour le 28 mars 2018. Par un arrêté du 5 octobre 2018, le préfet de Loir-et-Cher a rejeté cette demande et a fait obligation à la requérante de quitter le territoire français. Cet arrêté a été annulé par un jugement du 14 mai 2019 du tribunal administratif d'Orléans. Statuant à nouveau sur la demande de Mme H B, le préfet de Loir-et-Cher, par un arrêté du 15 juillet 2020, a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Ce nouvel arrêté a été annulé par un jugement du 16 décembre 2020 du président du tribunal administratif d'Orléans. Le préfet, par un nouvel arrêté du 1er septembre 2021, a rejeté la demande de titre de séjour de l'intéressée, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Mme H B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. L'arrêté attaqué, qui vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de Loir-et-Cher a fait application, indique de manière précise les considérations de fait propres à la situation de Mme H B sur lesquelles le préfet, qui n'était pas tenu d'indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressée, s'est fondé pour rejeter sa demande et pour lui faire obligation de quitter le territoire français. Cet arrêté est ainsi suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet a examiné le droit au séjour de Mme H B au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permettent la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à un étranger en raison de ses liens personnels et familiaux en France, au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du même code, qui permettent la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " à l'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, et enfin au regard des dispositions combinées des articles L. 425-9 et L. 425-10 du même code, qui permettent la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour aux parents étrangers d'un étranger mineur dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme H B aurait demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement d'autres dispositions. Par suite, le moyen tiré d'une " absence de réponse aux moyens de droit invoqués () au soutien de [la] demande de régularisation " doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9 () se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois () / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".
6. D'une part, il ressort des pièces produites par le préfet de Loir-et-Cher que le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rendu les 10 et 14 juin 2021 des avis concernant l'état de santé des deux premiers enfants de la requérante, E Tshibola Mulumba et C H B. Aucune disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'imposait au préfet de communiquer ces avis à Mme H B avant l'intervention de l'arrêté attaqué ou lors de la notification de cet arrêté.
7. D'autre part, le préfet de Loir-et-Cher, se fondant sur les avis mentionnés au point précédent, a estimé, s'agissant de l'enfant E Tshibola Mulumba, que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et que cet état de santé lui permettait de voyager sans risque vers le pays d'origine, et, s'agissant de l'enfant C H B, que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du pays dont il est originaire il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers ce pays. Mme H B indique qu'Ebenezer est suivi par un orthophoniste et que C souffre d'un asthme qui a occasionné plusieurs hospitalisations depuis sa naissance et a entraîné un retard de croissance mais également du développement général de l'enfant. Toutefois, Mme H B ne conteste pas que le défaut de prise en charge médicale d'Ebenezer, à supposer même que cette prise en charge ne puisse être assurée en RDC, n'entraînera pas pour l'enfant des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par ailleurs, en se bornant à faire état, en termes généraux, de la faiblesse des infrastructures médicales en Afrique, ainsi que des conséquences de l'épidémie de covid-19 et des épidémies localisées de maladies à virus Ebola auxquelles la RDC est régulièrement confrontée, la requérante n'apporte pas d'éléments suffisant pour permettre d'établir que la prise en charge que nécessite l'état de santé de C ne serait pas disponible dans ce pays. Enfin, en se bornant à indiquer qu'elle est " sans ressources, sans emploi au pays et sans biens, sans appui familial ", sans apporter plus de précision notamment sur sa situation familiale et sur les raisons pour lesquelles elle ne pourrait pas exercer un emploi dans son pays d'origine, Mme H B n'apporte pas d'éléments permettant de considérer que son enfant ne pourrait pas effectivement bénéficier en République démocratique du Congo des soins que son état de santé nécessite.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
9. Mme H B fait valoir qu'elle est entrée en France au mois d'octobre 2016, accompagnée de son premier enfant, né en RDC le 1er juin 2015, et enceinte du deuxième, qui est né à Châteauroux le 19 décembre 2016. Elle fait valoir qu'elle a donné naissance à un troisième enfant le 3 décembre 2019. Elle indique n'avoir aucune attache familiale dans son pays d'origine et affirme avoir quitté ce pays " il y a une dizaine d'années " - la première de ces assertions n'étant toutefois appuyée par aucune pièce, ni même aucune précision, et la seconde étant contredite par les pièces du dossier, alors notamment que l'enfant E, né en RDC en 2015, a été déclaré le 11 avril 2018 par M. B F, père de la requérante. Mme H B indique que, devenue parfaitement francophone, elle fait d'importants efforts d'insertion, notamment en s'impliquant dans le bénévolat, tout en élevant seule ses trois enfants, dont les deux plus grands sont scolarisés. Elle produit plusieurs attestations, notamment de responsables associatifs, à l'appui de ses dires.
10. Toutefois, la présence de Mme H B en France était encore relativement récente à la date de l'arrêté attaqué. La requérante ne fait état d'aucune perspective d'insertion professionnelle en France. Ainsi qu'il a été dit au point 9 ci-dessus, elle n'apporte aucun élément ni même aucune précision à l'appui de son affirmation selon laquelle elle n'aurait plus d'attaches familiales dans son pays d'origine. La situation de ses enfants mineurs, âgés de six ans, presque cinq ans et presque deux ans à la date de l'arrêté attaqué est indissociable de celle de la requérante et rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale soit reconstituée dans le pays d'origine de Mme H B, alors notamment, premièrement, qu'il résulte de ce qui a été dit au point 7 que l'état de santé des enfants E et C permet leur retour en RDC, deuxièmement, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ces deux enfants ne pourraient pas poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine, troisièmement, qu'il ressort des indications données par la requérante elle-même que ses enfants - et en particulier la jeune D, conçue alors que Mme H B se trouvait sur le territoire français - n'ont aucun lien avec leur père respectif. Par suite, le préfet, en refusant de délivrer un titre de séjour à Mme H B et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a pris ces mesures et n'a par suite pas méconnu les stipulations et dispositions visées au point 8.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
12. Si la requérante fait valoir qu'elle est en danger de mort en cas de retour dans son pays d'origine, en raison de son implication dans un parti politique d'opposition, elle n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de ses allégations et des risques auxquels elle serait exposée en lien avec une activité politique. Le document qu'elle produit, présenté comme la copie d'un mandat d'amener prononcé à son encontre en 2018 sous l'inculpation d'abus de confiance, n'est notamment pas de nature à appuyer utilement de telles allégations, et la circonstance que Mme H B serait poursuivie dans son pays pour abus de confiance ne peut être regardée, à la supposer établie, comme constituant un motif exceptionnel ou une considération humanitaire au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, les éléments, rappelés au point 9 ci-dessus, dont Mme H B fait état en ce qui concerne sa situation personnelle et familiale en France et celle de ses enfants, ne constituent pas des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de délivrer à Mme H B un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
14. Ainsi qu'il a été dit au point 10 ci-dessus, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale soit reconstituée en RDC, alors notamment que l'état de santé des enfants E et C permet leur retour dans ce pays, où par ailleurs il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils ne pourraient pas poursuivre leur scolarité. Par suite, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas méconnu les stipulations citées au point précédent en refusant de délivrer un titre de séjour à Mme H B et en lui faisant obligation de quitter le territoire français.
15. En septième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui s'est substitué à compter du 1er mai 2021 aux dispositions de l'article L. 513-2 du même code invoquées par la requérante : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
16. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Loir-et-Cher se serait cru lié par les décisions de l'OFPRA et de la CNDA refusant de reconnaître à Mme H B la qualité de réfugiée et aurait omis de vérifier que la décision fixant le pays de destination - seule décision à l'encontre de laquelle ce moyen est opérant - ne méconnaissait pas les stipulations et dispositions citées au point précédent.
17. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante - qui ainsi qu'il a été dit au point 12 ci-dessus n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de son implication dans un parti politique d'opposition en RDC et des risques encourus en lien avec une telle activité politique - serait effectivement exposée, en cas de retour dans son pays d'origine, à des risques de torture ou de peines ou traitements inhumains ou dégradants. La production d'un mandat d'amener sous l'inculpation d'abus de confiance, à supposer même ce document probant, ne permet notamment pas d'établir la réalité de risques de cette nature.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme H B tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er septembre 2021 attaqué doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée au profit du conseil de Mme H B en application de ces dispositions et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme H B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A H B et au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
L'assesseure la plus ancienne,
Hélène LE TOULLEC
Le président-rapporteur,
Frédéric G
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026