mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2104081 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 10 novembre 2021 et le 7 juin 2022, et des pièces enregistrées le 22 juin 2022, Mme F B, représentée par Me Petit, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 27 octobre 2021 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret à titre principal de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;
- la préfète n'a pas suffisamment motivé en fait et en droit son arrêté et n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la préfète a entaché ses décisions d'une erreur de droit car son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité et le traitement qu'elle suit ne peut lui être prescrit au Bénin, son pays d'origine ;
- la préfète a entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- ces décisions portent une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elles méconnaissent l'intérêt supérieur de l'enfant.
Par un mémoire enregistré le 7 juin 2022, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par décision du 14 janvier 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée le par Mme B.
Par ordonnance du 8 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 24 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F B, ressortissante béninoise, entrée en France le 28 janvier 2019 munie d'un visa de court séjour, a sollicité la délivrance d'un titre sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 27 octobre 2021 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Benoît Lemaire, secrétaire général de la préfecture du Loiret. Par un arrêté du 4 mai 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme A D, préfète du Loiret, a donné délégation à M. C à l'effet de signer notamment " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret ", à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, cet arrêté mentionne les éléments de fait et de droit sur lesquels son auteur a entendu se fonder, notamment que par un avis du 27 septembre 2021 le collège des médecins de l'OFII a estimé que si l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et voyager sans risque vers ce dernier. Les décisions en litige sont ainsi suffisamment motivées et il ne ressort ni de cette motivation, ni d'aucune pièce du dossier que la préfète du Loiret n'a pas procédé à un examen particulier de la situation de la requérante.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". En vertu de l'article R. 425-15 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, qui a levé le secret médical, est atteinte d'un glaucome. Si ainsi qu'elle l'indique cette affection oculaire chronique conduit à la cécité en l'absence de dépistage et de traitement précoce et efficace, elle n'apporte pas, par la seule production d'un article du " journal français d'ophtalmologie ", au demeurant publié en 2015, sur les " aspects socio-économiques de la prise en charge du glaucome primitif à angle ouvert au Bénin " d'élément de nature à remettre en cause l'appréciation du collège des médecins de l'OFII selon laquelle elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et voyager sans risque vers ce dernier., quand bien même elle indique, au demeurant sans apporter d'élément au soutien de cette allégation, que sa mère décédée le 4 octobre 2021, était atteinte de la même affection et a perdu la vue en raison de l'absence de soins. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du CESEDA doit être écarté.
6. En dernier lieu, si la requérante soutient que l'arrêté en litige porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de l'enfant, devant ainsi être regardé comme soulevant les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, et qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, elle n'apporte aucun élément au soutien de ces moyens autres qu'une attestation selon laquelle elle est bénévole au Secours catholique depuis 2020 et un avis d'impôt établi en 2021 aux termes duquel elle n'a déclaré aucun revenu, permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé, alors qu'au demeurant, aux termes non contestés de l'arrêté en litige elle n'est présente en France que depuis le 28 janvier 2019 et est mère de trois enfants résidant au Bénin où elle a vécu jusqu'à l'âge de 44 ans. Par suite, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction, et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Vincent, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 202La présidente-rapporteure,
Anne E
L'assesseure la plus ancienne,
Laurence VINCENT
La greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026