jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2104117 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HERVOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Dufour, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2021 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", dans un délai de 30 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; subsidiairement, d'enjoindre à la préfète du Loiret de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée, la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente ;
La décision lui refusant la délivrance du titre de séjour sollicité :
- est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
La décision l'obligeant à quitter le territoire français devra être annulée en conséquence de l'annulation de la décision lui refusant la délivrance du titre de séjour sollicité.
Par un mémoire enregistré le 31 mars 2022, la préfète du Loiret, représentée par
Me Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Dufour, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant arménien, né le 3 novembre 1979 est, selon ses déclarations, entré en France une première fois le 10 janvier 2008 en compagnie de son épouse et de ses deux enfants, sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Il a présenté une demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) afin de se voir accorder le statut de réfugié, demande rejetée le 30 mai 2008. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 6 mars 2009. Sa demande de réexamen a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 24 août 2009. En avril 2009,
M. B a présenté une demande de titre de séjour en se prévalant de son état de santé. Sa demande a été rejetée par un arrêté préfectoral du 10 novembre 2011 l'obligeant en outre à quitter le territoire français. Par jugement du 7 juin 2012, le tribunal de céans a rejeté le recours formé à l'encontre de cet arrêté. Par la suite, il a formé trois nouvelles demandes de délivrance de titre de séjour, toutes rejetées par arrêtés préfectoraux. Les recours formés par M. B devant le présent tribunal à l'encontre de ces arrêtés ont également tous été rejetés.
M. B a quitté le territoire français le 8 avril 2017 et indique y être à nouveau entré en décembre 2018 sans cependant pouvoir justifier d'une entrée régulière. Il a sollicité le réexamen de sa demande d'asile le 21 février 2019. Sa demande a été rejetée par l'OFPRA par décision du 25 novembre 2019, rejet confirmé par la CNDA le 1er septembre 2020. M. B a alors présenté une demande de régularisation de sa situation sur le fondement des dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 5 juillet 2021 la préfète du Loiret a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté qui se prononce à la fois sur le droit au séjour de l'intéressé et l'oblige à quitter le territoire français a été signé par M. Benoît Lemaire, Secrétaire général de la préfecture du Loiret, lequel dispose d'une délégation de signature accordée par la préfète du Loiret aux termes d'un arrêté du 27 juillet 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Loiret sous le n° 45-2021-197, à effet notamment de signer : " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports et correspondances relatives aux attributions de l'Etat dans le département du Loiret, (), à l'exception des arrêtés portant élévation de conflit et des réquisitions du comptable public () ", exceptions dont ne relève pas l'arrêté contesté. Cette délégation s'exerce sans qu'il y ait lieu que la préfète soit absente du département. Le moyen manque donc en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
3. En second lieu, aux termes de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". A l'appui de sa demande, M. B se prévaut de la présence sur le territoire de son épouse, en situation régulière, et de ses deux enfants mineurs dans l'éducation desquels il indique être fortement impliqué. Il ajoute ne plus avoir de liens avec sa famille, demeurée dans son pays d'origine, du fait de l'opposition de celle-ci au processus de transition engagé par l'aîné de ses enfants. Il affirme que, l'ensemble de ses attaches se situent sur le territoire français où il est parfaitement intégré, ayant pris des cours de français lors de son premier séjour et ayant travaillé chaque fois que les récépissés délivrés le lui permettaient. Toutefois, il ne justifie pas par les très rares éléments qu'il produit, lesquels concernent son premier séjour en France, principalement la période entre 2009 et 2012, ni la réalité de l'intensité des liens dont il se prévaut ni celle de son intégration sociale et professionnelle. Par suite, il ne démontre pas l'existence de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires de nature à fonder la régularisation de sa situation. Dès lors, c'est sans erreur de droit que la préfète du Loiret a pu lui refuser la délivrance du titre de séjour sollicité.
4. En troisième lieu, pour établir l'atteinte portée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, M. B se prévaut de sa vie maritale avec son épouse, en situation régulière sur le territoire, du soutien moral apporté à l'aîné de ses enfants actuellement engagé dans un protocole de transition, de la nécessité de sa présence auprès de ses enfants et de sa parfaite intégration. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a volontairement quitté le territoire en 2017 pour se rendre à Moscou afin d'y travailler, espérant selon les déclarations faites lors de son audition à l'OFPRA en novembre 2019, être rejoint rapidement par sa famille restée en France. S'il indique être rentré en France pour apporter un soutien moral à l'aîné de ses enfants, il n'en justifie aucunement, les déclarations faites lors de son audition par un officier de protection de l'OFPRA demeurant très ambiguës au regard du choix opéré par son enfant. En outre, ainsi que le fait valoir la préfète, lors de son retour sur le territoire national il n'a pas rejoint son épouse mais s'est installé à Châteauroux, sollicitant d'abord une association puis un compatriote. La circonstance qu'il indique désormais résider avec son épouse ne suffit à établir l'intensité de sa vie privée sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. Enfin, si le requérant soutient que le refus de séjour qui lui est opposé méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, il n'établit pas avoir conservé des contacts avec eux après son départ pour la Russie, ni même l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec eux aujourd'hui. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la préfète, en lui refusant le droit au séjour, aurait méconnu l'intérêt supérieur des enfants. Le moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. En dernier lieu, le refus de titre de séjour opposé à M. B n'étant pas entaché des illégalités alléguées, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination devraient être annulées en conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 juillet 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
Mme Bailleul, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,
Hélène C
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRE
La greffière
Martine DESSOLAS
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026