mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2104148 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ZANATTA DOS ANJOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 novembre 2021 et le 2 juin 2022, Mme E B F, représentée par Me Zanatta, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 12 octobre 2021 du préfet du Cher refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Cher, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa demande ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision précédente ;
- elle méconnaît les articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires enregistrés le 20 décembre 2021 et le 16 juin 2021, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme B F n'a pas été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 14 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Ribet, substituant Me Zanatta, représentant Mme B F.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E B F, ressortissante brésilienne née le 20 septembre 1982, est entrée sur le territoire français en août 2015, de manière régulière. Souhaitant régulariser sa situation, elle a fait une demande d'admission exceptionnelle au séjour par courrier du 21 juillet 2021. Par arrêté du 12 octobre 2021 notifié le 25 octobre 2021 dont elle demande l'annulation, le préfet du Cher a refusé de faire droit à sa demande et a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. A D, sous-préfet de l'arrondissement de Bourges, secrétaire général de la préfecture du Cher, qui bénéficiait d'une délégation de signature accordée par le préfet du Cher aux termes d'un arrêté du 14 septembre 2021, produite par le préfet et régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait propres à la situation de la requérante et qui en constituent le fondement. Dès lors, une telle motivation, au demeurant non stéréotypée contrairement à ce que fait valoir la requérante, satisfait aux exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment du passeport produit par la requérante, qui lui a été délivré le 24 juin 2021 et mentionne à la rubrique " sexo " la lettre " M " qu'elle est, à l'état civil, de sexe masculin. Alors qu'il n'est produit aucun autre document d'état-civil attestant d'un changement de sexe, le préfet du Cher, qui ne saurait se fonder sur la seule photo figurant sur ce passeport, en la dénommant comme étant un individu de sexe masculin n'a pas entaché sa décision d'un défaut particulier d'examen particulier de sa situation, ni, à supposer le moyen soulevé, d'erreur de fait.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. La requérante, célibataire, se prévaut de sa durée de présence sur le territoire français, d'une durée de six ans à la date de la décision attaquée. Toutefois, hormis sa durée de présence qui n'est pas à elle seule de nature à lui conférer un droit au séjour, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'elle possèderait des attaches familiales en France ou témoignerait d'une insertion particulière au sein de la société française, ni davantage qu'elle serait dépourvue de tout lien dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à au moins l'âge de 33 ans. Par suite, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise.
7. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que précédemment, le préfet du Cher n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que sa décision emporte sur sa situation personnelle.
8. En dernier lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, celle-ci ne se confondant pas avec la décision fixant le pays de renvoi même si elle figure matériellement dans le même arrêté. En tout état de cause, si elle se prévaut d'une augmentation importante des homicides commis au Brésil contre les personnes transgenres, en produisant à l'appui un article du journal Le Monde ainsi que d'un rapport de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) sur les violences à leur encontre, elle ne produit aucune pièce de nature à établir qu'elle serait personnellement et actuellement exposée à des risques pour sa vie ou sa liberté en cas de retour au Brésil. Il lui appartient en revanche de saisir l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) de sa situation, si elle s'y croit fondée.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi :
10. En premier lieu, la requérante qui n'établit pas que le refus de titre de séjour qui lui a été opposé serait entaché d'illégalité, n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi qui assortissent ce refus sont dépourvues de base légale.
11. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 8 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B F et au préfet du Cher.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Vincent, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
Laurence C
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026