jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2104224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP TIRARD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 22 novembre 2021, le 26 janvier 2022 et le 4 février 2022, M. G D et Mme C A épouse D, représentés Me Dalibard, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 juin 2021 par laquelle la maire de Saint-Jean de Braye a délivré à la SCCV Ar Pépite un permis de construire ainsi que la décision du 22 septembre 2021 par laquelle elle a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean de Braye une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent dans le dernier état de leurs écritures que :
- ils justifient d'un intérêt à agir dès lors qu'ils sont voisins immédiats du projet et que cette construction créera des vues en direction de leur maison, de leur jardin et de leur piscine de nature à affecter les conditions d'utilisation, d'occupation et de jouissance de leur bien ;
- ils se sont conformés aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- l'auteure de la décision attaquée ne justifie pas d'une délégation de signature, ni de sa publication ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et méconnaît les dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9, R. 431-10 et R. 451-3 du code de l'urbanisme, dès lors notamment qu'il ne comporte pas de notice de présentation permettant de vérifier la réglementation thermique ni de plans suffisamment précis et détaillés faisant apparaître le tracé des raccordements du projet ;
- l'arrêté contesté méconnaît les dispositions des articles R. 111-2 et R. 424-3 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il se contente de renvoyer aux différents avis rendus sans prévoir de prescriptions suffisamment motivées ;
- la maire de Saint-Jean de Braye aurait dû surseoir à statuer dans l'attente de l'adoption du plan local d'urbanisme (PLU) métropolitain ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UB 3.1 du règlement du PLU dès lors que l'emprise au sol des constructions excède 50 % de la superficie du terrain ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 4.1.1 et de l'article 4.3 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU eu égard aux dimensions conséquentes du projet de construction et à son aspect extérieur et à l'absence de respect de la réglementation thermique ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 6 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU dès lors que les plans ne précisent pas le nombre et la taille des places de stationnement et qu'il n'est pas prévu de places de livraison, ce alors que certains des emplacements sont inutilisables ;
- elle est contraire aux prescriptions de l'article 7 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU dès lors que le projet, desservi par une impasse étroite, va générer un risque pour la sécurité, la circulation routière et la collecte des ordures ménagères ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 8 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU dès lors que le projet ne respecte pas les obligations relatives au raccordement au réseau de distribution d'eau potable et au réseau public d'assainissement des eaux usées ;
- elle est illégale dès lors que la seule voie d'accès au projet est une voie privée et qu'il n'est pas établi que le pétitionnaire soit en mesure de l'utiliser ; jusqu'à présent aucun riverain n'avait demandé à utiliser de droit de passage alors que les dix copropriétaires du projet le solliciteraient ;
- elle est illégale dès lors que le projet litigieux implique la destruction de trois conifères pour permettre l'accès aux garages souterrains ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme au vu de la configuration des lieux, de l'ampleur du projet et de l'étroitesse des voies d'accès.
Par des mémoires enregistrés le 27 janvier 2022 et le 17 mars 2022, la commune de Saint-Jean de Braye représentée par Me Tissier-Lotz conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme D.
Elle soutient que les autres moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 23 décembre 2021 et le 17 février 2022, la SCCV Ar Pépite, représentée par Me Rochmann, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable, faute pour les requérants de s'être conformés aux prescriptions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et que les moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Leeson, représentant M. et Mme D, H représentant la commune de Saint-Jean de Braye et de Me Rochmann représentant la SCCV Ar Pépite.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 14 juin 2021, la maire de Saint-Jean de Braye a délivré à la SCCV Ar Pépite un permis de construire un ensemble immobilier de dix logements après démolition d'une maison individuelle sur un terrain situé à l'extrémité d'une voie privée partant du 104 ter avenue Charles Péguy, le passage étant cadastré sur les parcelles CI n° 54 et CI n° 154. M. et Mme D ont formé un recours gracieux contre cet arrêté qui a été rejeté par la maire de Saint-Jean de Braye le 22 septembre 2021. Ils demandent l'annulation de l'arrêté du 14 juin 2021, ainsi que du rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme F B, adjointe déléguée à l'aménagement du cadre de vie, qui bénéficiait d'une délégation de signature de la maire de Saint-Jean de Braye du 8 juin 2020, transmise à la préfecture et affichée le 8 juin 2020, à l'effet notamment de signer les actes d'urbanisme. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'acte attaqué manque en fait et doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / () / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse () indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / () / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Il ressort des pièces du dossier que la pétitionnaire avait produit à l'appui de sa demande de permis de construire, comme en témoigne les cachets de la commune dont est revêtu ce document, une notice de présentation architecturale décrivant le terrain et présentant le projet de construction et les partis retenus pour assurer son insertion dans l'environnement. Il ressort également des pièces du dossier que la pétitionnaire avait joint un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain et un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel, ainsi que le traitement des accès et du terrain. Des documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et lointain figuraient également au dossier. La pétitionnaire avait, par ailleurs, produit un plan de masse des constructions à démolir et un plan de masse du projet de construction, sur lequel sont indiqués notamment les raccordements aux réseaux d'alimentation en eau potable, électrique et de gaz de l'avenue Péguy et le raccordement des eaux usés au réseau existant sur le chemin de halage. Enfin, les dispositions du code de l'urbanisme n'imposent pas que la notice de présentation explique comment les prescriptions de la réglementation thermique sont respectées. Par suite, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande de permis de construire serait incomplet.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions () ". Aux termes de l'article R. 111-2 du même code : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
7. Si un arrêté de délivrance de permis de construire accordé par le maire assorti de prescriptions doit être motivé en application de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, la motivation exigée par cette disposition peut résulter directement du contenu même des prescriptions.
8. En l'espèce, la motivation des prescriptions résulte directement de leur contenu comme en témoigne les avis rendus par Orléans métropole les 8 février, 17 février, 1er mars et 4 juin 2021, par le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) le 17 mai 2021 et par ENEDIS le 18 février 2021. Il n'est pas contesté par M. et Mme D que ces avis étaient annexés à l'arrêté attaqué. Dès lors, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté contesté aurait méconnu les dispositions des articles R. 111-2 et R. 424-3 du code de l'urbanisme.
9. En quatrième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
10. Si M. et Mme D soutiennent que la maire de Saint-Jean de Braye aurait dû surseoir à statuer dès lors que le projet de construction serait de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme métropolitain, leur moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en examiner le bien-fondé.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article UB 3.1.1 du règlement du PLU : " L'emprise au sol des constructions ne peut excéder 50 % de la superficie du terrain ". Il résulte de ces dispositions que le coefficient d'emprise au sol au sein de la commune de Saint-Jean de Braye doit être calculé par rapport à la superficie totale de l'unité foncière supportant le projet de construction, dès lors qu'elle est tout entière située dans la même zone du plan local d'urbanisme, peu important qu'une partie de cette unité soit inconstructible, en l'absence de précision du règlement sur ce point.
12. En l'espèce, il ressort de la demande de permis de construire que la superficie du terrain d'assiette du projet est de 2 506 m2. Il ressort, par ailleurs, du plan de repérage des surfaces que l'emprise du projet de construction est de 496 m2, de sorte que l'emprise au sol de la construction n'excède pas 50 % de la superficie du terrain. Par suite, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions de l'article UB 3.1.1 auraient été méconnues.
13. En sixième lieu, en application de l'article 4.1.1 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU, les nouvelles constructions doivent répondre a minima à la réglementation thermique en vigueur.
14. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement de l'étude thermique produite par la pétitionnaire, que le projet de construction tient compte de cette réglementation. Dès lors, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions de l'article 4.1.1 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU auraient été méconnues.
15. En septième lieu, en vertu de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code ". Aux termes de l'article R. 111-27 du même code : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". L'article 4.3 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU de la commune de Saint-Jean de Braye reprend ces dernières dispositions. Elles ont pour objet de régir, non les démolitions, mais les constructions, le cas échéant s'accompagnant des démolitions nécessaires.
16. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité du permis de construire délivré à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés par les dispositions mentionnées ci-dessus.
17. Il n'en va pas différemment lorsqu'il a été fait usage de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme permettant que la demande de permis de construire porte à la fois sur la construction et sur la démolition d'une construction existante, lorsque cette démolition est nécessaire à cette opération. Dans un tel cas, il appartient à l'administration d'apprécier l'impact, sur le site, non de la seule démolition de la construction existante mais de son remplacement par la construction autorisée.
18. Il ressort des pièces du dossier que le secteur d'implantation du projet, classé en zone urbaine, s'il est partiellement pavillonnaire comporte également des maisons accolées et des ensembles d'habitation. Il ne présente pas un intérêt architectural particulier, les immeubles et pavillons ayant des styles architecturaux hétérogènes et étant construits avec des matériaux et des couleurs distincts. Le remplacement du pavillon existant par le projet de bâtiment de logements collectifs, dont l'aspect est considéré comme massif du fait de sa hauteur et de sa surface de plancher, est implanté en retrait d'une impasse, ce qui permet de limiter visuellement la sensation de hauteur. Le projet de construction est conçu autour d'un jeu de séquençage des façades qui permet par ailleurs de limiter visuellement les sensations massives et de se rapprocher de l'architecture des pavillons existants. Il ressort en outre des pièces du dossier que des haies seront implantées, créant ainsi un écran végétal limitant la visibilité du projet. Dans ces conditions, alors même que la hauteur de bâtiment projeté est supérieure de plus de deux mètres à celles des constructions avoisinantes, le projet, qui reste en R+2 comme d'autres immeubles à proximité, n'est pas de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.3 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU doit être écarté.
19. En huitième lieu, l'article 6.2 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU prévoit que pour les logements situés à plus de 500 mètres d'une station de tramway, le projet de construction doit comprendre au minimum une place et demie de stationnement par logement pour les T2 et deux places pour les T3 et plus. A supposer que le projet de construction soit situé à plus de 500 mètres de la station de tramway la plus proche, le projet de construction, qui comporte un T2, deux T3, cinq T4 et deux T5 devait comporter 20 places de stationnement. Or, il ressort du plan de masse des constructions et du plan du sous-sol que dix places de stationnement sont prévues en surface et dix autres en infrastructures, dont quatre sous forme de boxes fermés. En outre l'aire de dégagement située à proximité des boxes fermés permet aux véhicules de manœuvrer, de sorte que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces quatre places seraient inutilisables. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6.2 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU.
20. En neuvième lieu, l'article 6.1.3 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU prévoit que les places de stationnement doivent être d'une dimension au moins égale à 2.50 mètres sur 5 mètres. Il ressort du plan de masse des constructions et du plan du sous-sol que ces dimensions ont été respectées pour l'ensemble des vingt places de stationnement. Le moyen tiré de l'insuffisance de la superficie des places de stationnement est écarté.
21. En dixième lieu, il n'est pas contesté par M. et Mme D que le règlement du PLU de la commune de Saint-Jean de Braye n'impose aucune place de stationnement autres que celles prévues par l'article 6.2 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de places de stationnement pour les livraisons ou les visiteurs est inopérant et doit être écarté.
22. En onzième lieu, l'article 7.1 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU prévoit que les accès et voieries doivent être adaptés à la nature et à l'importance de l'opération envisagée et satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile.
23. La voie d'accès au terrain d'assiette du projet de construction est d'une largeur de l'ordre de 5 mètres, elle est rectiligne et se termine par une aire de retournement appartenant aux requérants. Le projet prévoit en outre une seconde aire de retournement. D'une part, eu égard à ces caractéristiques, qui permettent une bonne visibilité et à deux véhicules de se croiser, et au fait que seuls dix logements sont créés par le projet, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que les accès et voieries ne seraient pas adaptés à l'importance de l'opération envisagée. D'autre part le SDIS a émis un avis favorable au projet sous la seule réserve de l'installation d'une borne incendie. M. et Mme D ne sont donc pas fondés à soutenir que le projet ne satisferait pas aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. Le moyen tiré de la méconnaissance l'article 7.1 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU est écarté.
24. En douzième lieu, l'article 7.2 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU prévoit que le " local de stockage des containers des déchets ménagers doit être facilement accessible depuis les voies publiques ou privées pour permettre le ramassage ".
25. M. et Mme D soutiennent qu'il manque une aire de présentation et de retournement sur le terrain d'assiette du projet pour les camions de collecte des ordures ménagères et que l'accès au terrain est trop étroit pour permettre leur passage. Toutefois, il ressort de l'avis rendu par Orléans métropole le 17 février 2021 et de l'arrêté attaqué que les ordures ménagères seront collectées non pas sur le terrain d'assiette du projet de construction mais au 104 ter de l'avenue Charles Péguy. Par suite le moyen tiré de la violation de l'article 7.2 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU est inopérant et doit être écarté.
26. En treizième lieu, aux termes de l'article 7.1 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée : / - Soit directement sur rue, / - Soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin ou par une servitude de passage suffisante () ".
27. Il ressort des pièces du dossier que la pétitionnaire justifie d'une promesse de vente qui porte notamment sur la cession de droits indivis en pleine propriété des passages cadastrés CI n° 154 et CI n° 54 correspondant aux voies d'accès au terrain d'assiette du projet. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7.1 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU est écarté. La circonstance que jusqu'à présent, aucun riverain n'avait demandé à utiliser de droit de passage alors que les dix copropriétaires du projet le solliciteraient est sans influence sur la légalité de l'acte contesté.
28. En quatorzième lieu, l'article 8 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU prévoit que les constructions nouvelles doivent être raccordées au réseau public de distribution d'eau potable et au réseau public d'assainissement des eaux usées.
29. Il ressort des pièces du dossier que le projet de construction sera raccordé au réseau public d'adduction en eau potable par les réseaux existants avenue Charles Péguy et aux réseaux des eaux usées par les réseaux existants sur le chemin de halage. Par suite, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que l'article 8 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones urbaines du règlement du PLU aurait été méconnu.
30. En quinzième lieu, il ressort du plan de masse des démolitions que trois arbres, qui ne font l'objet d'aucune protection particulière, seront abattus. Il ressort, par ailleurs du plan des espaces verts que dix-sept arbres seront plantés sur le terrain d'assiette du projet et que six arbres seront conservés. Eu égard à ces éléments, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que le projet porterait atteinte à l'environnement du fait de la destruction de trois conifères.
31. En dernier lieu, eu égard à ce qui a été dit aux points 23, 25 et 29 du présent jugement, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué serait contraire aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
32. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme D doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non recevoir opposée par la SCCV Ar Pépite.
Sur les frais liés au litige :
33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Jean de Braye et de la SCCV Ar Pépite, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. et Mme D demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme D une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés respectivement par la commune de Saint-Jean de Braye et par la SCCV Ar Pépite et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de M. et Mme D présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : M. et Mme D verseront à la commune de Saint-Jean de Braye une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : M. et Mme D verseront à la SCCV Ar Pépite une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. G D et Mme C A épouse D, à la commune de Saint-Jean de Braye et à la SCCV Ar Pépite.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
Mme Pajot, conseillère,
Mme Bailleul, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
Clotilde E
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRE
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026