Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2104330

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2104330
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantKADDOURI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 novembre 2021, M. A D, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 5 novembre 2021 par laquelle la préfète d'Indre-et-Loire a retenu sa carte nationale d'identité en application de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) d'enjoindre à la préfète d'Indre-et-Loire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui restituer son document d'identité dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour celui-ci de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridique.

Il soutient que :

- le récépissé qui lui a été délivré ne mentionne pas les modalités de restitution du document retenu ;

- la décision contestée méconnait l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa carte nationale d'identité n'est pas un document lui permettant de voyager vers son pays d'origine.

La requête a été communiquée à la préfète d'Indre-et-Loire qui n'a pas produit d'observations.

M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 11 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D a été placé en garde à vue le 4 novembre 2021. Par décision du 5 novembre 2021, la préfète d'Indre-et-Loire a retenu sa carte nationale d'identité en application de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la requête ci-dessus analysée, M. B demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente, les services de police et les unités de gendarmerie sont habilités à retenir le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. Ils leur remettent en échange un récépissé valant justification de leur identité et sur lequel sont mentionnées la date de retenue et les modalités de restitution du document retenu ".

3. D'une part, la circonstance que le récépissé qui a été délivré à M. D ne comportait pas mention des modalités de restitution du document retenu est sans incidence sur la légalité de la décision contestée de rétention de son document d'identité.

4. D'autre part, les dispositions précitées de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont pour objet de garantir que l'étranger en situation irrégulière sera en possession du document permettant d'assurer son départ effectif du territoire national. Cet objectif implique que l'administration puisse retenir un ou, au besoin, plusieurs documents dont l'étranger est en possession dès lors qu'ils permettent d'établir son identité exacte et ainsi d'assurer ou de faciliter sa reconnaissance par les autorités de son pays d'origine. A cet égard, une carte nationale d'identité doit être regardée comme un document permettant d'établir l'identité exacte de son possesseur. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que la préfète a méconnu l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en décidant de retenir sa carte nationale d'identité.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que de celles présentées au titre de frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. A D et au préfet d'Indre-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

Mme Palis De Koninck, première conseillère,

M. C, premier, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.

Le rapporteur,

Virgile C

La présidente,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La greffière,

Nadine REUBRECHT

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.