jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2104447 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ENVERGURE BAYLAC OTTAVY GEORGET DESHOULIERES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 décembre 2021, la société Nogot Concept et M. B A, représentés par Me Baylac, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2021 par lequel le maire de la commune d'Ambillou a opposé un sursis à statuer à la demande de permis d'aménager ainsi que la décision du 24 octobre 2021 portant rejet du recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Ambillou la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est illégal du fait de l'illégalité du certificat d'urbanisme délivré le 26 janvier 2020 lequel ne mentionnait pas la possibilité d'un sursis à statuer ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme en ce que les conditions pour opposer un sursis à statuer ne sont pas remplies ;
- il porte atteinte à l'égalité des citoyens devant la loi ;
- il méconnaît le droit au logement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2022, la commune d'Ambillou conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pajot,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 janvier 2020, la commune a délivré un certificat d'urbanisme sur le fondement du a) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme pour la parcelle cadastrée section ZM n° 187. Le 11 juin 2021, la SARL Nogot Concept a déposé une demande de permis d'aménager pour la réalisation de 5 lots à bâtir d'une superficie comprise entre 480m² et 639m² pour une surface plancher maximale de 1 250m² sur la parcelle cadastrée ZM n° 187 située au lieu-dit la Giberdière sur le territoire de la commune d'Ambillou. Par un arrêté du 2 septembre 2021, le maire de la commune d'Ambillou a opposé un sursis à statuer d'une durée de deux ans.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. / () / Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. () ". L'article R. 424-5 du même code dispose également, en son deuxième alinéa, que : " Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée.
3. En l'espèce, l'arrêté de sursis à statuer contesté vise les articles L. 424-1 et L. 153-11 du code de l'urbanisme, " la délibération du conseil municipal du 06/11/2020 prescrivant la révision générale du PLU " et le dossier du projet d'aménagement et de développement durable (PADD) du futur PLU présenté au débat le 18 juin 2021. L'arrêté comporte également les considérations de fait qui en constituent le fondement en précisant notamment que " les orientations du PADD visent à ne pas étendre les hameaux, mais à développer l'urbanisation dans l'enveloppe urbaine du bourg par densification ou par renouvellement urbain " que " de ce fait la création d'un lotissement dans le hameau de la Giberdière constituerait une entrave à l'application des futures orientations du PLU et qu'ainsi, le projet pourrait être de nature à compromettre l'exécution du futur PLU ". Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.
5. En l'espèce, l'arrêté opposant un sursis à statuer en litige n'a pas été pris pour l'application du certificat d'urbanisme délivré le 26 janvier 2020 et ce certificat d'urbanisme n'en constitue pas davantage sa base légale. Par ailleurs, l'arrêté et le certificat d'urbanisme ne constituent pas les éléments d'une opération complexe. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement exciper de l'illégalité de ce certificat d'urbanisme à l'appui de ses conclusions à l'encontre de l'arrêté opposant un sursis à statuer litigieux. Ainsi, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du certificat d'urbanisme du 26 janvier 2020 doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus aux articles L. 102-13, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () Aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. "
7. Il résulte de ces dispositions que si le projet d'aménagement et de développement durables n'est pas directement opposable aux demandes d'autorisation de construire, il appartient à l'autorité compétente de prendre en compte les orientations d'un tel projet, dès lors qu'elles traduisent un état suffisamment avancé du futur plan local d'urbanisme, pour apprécier si une construction serait de nature à compromettre ou rendre plus onéreuse l'exécution de ce plan.
8. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, la révision du plan local d'urbanisme avait été prescrite par une délibération du conseil municipal du 6 novembre 2020 et que le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durable avait été acté par une délibération du 18 juin 2021. Il ressort de l'extrait de la délibération du 18 juin 2021 que différentes orientations ont été fixées notamment l'orientation n°2 qui vise à renforcer le bourg, pôle de vie aux équipements et services diversifiés et l'orientation n°3 intitulée " Permettre d'habiter en milieu rural " qui vise à consolider dans leurs enveloppes urbaines les hameaux de " La Petite Bruyère ", " Les Tonnelles ", " Bouyères ", " La Girardière " et " Les Canteries " (objectif 3.1). Or le projet, qui consiste en l'aménagement de cinq lots à bâtir, s'implante au sein du hameau de la Giberdière, situé en dehors du bourg de la commune et qui ne figure pas parmi les hameaux visés par l'orientation n°3 visant la consolidation de l'enveloppe urbaine. Par suite, ce projet doit être regardé comme permettant une extension de l'urbanisation en dehors des parties envisagées au sein des objectifs du PADD. En outre, l'objectif 13 intitulé " Pérenniser l'activité agricole et sylvicole " prévoit en son point 13.3 de limiter les impacts de l'urbanisation. Il ressort des pièces du dossier que le hameau de la Giberdière, au sein duquel est situé la parcelle d'assiette du projet, est composé d'une dizaine d'habitations et est bordé par une zone naturelle composée de parcelles végétalisées et agricoles, vierges de toute construction. Dans ces conditions, le projet est dès lors bien de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan, au sens des dispositions précitées. La circonstance qu'un permis d'aménager aurait été délivré pour la création de plusieurs lots à bâtir au sein du même hameau de la Giberdière est sans incidence étant entendu au demeurant que ledit permis a été délivré le 3 octobre 2019 soit antérieurement au débat sur les orientations du PADD. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en opposant un sursis à statuer à la demande de permis d'aménager déposée par la SARL Nogot Concept, le maire d'Ambillou aurait fait une inexacte application de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme.
9. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que l'arrêté litigieux est constitutif d'une rupture d'égalité entre les citoyens devant la loi car un permis d'aménager a été délivré le 3 octobre 2019 à une autre administrée de la commune pour la construction d'un lotissement de quatre lots à bâtir au sein du même lieu-dit. Toutefois, cette circonstance, à la supposer établie, est par elle-même sans influence sur la légalité de la décision opposant un sursis à statuer à la demande de permis d'aménager.
10. En dernier lieu, les requérants ne peuvent utilement invoquer la méconnaissance du droit au logement des familles destinées à occuper les lots à bâtir objets du projet.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 2 septembre 2021 et de la décision du 24 octobre 2021 portant rejet du recours gracieux doivent être rejetées ainsi que les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Nogot Concept et de M. A est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à la société Nogot Concept, à M. B A et à la commune d'Ambillou.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Joos, premier conseiller,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
Anne-Laure PAJOT
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026