jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2104602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERGER-TARDIVON-GIRAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2021, Mme C A née B, représentée par Me Berger, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 août 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier régional d'Orléans a refusé de modifier l'attestation d'employeur délivrée à Pôle emploi à l'issue de son contrat à durée déterminée, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire d'Orléans, de lui délivrer, ainsi qu'à Pôle emploi, une attestation d'employeur indiquant que le motif de la rupture du contrat est la venue à terme de celui-ci, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de condamner le centre hospitalier universitaire d'Orléans à lui verser une somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire d'Orléans le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard de l'article L. 5424-1 du code du travail et de l'article 2 du règlement général annexé à la convention du 6 mai 2011 relative à l'indemnisation du chômage, en ce qu'elles mentionnent à tort que son contrat de recrutement a fait l'objet d'une rupture anticipée à son initiative, alors d'une part, que son contrat était arrivé à son terme, et d'autre part qu'elle a refusé la conclusion d'un nouveau contrat pour un motif légitime ;
- elle a été injustement privée des indemnités chômage et de la poursuivre la formation d'aide-soignante à laquelle elle avait été admise ; elle justifie donc d'un préjudice moral dont la réparation doit être fixée à 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, le centre hospitalier universitaire d'Orléans conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bernard ;
- les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public ;
- et les observations de Me Cébé substituant Me Berger, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A née B a été employée par le centre hospitalier régional d'Orléans, entre le 1er août 2018 et le 30 juin 2021, par l'effet de plusieurs contrats à durée déterminée successifs, en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié. Le 20 mai 2021, le centre hospitalier régional d'Orléans lui a proposé la conclusion d'un nouveau contrat, en cette même qualité, pour la période du 1er juillet au 31 octobre 2021. Mme A n'ayant pas donné suite à cette proposition, le directeur du centre hospitalier régional d'Orléans a délivré à Pôle Emploi, le 22 juillet 2021, une attestation d'employeur indiquant comme motif de la rupture du contrat de travail une " rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée à l'initiative du salarié ". Estimant ce motif erroné, Mme A a demandé à son employeur de rectifier cette attestation. Par sa requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision du 3 août 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier régional d'Orléans a rejeté sa demande, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Elle demande en outre la condamnation de son employeur à l'indemniser de son préjudice moral résultant de la privation des allocations chômage.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
2. D'une part, aux termes du I de l'article L. 5422-1 du code du travail : " Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : / 1° Soit la privation d'emploi est involontaire, ou assimilée à une privation involontaire par les accords relatifs à l'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 () ". Aux termes de l'article L. 5424-1 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire () 2° Les agents non titulaires des collectivités territoriales et les agents non statutaires des établissements publics administratifs autres que ceux de l'Etat () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 2 du décret du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public : " Sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi : () 2° Les personnels de droit public ou de droit privé dont le contrat est arrivé à son terme et n'est pas renouvelé à l'initiative de l'employeur () ". Aux termes de l'article 3 de ce même décret : " Sont assimilés aux personnels involontairement privés d'emploi : / () 2° Les personnels de droit public ou de droit privé ayant refusé le renouvellement de leur contrat pour un motif légitime lié à des considérations d'ordre personnel ou à une modification substantielle du contrat non justifiée par l'employeur ".
4. Il appartient à l'autorité administrative compétente d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les circonstances du non-renouvellement d'un contrat à durée déterminée permettent d'assimiler celui-ci à une perte involontaire d'emploi. L'agent qui refuse le renouvellement de son contrat de travail ne peut être regardé comme involontairement privé d'emploi, à moins que ce refus ne soit fondé sur un motif légitime. Un tel motif peut être lié notamment à des considérations d'ordre personnel ou au fait que le contrat a été modifié de façon substantielle sans justification de l'employeur.
5. En premier lieu, la mention figurant sur l'attestation destinée à Pôle Emploi faisant état de la rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée à l'initiative du salarié doit nécessairement être regardée comme couvrant également l'hypothèse dans laquelle un agent public refuse, sans motif légitime, de renouveler un contrat à durée déterminée arrivé à échéance, excluant par là-même qu'il puisse être considéré comme ayant été involontairement privé d'emploi. Il s'en déduit que Mme A ne peut utilement soutenir qu'elle n'est pas à l'origine d'une rupture anticipée des liens contractuels avec le centre hospitalier régional d'Orléans au seul motif qu'elle a honoré jusqu'à son terme le contrat conclu pour la période du 1er mai au 30 juin 2021.
6. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que le centre hospitalier régional d'Orléans a proposé à Mme A, dès le 20 mai 2021, de renouveler son contrat en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié pour la période du 1er juillet au 31 octobre 2021. L'intéressée n'a pas immédiatement donné suite et ce n'est qu'au cours d'un entretien du 30 juin 2021 qu'elle a informé son employeur qu'elle n'entendait pas poursuivre leurs relations contractuelles, ayant été avisée le jour même qu'elle était admise à l'institut de formation d'aide-soignant pour la rentrée de septembre 2021. D'une part, à la date à laquelle le renouvellement de son contrat lui était proposé, soit le 20 mai 2021, Mme A n'avait aucune certitude quant à la possibilité d'être admise à s'inscrire à l'institut de formation des aides-soignants à compter de septembre 2021. D'autre part, si l'intéressée a été avisée de son admission dans cet institut, le 30 juin 2021, date de la fin de son contrat à durée déterminée, elle n'établit pas ni même n'allègue que cette réussite l'empêchait de poursuivre les relations contractuelles avec son employeur, fût-ce de manière temporaire, jusqu'à la date de son entrée en formation. Dans ces conditions, l'intéressée ne peut être regardée comme ayant refusé le renouvellement de son contrat pour un motif légitime et par suite, comme ayant été involontairement privée d'emploi. Par suite, en estimant que Mme A était à l'initiative de la rupture de leurs relations contractuelles, le directeur du centre hospitalier d'Orléans n'a commis ni erreur de fait, ni erreur d'appréciation ni erreur de droit.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent l'être également.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. En l'absence d'illégalité fautive, la responsabilité du centre hospitalier universitaire d'Orléans ne saurait être engagée à l'égard de Mme A. Ses conclusions tendant à l'indemnisation d'un préjudice moral tenant au fait qu'elle a dû renoncer à suivre la formation d'aide-soignant faute de pouvoir la financer en l'absence de versement d'allocations chômage ne peuvent par suite qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme au titre des frais du litige soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire d'Orléans, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A née B et au centre hospitalier universitaire d'Orléans.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lesieux, présidente,
Mme Bernard, première conseillère,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure
Pauline BERNARD
La présidente,
Sophie LESIEUX
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026