LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2104628

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2104628

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2104628
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP MADRID-CABEZO MADRID-FOUSSEREAU MADRID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 décembre 2021 et 8 juillet 2022,

M. B A, représenté par Me Madrid, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2021 par lequel la préfète du Loiret a refusé de procéder au renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dès la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure tirée de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour sur ce fondement et ne porte aucunement atteinte à l'ordre public ;

- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français devra être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire n'a pas fait l'objet d'un examen particulier de sa situation.

Par un mémoire enregistré le 29 avril 2022, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Madrid, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant camerounais, né le 24 décembre 2000, est entré en France le 10 juin 2016. Il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance le 17 juin 2016 et a bénéficié d'un placement ininterrompu jusqu'à sa majorité. Sur sa demande, il s'est vu délivrer un premier titre de séjour, valable du 17 février 2019 au 16 février 2020, renouvelé par la suite jusqu'au 19 octobre 2021. Le 21 octobre 2021, il en a demandé le renouvellement. Par un arrêté du 30 novembre 2021 dont l'annulation est demandée, la préfète du Loiret a refusé de faire droit à sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 / ().". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 423-23 de ce code : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Enfin, aux termes de l'article L. 412-5 de ce même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ".

3. En l'espèce, il est constant que M. A, entré mineur sur le territoire français, a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance à l'âge de 15 ans et 5 mois et jusqu'à sa majorité. Après avoir suivi des cours durant une année en unité pédagogique pour élèves allophones, il a entrepris une formation de serrurier métallier et a obtenu son certificat d'aptitude professionnelle fin juin 2019 avec une moyenne générale de 15,58. Afin de pouvoir terminer ses études, il a présenté en janvier 2019 une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire valable du 17 février 2019 au 16 février 2020, renouvelée par la suite pour la période du 20 octobre 2020 au 19 octobre 2021. Mais sa demande de renouvellement présentée le 21 octobre 2021 a été rejetée par la préfète du Loiret au motif qu'il est connu des forces de sécurité intérieure et que son comportement est de nature à porter atteinte à l'ordre public. A l'appui de sa décision, la préfète fait valoir que M. A a commis le

21 août 2021 à Orléans des faits de violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une incapacité temporaire de travail n'excédant pas 8 jours et produit une fiche extraite du fichier de traitement des antécédents judiciaires. Toutefois, il n'est pas établi que les faits en cause, contestés par le requérant, auraient donné lieu à une condamnation pénale. A les supposer même établis, ils présentent un caractère isolé et ne sauraient être regardés comme une menace grave à l'ordre public. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé exerce une activité professionnelle, de manière continue, depuis juillet 2019 dans le cadre de contrats d'intérim. De même, il vit en couple avec une ressortissante française et devrait être prochainement père. Enfin, M. A qui ne dispose plus d'aucun lien familial au Cameroun, entretient de nombreuses relations amicales et est parfaitement intégré sur le territoire ainsi qu'en attestent les nombreux témoignages produits. Dans ces conditions, en refusant de lui renouveler son titre de séjour, la préfète du Loiret a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des éléments de sa situation personnelle. Il y a donc lieu d'accueillir le moyen.

4. Eu égard à ce qui vient d'être dit au point 3, la décision refusant le renouvellement du titre de séjour demandé par M. A doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ni leur recevabilité.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire :

5. Compte tenu de ce qui vient d'être dit au point 3 et 4, les décisions obligeant

M. A à quitter le territoire français et lui accordant un délai de 30 jours pour procéder à son exécution doivent être annulées en conséquence de l'annulation de la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour.

Sur les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte :

6. Eu égard à ce qui vient d'être dit aux points 2 à 5, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Loiret de délivrer à M. A le titre de séjour sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridique

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté préfectoral du 30 novembre 2021 relatif à la situation de M A est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Loiret de délivrer à M. A le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : L'Etat versera à Me Madrid la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridique

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Loiret.

Copie en sera adressée pour information au procureur de la République près le tribunal judicaire d'Orléans et à Me Madrid.

Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Delamarre, présidente,

Mme Defranc-Dousset, première conseillère,

Mme Pajot, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.

La rapporteure,

Hélène C

La présidente,

Anne-Laure DELAMARRE

La greffière,

Martine DESSOLAS

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions