mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200066 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2022 et régularisée le jour suivant, M. D B, représenté par Me A, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 28 septembre 2021 par lequel le préfet du Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet du Cher, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation personnelle dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît L. 421-3 du même code.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 février 2022, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 juin 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant ivoirien né le 7 août 2002, est entré sur le territoire français de manière irrégulière, en décembre 2018, selon ses déclarations. Il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance du département du Cher par un jugement en assistance éducative rendu le 10 avril 2019 par le tribunal de grande instance de Moulins. Après avoir suivi plusieurs formations, M. B a présenté une demande de régularisation de sa situation administrative auprès de la préfecture du Cher par courrier du 19 juin 2020 reçu par la préfecture le 28 août 2020. Par arrêté du 28 septembre 2021, le préfet du Cher a refusé de faire droit à sa demande et a assorti ce refus de titre d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. B qui a formé un recours gracieux le 21 octobre 2021 resté sans réponse, demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 28 septembre 202l.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Le requérant soutient que la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation, en l'absence de mention de la demande d'autorisation provisoire de travail déposée par la société Derichebourg Propreté pour son compte, le 7 juillet 2021.
3. D'une part, il n'est pas contesté que le requérant a demandé au préfet, en juin 2020, soit avant d'avoir atteint l'âge de 18 ans, la régularisation de sa situation administrative sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort de la décision attaquée, prise plus d'un an après, que le préfet a examiné sa situation sur ce fondement mais également au regard de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui subordonne la délivrance d'une carte de séjour temporaire à la détention préalable d'une autorisation de travail.
4. D'autre part, il n'est pas contesté que la décision en litige ne mentionne pas la demande d'autorisation de travail déposée le 7 juillet 2021, dont le requérant établit l'existence en produisant le récépissé de confirmation du dépôt.
5. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le requérant en a signalé, de nouveau, l'existence au préfet aux termes de son recours gracieux, en lui indiquant avoir reçu de la part de ses services, de même que la société Derichebourg Propreté, une demande erronée de transmission de son titre de séjour en cours de validité et de son diplôme de médecine.
6. Dès lors, en ne mentionnant pas cette demande d'autorisation de travail dans sa décision et en faisant valoir, au surplus, dans ses écritures en défense, que la demande a été sollicitée par ledit employeur " a posteriori de l'arrêté " alors que l'arrêté litigieux date du 28 septembre 2021 soit plus de deux mois après le dépôt de la demande d'autorisation de travail, le préfet a entaché la décision de refus de titre d'un défaut d'examen particulier de sa situation.
7. Sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 28 septembre 2021 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. En raison du seul motif retenu et aucun autre moyen n'étant susceptible, en l'état du dossier, d'être accueilli, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Cher de procéder au réexamen de la demande de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais liés au litige :
9. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me A, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me A de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 septembre 2021 du préfet du Cher est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Cher de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me A une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au préfet du Cher et à M. A.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Vincent, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
Laurence C
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026