mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL ETHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 janvier 2022 et le 24 octobre 2022, Mme A C, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 novembre 2021 par laquelle la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours a rejeté sa demande de requalification de son congé de longue maladie fractionné en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) ou en congé de longue maladie imputable au service ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours, à titre principal, de procéder à la requalification de son congé de longue maladie fractionné en congé de longue maladie fractionné imputable au service et de procéder à la régularisation de sa situation administrative et financière dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre à la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours de procéder à une nouvelle instruction de sa demande sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de la décision contestée aurait eu compétence pour ce faire ;
- la décision contestée est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission de réforme n'a pas été consultée, en méconnaissance des dispositions de l'article 13 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires n'étaient pas applicables à sa demande, et qu'il n'est établi par aucune disposition réglementaire que le congé pour invalidité temporaire imputable au service ne serait pas fractionnable ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'administration a admis que l'octroi de son congé de longue maladie fractionné est en lien avec le service.
Par des mémoires en défense, enregistré le 23 septembre et 22 novembre 2022, la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gentilhomme, représentant Mme C, présente, et de M. B, représentant le recteur de l'académie d'Orléans-Tours.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, inspecteur de l'éducation nationale, en fonction à la direction académique des services départementaux de l'éducation nationale d'Indre-et-Loire sur la circonscription de Tours Nord Sud a été placée en arrêt de travail du 4 janvier 2016 au 3 janvier 2017, date à laquelle elle a repris ses fonctions. Eu égard à son état de santé, elle a obtenu le bénéfice d'un congé de longue maladie fractionné à compter du 25 septembre 2017, ce qui lui a permis d'accomplir un service limité à une quotité de 40 % d'abord, puis de 50 %, son congé de longue durée fractionné ayant été depuis régulièrement renouvelé. Le 18 septembre 2018, elle a déposé une demande de reconnaissance d'imputabilité au service d'un accident survenu la veille. Cet accident a été reconnu imputable au service et un congé de maladie avec rémunération à plein traitement lui a été accordé pour la période du 18 septembre 2018 au 17 octobre 2018. Le 10 avril 2019, Mme C a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident survenu le 4 janvier 2016. Par décision du 23 septembre 2019, cet accident a été reconnu imputable au service. Un congé de maladie avec rémunération a plein traitement lui a rétroactivement été accordé pour la période du 5 janvier au 17 décembre 2016. Elle a de nouveau bénéficié de congé pour accident imputable au service, au titre de rechutes de l'accident de janvier 2016, pour les périodes du 14 au 18 octobre 2019, du 28 novembre au 20 décembre 2019 et du 27 mai au 10 juin 2020. Le 5 juillet 2021, elle a demandé que le congé de longue maladie dont elle bénéficie soit requalifié en congé de maladie imputable au service ou en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS). Par décision du 5 novembre 2021 dont elle demande l'annulation, sa demande a été rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. /(..) IV. - Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau./ Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions./ Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ".
3. Aux termes de l'article 47-1 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " Le congé prévu au premier alinéa du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée est accordé au fonctionnaire, sur sa demande, dans les conditions prévues par le présent titre. ". Aux termes de l'article 13 de ce décret : " La commission de réforme est consultée notamment sur : 1. L'octroi du congé de maladie ou de longue maladie susceptible d'être accordé en application des dispositions du deuxième alinéa des 2° et 3° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ;/ 2. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée dans les conditions prévues au titre VI bis ;/() ". Aux termes de l'article 47-6 de ce même décret : " La commission de réforme est consultée () 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies. ". Ces dispositions imposent la consultation de la commission de réforme dans tous les cas où le bénéfice des dispositions de l'article 21bis de la loi du 13 juillet 1983 est demandé par un agent, hormis le cas où le défaut d'imputabilité au service est manifeste.
4. Il ressort des pièces du dossier que par son courrier daté du 5 juillet 2021 la requérante a fait une demande visant à obtenir la requalification de son congé de longue maladie fractionné en congé de maladie imputable au service et/ou en CITIS. Dès lors, la commission de réforme devait être consultée en application des dispositions précitées. Alors qu'il est constant que cette commission n'a pas été consultée, la procédure suivie, préalablement à l'intervention de la décision de refus du 5 novembre 2021 en litige, est entachée d'un vice susceptible d'avoir eu une influence sur le sens de la décision prise, qui a privé la requérante d'une garantie. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui vient d'être dit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 5 novembre 2021 par laquelle le recteur de l'académie d'Orléans-Tours a refusé de procéder à la requalification du congé de longue maladie fractionné dont bénéficie Mme C doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
6. L'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement, compte tenu du motif d'annulation retenu, et alors qu'en l'état du dossier aucun autre moyen d'annulation n'est susceptible d'être accueilli, d'enjoindre au recteur de reconnaitre l'imputabilité au service de la pathologie de la requérante. Il y a seulement lieu de lui enjoindre de procéder au réexamen de la demande de Mme C, dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 novembre 2021 par laquelle la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours a refusé de procéder à la requalification du congé de longue maladie fractionné dont bénéficie Mme C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie d'Orléans-Tours de procéder au réexamen de la demande de Mme C, dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée, pour information, au recteur de l'académie d'Orléans-Tours
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026