LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2200181

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2200181

jeudi 14 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2200181
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL SYLVIE MAZARDO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 janvier 2022, le 17 juin 2024 et le 19 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Mazardo, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 novembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de l'agglomération montargoise a prononcé sa révocation à compter du 1er décembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de l'agglomération montargoise de le réintégrer dans ses fonctions et de reconstituer sa carrière à partir du 24 juin 2021, date de sa suspension, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de l'agglomération montargoise la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance des droits de la défense, dès lors que la plupart des faits qui lui sont reprochés ont été rapportés par des témoignages anonymes ;

- la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;

- la sanction qui lui a été appliquée est disproportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 mai 2024, le 19 septembre 2024 et le 9 octobre 2024, le centre hospitalier de l'agglomération montargoise, représenté par Me Derec, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bernard ;

- les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public ;

- et les observations de Me Derec, représentant le centre hospitalier de l'agglomération montargoise.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, technicien supérieur hospitalier de 1ère classe, exerçait des fonctions d'encadrement des personnels des cuisines du centre hospitalier de l'agglomération montargoise. A la suite de la réception d'un témoignage d'un agent déclarant avoir reçu une claque de la part de M. A, le directeur du centre hospitalier de l'agglomération montargoise l'a suspendu de ses fonctions, à titre conservatoire, par une décision du 24 juin 2021 puis par une décision du 22 novembre 2021, il a prononcé sa révocation avec effet le 1er décembre 2021, entraînant sa radiation des cadres. Par sa requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision prononçant sa révocation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la procédure disciplinaire :

2. L'autorité investie du pouvoir disciplinaire peut légalement infliger une sanction sur le fondement de témoignages qu'elle a anonymisés à la demande des témoins, lorsque la communication de leur identité serait de nature à leur porter préjudice. Dans le cas où l'agent se plaint de ne pas avoir été mis à même de demander communication ou de ne pas avoir obtenu communication d'une pièce ou d'un témoignage utile à sa défense, il appartient au juge d'apprécier, au vu de l'ensemble des éléments qui ont été communiqués à l'agent, si celui-ci a été privé de la garantie d'assurer utilement sa défense.

3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le centre hospitalier de l'agglomération montargoise s'est, pour justifier des fautes retenues à l'encontre de M. A, fondé sur les témoignages de plusieurs agents recueillis dans le cadre d'une enquête interne, lesquels ont été anonymisés à leur demande par crainte de subir des représailles de la part de M. A. Si l'intéressé fait valoir que les risques de représailles à l'égard des témoins n'étaient pas avérés, il ressort des pièces du dossier que les témoignages recueillis ont révélé une pratique d'humiliations et de pressions psychologiques sur certains agents de l'unité centrale de production des cuisines, assortie d'agressions et de menaces verbales. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que M. A a réitéré son attitude menaçante au cours de la procédure disciplinaire engagée à son encontre, vis-à-vis de son supérieur hiérarchique après avoir consulté son dossier administratif le 29 septembre 2021 et sollicitant des informations sur la situation de l'agent l'ayant mis en cause initialement, par un courrier du 23 juin 2021. Dans ces circonstances, le directeur du centre hospitalier de l'agglomération montargoise était fondé à considérer que la révélation de l'identité des témoins, entendus dans le cadre de l'enquête administrative interne, emportait pour eux un risque de représailles.

4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que ces témoignages anonymisés ont fait l'objet de comptes rendus exhaustifs communiqués à M. A, comportant des indications suffisamment précises, notamment sur la teneur du comportement, des gestes et des propos reprochés à l'intéressé et les circonstances dans lesquelles ils ont été commis. Par suite, et alors que leur teneur était confortée par deux témoignages non anonymisés du collègue l'accusant de lui avoir mis une claque et du directeur des ressources humaines relatant des propos vindicatifs à son égard, l'anonymisation des autres témoignages portés à la connaissance de M. A n'a pas eu pour effet, contrairement à ce qu'il soutient, de le priver de la faculté d'assurer utilement sa défense.

5. Il en résulte que le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de la décision attaquée :

6. Aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable au litige : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / () Quatrième groupe : () la révocation ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

7. En premier lieu, il ressort de la motivation de la décision attaquée que M. A a été sanctionné en raison de manquements graves à ses obligations professionnelles et d'agissements extrêmement graves à l'encontre des agents placés sous sa responsabilité tels que des humiliations et pressions psychologiques sur certains agents, des agressions et menaces verbales, des menaces physiques pouvant s'apparenter à des intimidations, le non-respect du devoir de réserve, de discrétion professionnelle et du secret professionnel, le non-respect de l'équité entre les agents et un laxisme dans le travail. Le requérant conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés et fait valoir que les témoignages en sa défaveur sont minoritaires et partiaux, produisant à l'appui de sa requête d'autres témoignages attestant de ses bonnes relations avec certains agents.

8. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à la suite d'un courrier adressé par un agent de l'unité centrale de production, le 23 juin 2021 à la direction des ressources humaines du centre hospitalier de l'agglomération montargoise, accusant M. A de lui avoir infliger une gifle alors qu'il se trouvait sur son poste de travail, l'intéressé a été suspendu de ses fonctions et une enquête administrative interne a été conduite. Dans ce cadre, vingt-deux agents ont été entendus par le directeur des services économiques et logistiques du centre hospitalier de l'agglomération montargoise, sur les quarante-quatre agents exerçant aux cuisines. Ces témoignages font état des attitudes inéquitables de M. A entre les professionnels du service, se traduisant par un laxisme vis-à-vis des règles de travail concernant certains agents et des brimades vis-à-vis d'autres. Ils font également état d'agressions verbales, d'agressions physiques et de comportements menaçants ou intimidants, de propos humiliants, de menaces verbales, de pressions psychologiques, de gestes et de paroles sexistes, de propos grossophobes et racistes, de défaillances dans le contrôle des missions effectuées par l'équipe de la cuisine. Ces témoignages concordants, d'un nombre conséquent d'agents placés sous la responsabilité de M. A, permettent d'établir la matérialité des faits reprochés à l'intéressé, lesquels constituent des fautes de nature à justifier que soit prononcée à son encontre une sanction disciplinaire.

9. En second lieu, eu égard à la gravité de ces faits, à leur caractère réitéré, à la longue période au cours de laquelle ils ont été commis, au nombre important de témoignages et à l'absence de reconnaissance des faits par M. A, laissant supposer qu'un maintien dans ses fonctions exposerait les agents à une réitération de ses comportements, le directeur du centre hospitalier était fondé à prononcer la révocation de l'intéressé. A cet égard, la circonstance que ses évaluations ont été globalement positives est sans incidence. Par suite, le moyen tiré de ce que la sanction retenue est disproportionnée doit être écarté.

10. Il résulte de tout de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 22 novembre 2021 du directeur du centre hospitalier de l'agglomération montargoise prononçant la révocation de M. A doivent être rejetées.

Sur les autres conclusions :

11. En premier lieu, le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

12. En second lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de l'agglomération montargoise, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée de 1 500 euros à verser au centre hospitalier de l'agglomération montargoise sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera au centre hospitalier de l'agglomération montargoise la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier de l'agglomération montargoise.

Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lesieux, présidente,

Mme Bernard, première conseillère,

Mme Dicko-Dogan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.

La rapporteure,

Pauline BERNARD

La présidente,

Sophie LESIEUX

La greffière,

Céline BOISGARD

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions