jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP HARDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 février 2022, M. E F, représenté par Me Hardy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2021 de la préfète d'Indre-et-Loire portant rejet de sa demande de délivrance d'un titre de séjour et valant obligation de quitter le territoire français et renvoi vers l'Algérie ;
2°) d'enjoindre à la préfète d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation familiale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle viole les dispositions des articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2022, la préfète d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme G a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E F, né le 14 septembre 1999, de nationalité algérienne, est entré pour la dernière fois en France, selon ses déclarations, en octobre 2017. Il a fait l'objet en 2017, 2018 et 2019 de trois obligations de quitter le territoire français, toutes assorties d'une interdiction de retour. Le 4 mars 2021, la préfète d'Indre-et-Loire a à nouveau pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant l'Algérie ou tout autre pays où il est légalement admissible comme pays de destination et a assorti cette mesure d'éloignement d'une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans. Par un courrier du 23 mars 2021, M. F, faisant valoir qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française et qu'ils ont une fille née le 3 novembre 2020, d'une part, a présenté une nouvelle demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6 alinéa 5 de l'accord franco-algérien et, d'autre part, a sollicité " l'abrogation des arrêtés portant obligation de quitter le territoire français et des décisions d'assignation à résidence, décision de départ volontaire et pays de destination ". Par un courrier du 30 septembre 2021, la préfète d'Indre-et-Loire a rejeté le recours gracieux de M. F. Par sa requête ci-dessus analysée, l'intéressé demande l'annulation de cette dernière décision.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme C B, préfète d'Indre-et-Loire nommée par décret du 29 juillet 2020 publié au Journal officiel de la République française du 30 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée rappelle l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. F le 4 mars 2021 notifiée administrativement à l'intéressé le même jour, rappelle que sa situation a été examinée au regard de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et en application de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et indique les raisons pour lesquelles la préfète d'Indre-et-Loire a décidé de confirmer sa précédente décision eu égard à l'absence d'éléments nouveaux justifiant l'abrogation demandée et la délivrance d'un titre de séjour. Ces indications, qui ont permis à M. F de comprendre et de contester la décision prise à son encontre, étaient dès lors suffisantes. Par suite, le moyen tiré de la motivation insuffisante de la décision contestée doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que la préfète d'Indre-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. F.
5. En quatrième lieu, M. F ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au demeurant reprises à l'article L. 423-23 du même code depuis le 1er mai 2021, dès lors que les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle et les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit par suite être écarté comme inopérant.
6. En cinquième lieu, M. F soutient que la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que la préfète n'a pas exercé son pouvoir de régularisation. Les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Si l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date du 23 mars 2021 à laquelle le requérant a présenté son recours gracieux et repris depuis le 1er mai 2021 à l'article L. 435-1 de ce code, ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968, le préfet peut toutefois délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit, en usant du pouvoir discrétionnaire dont il dispose pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
7. En l'espèce, il ressort des termes de son recours gracieux adressé le 23 mars 2021 à la préfète d'Indre-et-Loire, que M. F a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, s'il déclare vivre en concubinage avec Mme D A de nationalité française avec laquelle il s'est marié religieusement et a eu une fille née le 3 novembre 2020, il n'établit pas la communauté de vie dont il se prévaut, aucune pièce produite ne mentionnant une adresse commune aux intéressés et Mme A s'étant bornée, dans son attestation établie le 29 mars 2021, à déclarer qu'elle l'héberge à son domicile depuis le 24 février 2021. Si le requérant se prévaut d'une promesse unilatérale de contrat de travail établie le 6 avril 2021, cet élément ne permet pas de justifier d'une particulière insertion dans la société française, alors qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait du bulletin n° 2 du casier judiciaire du requérant produit en défense par la préfète d'Indre-et-Loire, que l'intéressé a été condamné en 2018 pour port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D et faisait l'objet, à la date du 6 février 2019, d'une procédure devant le tribunal correctionnel de Tours. Il est par ailleurs constant que M. F s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire en dépit de mesures d'éloignement prises à son encontre, dont la dernière prononcée par arrêté du 4 mars 2021 et assortie d'une interdiction de retour de trois ans, qu'il n'a pas contestée. Dans ces conditions, la préfète d'Indre-et-Loire n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation en refusant l'admission exceptionnelle au séjour de M. F.
8. En sixième lieu, il y a lieu d'écarter pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par la préfète d'Indre-et-Loire au regard des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.
9. En dernier lieu, la décision attaquée qui rejette le recours gracieux formulé par M. F à l'encontre de la décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire sans délai avec interdiction de retour et maintient cette décision, n'a pas pour objet de fixer le pays de renvoi. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dirigés contre cette décision sont inopérants et doivent être écartés.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. F doivent être rejetées ainsi que, ensemble et par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E F et au préfet d'Indre-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Bernard, première conseillère,
M. Nehring, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La présidente-rapporteure,
Patricia G
L'assesseure la plus ancienne,
Pauline BERNARD
La greffière,
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026