vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200682 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu les procédures suivantes :
I.- Par une requête et un mémoire enregistrés sous le numéro 2200682 le 3 mars 2022 et le 14 avril 2023, M. B C, représenté par Me Aubry, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de discipline de la section disciplinaire de l'institut national des sciences appliquées (INSA) Centre-Val de Loire compétente à l'égard des usagers a, le 23 février 2022, pris à son encontre une sanction d'exclusion de tout établissement public d'enseignement supérieur pour une durée de deux ans ;
2°) de mettre à la charge de l'INSA une somme de 1 400 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée de vices de procédure :
* la date des faits au fondement de la sanction n'est pas mentionnée ;
* les délais légaux de procédure fixés aux articles R. 811-27 et R. 811-29 du code de l'éducation n'ont pas été respectés ;
* les conditions de retranscription des auditions ne permettent pas d'en contrôler la fiabilité ;
* le dossier disciplinaire transmis était incomplet ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits :
* la réalité des faits décrits par Mme D n'est pas établie ;
* les pièces ont été dénaturées ;
* il n'y a pas de violence caractérisée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du 2° de l'article R. 811-11 du code de l'éducation.
Par des mémoires enregistrés le 30 août 2022 et le 13 octobre 2023, l'institut national des sciences appliquées Centre-Val de Loire (INSA), représenté par Me Rainaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 26 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 avril 2024.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.
II.- Par une requête et un mémoire enregistrés sous le numéro 2200958 le 24 mars 2022 et le 14 avril 2023, M. B C, représenté par Me Aubry, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle l'institut national des sciences appliquées (INSA) Centre-Val de Loire a, le 2 novembre 2021, pris à son encontre une mesure de prolongation de l'interdiction d'accès au domaine de l'INSA ;
2°) de mettre à la charge de l'INSA une somme de 1 400 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure : il n'a bénéficié d'aucune garantie procédurale ; on ne l'a pas informé des motifs de la décision ; il n'a été entendu qu'une fois par visioconférence le lendemain de la première décision ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires enregistrés le 13 septembre 2022 et le 13 octobre 2023, l'institut national des sciences appliquées Centre-Val de Loire (INSA), représenté par Me Rainaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 26 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 avril 2024.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 janvier 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Best-De Gand,
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public,
- et les observations de Me Aubry, représentant M. C, et de Me Rainaud, représentant l'INSA Centre-Val de Loire.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées présentées pour M. C présentent à juger des questions liées et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre et de statuer par un seul jugement.
2. M. B C, étudiant en 3ème année à l'INSA Centre-Val de Loire, département Ecole de la nature et du paysage, à Blois, s'est vu notifier le 3 octobre 2021 une décision de l'administrateur provisoire de l'INSA portant interdiction d'accès au campus pour une durée de trente jours, reconduite le 2 novembre 2021 pour une durée indéterminée " jusqu'à la décision définitive de la section disciplinaire ". La section disciplinaire de l'établissement a été saisie le 29 octobre 2021. Par courrier du 30 novembre 2021, M. C a reçu de la section disciplinaire l'information officielle relative à des poursuites engagées " () suite à des faits de violence sexuelles portant atteinte au bon déroulement des études de l'INSA. ". Le 17 décembre 2021, il a été convoqué devant la commission d'instruction pour être entendu le 6 janvier 2022. La commission de discipline initialement prévue le 3 février 2022 a été reportée au 23 février suivant. Par décision en date du 23 février 2022, notifiée le 28 février 2022, la commission de discipline de la section disciplinaire de l'INSA Centre-Val de Loire a prononcé à son encontre la sanction, immédiatement exécutoire, d'exclusion de tout établissement public d'enseignement supérieur pour une durée de 2 ans au motif de " faits de violences sexuelles lors d'une soirée étudiante portant atteinte à l'ordre, au bon fonctionnement ou à la réputation de l'université ". Par une requête enregistrée sous le numéro 2200682, M. C demande l'annulation de la décision du 23 février 2022. Par une requête enregistrée sous le numéro 2200958, M. C demande l'annulation de la décision du 2 novembre 2021 portant interdiction d'accès au campus.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 février 2022 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 811-26 du code de l'éducation : " La section disciplinaire est saisie par une lettre adressée à son président. Ce document mentionne le nom, l'adresse et la qualité de la personne faisant l'objet des poursuites ainsi que les faits qui lui sont reprochés. Il est accompagné de toutes pièces justificatives. ". Aux termes de l'article R. 811-27 du même code : " Dès réception du document mentionné à l'article R. 811-26 et des pièces jointes, le président de la section disciplinaire en transmet copie, par tout moyen permettant de conférer date certaine, à la personne poursuivie ainsi que, s'il s'agit d'un mineur, aux personnes qui exercent à son égard l'autorité parentale ou la tutelle. Il en transmet une copie au président de l'université, au recteur de région académique et au médiateur académique. / La lettre mentionnée au premier alinéa indique à l'usager poursuivi le délai dont il dispose pour présenter des observations écrites. Elle lui précise qu'il peut se faire assister ou représenter par un conseil de son choix, qu'il peut demander à être entendu par les rapporteurs chargés de l'instruction de l'affaire et qu'il peut prendre connaissance du dossier pendant le déroulement de cette instruction. ". Aux termes de l'article R. 811-29 dudit code : " Les rapporteurs instruisent l'affaire, pendant un délai qui ne peut excéder deux mois, par tous les moyens qu'ils jugent propres à les éclairer. Ils recueillent les observations écrites de l'intéressé, qu'ils peuvent convoquer. Ils l'entendent sur sa demande. Ils peuvent procéder à toutes les autres auditions et consultations qu'ils estiment utiles. Toute personne ayant la qualité de témoin et qui s'estime lésée par les agissements de l'usager poursuivi peut se faire assister de la personne de son choix. En l'absence du rapporteur adjoint, le rapporteur peut procéder seul à l'ensemble de ces actes d'instruction. / Le rapport d'instruction comporte l'exposé des faits ainsi que les observations présentées, le cas échéant, par le président de l'université et par la personne poursuivie. Il est transmis au président de la commission de discipline, qui peut demander aux rapporteurs de poursuivre l'instruction s'il estime que l'affaire n'est pas en état d'être examinée par la commission de discipline, notamment en raison d'éléments nouveaux portés à la connaissance de la section disciplinaire. / Le rapport d'instruction et les pièces du dossier sont tenus à la disposition de la personne poursuivie et du président de l'université, de leur conseil et des membres de la commission de discipline pendant la période d'au moins dix jours prévue au premier alinéa de l'article R. 811-31. ".
4. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
5. M. C soutient, d'une part, qu'il n'a pas été informé dès la réception par la section disciplinaire de la saisine du directeur de l'INSA, et, d'autre part, que le délai de deux mois imparti aux rapporteurs pour instruire l'affaire a été dépassé.
6. Il ressort des pièces du dossier que le directeur de l'INSA a saisi la section disciplinaire de l'établissement le 29 octobre 2021 mais que M. C n'a été informé que le 30 novembre suivant de la saisine de la commission de discipline à son encontre. Dès lors, ainsi qu'il le soutient, M. C n'a pas été informé de la procédure dirigée contre lui dès réception de la lettre de saisine de la section disciplinaire, en méconnaissance de l'article R. 811-27 du code de l'éducation. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. C, qui a ensuite été régulièrement averti, a pu consulter son dossier, préparer sa défense et se présenter devant la commission de discipline, aurait été privé d'une garantie ou que le délai d'un mois écoulé entre la saisine par le directeur de l'INSA et l'information de M. C aurait eu une influence sur la décision attaquée. Le moyen doit donc être écarté.
7. Il résulte de l'instruction que la durée d'instruction du dossier par le rapporteur et le rapporteur adjoint a dépassé le délai de deux mois tel que mentionné par l'article R. 811-29 du code de l'éducation. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le délai un peu plus long mis par les rapporteurs pour instruire complètement le dossier aurait privé M. C d'une garantie ou aurait eu une influence sur la décision contestée. Le moyen doit par suite être écarté.
8. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la retranscription des auditions des parties et témoins par les deux rapporteurs du dossier n'aurait pas été effectuée de manière fiable ni que les témoignages recueillis seraient laconiques.
9. En troisième lieu, s'il est constant que M. C a d'abord été destinataire d'un témoignage incomplet de Mme A, le témoignage complet lui a ensuite été transmis. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une telle transmission aurait été effectuée dans un délai inférieur au délai de 10 jours avant la réunion de la commission requis par l'article R. 811-31 du code de l'éducation. Le moyen doit ainsi être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 811-39 du code de l'éducation : " La décision [de la commission de discipline] doit être motivée () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 2° infligent une sanction () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Ces dispositions imposent à l'autorité qui prononce la sanction de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'usager concerné, de telle sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de cette décision, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
11. Il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle vise les articles du code de l'éducation se rapportant à la procédure disciplinaire en vigueur à l'égard des usagers de l'enseignement supérieur et notamment les articles R. 811-11, R. 811-29, R. 811-36 et R. 811-40 du code de l'éducation. La décision rappelle ensuite la procédure suivie. La décision mentionne également qu'il a été porté à la connaissance de l'administrateur provisoire de l'INSA des faits de violence sexuelle, que la commission saisie a examiné les différents témoignages recueillis dont celui de M. E et l'audition de M. C. Ainsi, une telle décision comporte les considérations de droit et de fait qui, servant de fondement à la décision en litige, ont permis à M. C de connaître les griefs ayant justifié le prononcé de la sanction, alors même que la date précise des faits à l'origine de la sanction n'est pas mentionnée. La décision n'avait par ailleurs pas à détailler la notion de violences sexuelles. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 811-6 du code de l'éducation : " Un décret en Conseil d'État détermine les sanctions applicables aux usagers d'un établissement public d'enseignement supérieur. Celles-ci comprennent notamment l'exclusion temporaire ou définitive de tout établissement public d'enseignement supérieur, l'interdiction temporaire ou définitive de passer tout examen conduisant à un titre ou diplôme délivré par un établissement public d'enseignement supérieur et l'interdiction de prendre toute inscription dans un établissement public d'enseignement supérieur. ". Aux termes de l'article R. 811-11 du même code : " Relève du régime disciplinaire prévu aux articles R. 811-10 à R. 811-42 tout usager de l'université lorsqu'il est auteur ou complice, notamment () /2° De tout fait de nature à porter atteinte à l'ordre, au bon fonctionnement ou à la réputation de l'université. ". Aux termes de l'article R. 811-36 dudit code : " I.- Les sanctions disciplinaires applicables aux usagers des établissements publics d'enseignement supérieur sont, sous réserve des dispositions de l'article R. 811-37 : / 1° L'avertissement ; / 2° Le blâme ; / 3° La mesure de responsabilisation définie au II ; /4° L'exclusion de l'établissement pour une durée maximum de cinq ans. Cette sanction peut être prononcée avec sursis si l'exclusion n'excède pas deux ans ; / 5° L'exclusion définitive de l'établissement ; / 6° L'exclusion de tout établissement public d'enseignement supérieur pour une durée maximum de cinq ans ; / 7° L'exclusion définitive de tout établissement public d'enseignement supérieur. / (). ".
13. M. C soutient que la décision le sanctionnant d'une exclusion de tout établissement public d'enseignement supérieur pour une durée de deux ans est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits reprochés et d'une erreur manifeste d'appréciation.
14. Il ressort des pièces du dossier qu'une étudiante de l'INSA inscrite en première année du département Ecole de la nature et du paysage, se faisant appeler Ben, a rapporté des faits de violences sexuelles qu'elle aurait subies sur la piste de danse et dans la rue de la part de M. C au cours et immédiatement après une soirée entre étudiants le vendredi 10 septembre 2021. Il ressort des pièces du dossier qu'un examen médical effectué au centre hospitalier de Blois sur la personne de Ben le lundi 13 septembre 2021, dont le compte rendu est produit en cours d'instance, a constaté des lésions vaginales et anales compatibles avec les faits décrits par l'étudiante victime. Si M. C se prévaut de ce que la relation était consentie, la victime soutient le contraire sans avoir varié dans sa version des faits. Il ressort également des pièces du dossier que Ben, comme d'autres étudiantes, avait été au cours de la soirée droguée à son insu, avait par ailleurs consommé de l'alcool et présentait ainsi un état de vulnérabilité visible. Il ressort encore des pièces du dossier que les attouchements sur la piste de danse sont également attestés par le jeune homme avec lequel dansait la victime avant que M. C ne s'interpose entre eux deux et ne vienne initier des gestes à caractère sexuel dont des pénétrations digitales à l'encontre de la jeune femme. M. C ne saurait utilement contester les violences décrites en se bornant à souligner la personnalité ambiguë de la victime et ses contradictions dans son récit, circonstances qui ne ressortent au demeurant pas des pièces du dossier. Le requérant ne peut pas plus utilement se prévaloir dans la présente instance de ce que la victime n'a pas souhaité porter plainte au pénal contre lui ou de la promiscuité et de la sexualisation entre étudiants qui existeraient au sein de l'établissement. Ainsi, alors même que l'amie de M. C qui les a en partie raccompagnés au sortir de la soirée étudiante n'a pas remarqué de refus net de la part de la victime à l'encontre de M. C, la commission de discipline, en qualifiant les violences subies par Ben de violences sexuelles imposées par M. C, n'a pas inexactement qualifié les faits en cause et n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 811-11 du code de l'éducation.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 février 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 2 novembre 2021 :
16. Aux termes de l'article R. 712-8 du code de l'éducation : " En cas de désordre ou de menace de désordre dans les enceintes et locaux définis à l'article R. 712-1, l'autorité responsable désignée à cet article en informe immédiatement le recteur chancelier. / Dans les cas mentionnés au premier alinéa : / 1° La même autorité peut interdire à toute personne et, notamment, à des membres du personnel et à des usagers de l'établissement ou des autres services ou organismes qui y sont installés l'accès de ces enceintes et locaux. / Cette interdiction ne peut être décidée pour une durée supérieure à trente jours. Toutefois, au cas où des poursuites disciplinaires ou judiciaires seraient engagées, elle peut être prolongée jusqu'à la décision définitive (). ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".
17. En premier lieu, la prolongation de l'interdiction temporaire d'accès au domaine de l'INSA constitue une mesure de police prise pour le maintien de l'ordre public et dans l'intérêt du service. Elle doit comporter les considérations de droit et de fait qui la fondent. Il ressort en l'espèce des pièces du dossier que la décision vise l'article R. 712-8 du code de l'éducation, ainsi que le règlement intérieur de l'INSA et notamment ses articles 30 et 31, et énonce ainsi les considérations de droit qui la fondent. Si la mesure attaquée ne mentionne pas les raisons de fait pour lesquelles la décision de prolongation de la décision d'interdiction d'accès au domaine de l'INSA notifiée à M. C a été prise, elle rappelle que l'intéressé a fait l'objet d'une première mesure d'exclusion temporaire et précise qu'une procédure disciplinaire a été engagée, circonstance qui justifie la mesure de prolongation à l'aune de l'article R. 712-8 du code de l'éducation. Elle comporte ainsi également les considérations de fait qui la fondent. La décision attaquée est ainsi suffisamment motivée.
18. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'ainsi qu'il le reconnaît lui-même, M. C a été entendu par visioconférence le lendemain de la première décision d'interdiction d'accès au campus, préalablement dès lors à l'édiction de la décision en litige. Aucune disposition légale ou réglementaire n'imposait à l'établissement d'enseignement de préalablement informer l'intéressé des raisons motivant le recours à cette mesure, qui est une mesure conservatoire et non pas une sanction. Le moyen tiré d'un défaut de contradictoire préalable doit être écarté.
19. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que les accusations portées contre M. C étaient connues de la communauté étudiante et professorale. La présence du requérant au sein de l'établissement était de nature, eu égard à la particulière gravité des accusations portées, à susciter un trouble et à nuire au bon fonctionnement de l'établissement. Dès lors la décision attaquée doit être regardée comme ayant été nécessaire et proportionnée et n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation. Le moyen doit donc être écarté.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 2 novembre 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'INSA Centre-Val de Loire soit condamné à verser au conseil de M. C la somme demandée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner M. C à verser à l'INSA ci-dessus la somme sollicitée par ce dernier au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. C susvisées sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de l'INSA présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à l'institut national des sciences appliquées Centre-Val de Loire.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guével, président,
Mme Best-De Gand, première conseillère,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure,
Armelle BEST-DE GAND
Le président,
Benoist GUEVEL
Le greffier,
Vincent DUNET
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 220068
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026