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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2200864

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2200864

mardi 12 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2200864
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantREMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 mars 2022 et le 10 avril 2024, M. B F, représenté par Me Fleury, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 avril 2021 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de fixer à 139,42 kW la puissance du droit d'usage de l'eau bénéficiant au moulin D ;

2°) de déclarer que les ouvrages du moulin D bénéficient d'une situation administrative régulière pour l'utilisation d'une puissance maximale brute totale de 139,42 kW ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est titulaire d'un droit fondé en titre et d'une autorisation administrative d'augmentation de puissance délivrée le 29 février 1856 ; la puissance totale des droits d'usage de l'eau devait être fixée à 139 kW ; il a sollicité le 14 février 2020, par l'intermédiaire de son bureau d'études, la reconnaissance de l'existence et de la consistance légale du droit d'eau fondé en titre ; le bureau d'études a répondu aux interrogations de la DDT le 23 juin 2020 ;

- le 19 avril 2021, l'administration a répondu que la consistance des ouvrages du moulin avait été modifiée, s'agissant en particulier de trois vannages, sans que soient retrouvées les autorisations correspondantes, que la différence entre la hauteur de la chute relevée en 1789 (0,70m) et celle existant aujourd'hui (1,64m) pourrait résulter de la disparition en aval des seuils des moulins de la Motte, du Roi et du C neuf, occasionnant un abaissement du niveau d'eau de la rivière, que le débit maximal dérivé de 8m3/sec du droit fondé en titre ne serait plus possible ;

- les ouvrages du moulin D bénéficient d'un droit fondé en titre dont la consistance devrait être fixée à 86,12 kW résultant d'un débit maximal dérivé de 5,353 m3/sec sous une chute de dérivation de 1,64 m, ainsi que d'une autorisation d'augmentation de puissance accordée par ordonnance royale du 28 novembre 1837 d'une puissance de 53,3kW pour un dérivé supplémentaire de 2,978 m3/sec sous une chute de dérivation de 1,64m ;

- à la suite de la réunion du 26 octobre 2020, le bureau d'études a établi un document d'où il résulte que l'état actuel des ouvrages est conforme aux prescriptions administratives, à l'exception de la cote du sommet des vannes de décharge et à la pose d'un repère définitif de niveau ;

- la DDT ne pouvait se fonder sur les données figurant sur un état statistique de 1789 pour limiter la consistance légale des ouvrages à 35 kW (débit maximal de 5m3/sec et chute de 0,70m) ;

- la méthode générale de détermination de la puissance du droit d'usage de l'eau est celle fixée à l'article L. 511-5 du code de l'environnement ; le débit maximal de la dérivation est apprécié au niveau du vannage d'entrée ; cependant lorsque l'administration est saisie d'une demande de remise en service, de remise en eau la puissance est évaluée en application de l'article R. 214-18-1 de ce code ainsi que par un arrêté du ministre de l'écologie du 11 septembre 2015, qui prévoient un porter à connaissance du préfet, a contrario, lorsqu'une demande de fixation est présentée hors contexte de confortement, remise en eau ou remise en service, ces dispositions ne sont pas applicables ;

- s'agissant de la chute de la dérivation, celle-ci est de 1,64 m selon le rapport du bureau d'études ; s'agissant du débit maximal dérivé, celui-ci doit être fixé à 5,353 m3, correspondant aux dimensions des trois vannages moteurs identifiés sur le plan dressé par le service des Ponts et Chaussées le 11 juin 1837 ; ainsi la puissance du droit fondé en titre est de 86,12 kW et non de 35kw et celle de l'augmentation de puissance résultant de l'ordonnance royale du 28 novembre 1837 (remplacement de deux vannages moteurs par une unique vanne motrice d'une largeur de 4m) ;

- l'état statistique des usines hydrauliques du département de 1879 sur lequel s'est fondé le département ne lui a jamais été transmis et l'administration ne peut se fonder sur ce document dès lors que la demande ne porte pas sur le confortement, la remise en eau ou en service du droit fondé en titre ; sa demande portait uniquement sur la reconnaissance de l'existence et de la consistance légale du droit d'eau fondé en titre ; au demeurant, les éléments prévus par les articles 19 et 20 de l'arrêté du 11 septembre 2015 prescrivent la transmission de nombreux éléments au préfet, lesquels n'ont pas été communiqués ; les services préfectoraux ne peuvent faire application de l'article R. 214-18-1 du code de l'environnement et de l'article 3 de l'arrêté du 11 septembre 2015, ainsi que des données figurant sur l'état statistique de 1879 ; au demeurant le plan dressé le 11 juin 1837 est plus ancien ;

- les installations autorisées avant 1919 pour une puissance au plus égale à 150kW bénéficient d'un régime d'autorisation sans limitation de durée ; ainsi l'augmentation de puissance accordée par ordonnance royale du 28 novembre 1837 relève de l'article L. 511-9 du code de l'énergie et est valable sans condition de durée ; les décisions litigieuses nient l'augmentation de puissance accordée par ordonnance royale du 28 novembre 1837 ;

- la demande de fixation de la consistance légale ou puissance maximale d'un droit d'usage est un recours en interprétation ; la décision du 19 avril 2021 lui fait grief en ce qu'elle refuse de retenir une quantité d'eau motrice de 5m3/sec ; certains travaux réalisés en milieu aquatique ne nécessitent ni autorisation ni déclaration ; le préfet d'Indre-et-Loire n'indique pas les dispositions législatives ou réglementaires lui permettant de demander un dossier loi sur l'eau dans le cadre de travaux annexes ; la réalisation d'une étude de continuité écologique n'a aucun lien avec sa demande initiale ;

- s'agissant du débit maximal dérivable, il a fourni un plan du service des Ponts et Chaussées établi le 11 juin 1837, soit 5,353 m3/sec ; les niveaux amont de prise d'eau et aval de restitution n'ont pas été modifiés par rapport à l'ordonnance royale du 28 novembre 1837 ;

- les documents versés au débat sont librement consultables auprès des archives départementales d'Indre-et-Loire sous la cote S 5126 ;

- les deux vannages moteurs Q et X figurant sur le plan des lieux dressé le 11 juin 1837 ont été remplacés par un vannage moteur unique d'une largeur de 4 mètres ;

- si le repère du niveau légal de retenue n'a jamais été installé, le contre-repère au niveau du déversoir est en place depuis cette époque et la cote de prise d'eau n'a pas été modifiée ;

-s'agissant de la hauteur de chute de la dérivation du moulin D, il produit le référentiel des obstacles à l'écoulement établi par l'Etat, référence ROE15299, mentionnant une hauteur de chute estimée à l'étiage de 1,64m.

Par un mémoire enregistré le 1er mars 2024, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le document transmis par le bureau d'études, intitulé comparatif règles historiques/ouvrages hydrauliques n'est pas utilisable en l'état pour apprécier l'état actuel du moulin, notamment en l'absence de plans cotés et le requérant en a été informé par lettre du 1er avril 2021 ; une visite sur place a été proposée au requérant, qui n'a pu être réalisée ;

- un premier courrier a été adressé au requérant, qui reconnaissait que si l'existence légale du droit d'eau du moulin était avérée, sa consistance légale ne pouvait être déterminée ; par courrier du 6 octobre 2020, le requérant a été informé qu'une visite sur place serait organisée et préalablement était invité à déposer un dossier de déclaration pour régulariser les travaux réalisés en juin 2017, consistant à refermer une brèche formée au cours d'une crue en juin 2016 et se conformer à la réglementation relative à la continuité écologique en raison du classement en liste 2 de l'Indre ;

- si le requérant a communiqué des photographies et autres copies d'archives, ces documents d'origine indéterminée, non datés, ne sont assortis d'aucun constat d'huissier ou rapports d'experts ;

- l'administration a sollicité des informations supplémentaires ainsi le courrier du 19 avril 2021 ne présente pas le caractère d'un acte faisant grief puisque préparant une décision ultérieure ; ainsi la requête est irrecevable ;

- l'autorisation fondant le règlement d'eau du moulin D est l'ordonnance royale du 28 novembre 1837 ; l'arrêté préfectoral du 28 février 1856 produit par le requérant ne constitue pas une autorisation d'augmentation de puissance mais une mise en demeure d'exécuter des travaux à laquelle le moulin D devait se conformer ;

- deux éléments sont pris en compte pour déterminer le débit maximum dérivable : le niveau légal de la retenue correspondant au repère de la cote légale et le dimensionnement de la vanne motrice ; or, la pose du repère de la cote légale n'a toujours pas été réalisée d'après le procès-verbal de vérification du 23 avril 1860 ; des vérifications de terrain sont nécessaires afin de repérer l'emplacement et les dimensions des vannes motrices ; au regard du plan du 25 mai 1837, deux systèmes de vannage ont été autorisés, à droite du bâtiment Z référencé Q et le second à gauche du même bâtiment référencé X et Y ; chacun de ces vannages comporte un système de vannes de décharge et une vanne moulinière ; seule la partie utilisée par les vannes moulinières doit être retenue pour le calcul de la force motrice ;

- selon le rapport du bureau d'études, le vannage de droit mesure 1,40 m de hauteur et il n'apparaît ainsi pas cohérent de retenir une valeur de 1,64m ;

- la hauteur de chute de 1,64m qui fonde le rapport d'étude du 14 février 2020 ne correspond ni à une valeur issue du règlement d'eau, ni à une valeur issue de relevés de cotes de niveau ;

- aucun élément probant produit par le requérant ne vient contredire les hauteurs de chute de 0,70m pour un volume des eaux motrices de 5m3/sec résultant des états statistiques des usines et irrigations des ouvrages hydrauliques d'Indre-et-Loire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'énergie ;

- le code de l'environnement ;

- l'arrêté du 11 septembre 2015 fixant les prescriptions techniques générales applicables aux installations, ouvrages, épis et remblais soumis à autorisation ou à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 du code de l'environnement et relevant de la rubrique 3.1.1.0. de la nomenclature annexée à l'article R. 214-1 du code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- et les conclusions de M. Lombard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. F est propriétaire sur la commune d'Azay-le-Rideau (37190) d'un moulin hydraulique dit " C D ", en dérivation de la rivière l'Indre. Par lettre du 14 février 2020 du cabinet d'études Novéa Environnement mandaté par M. F, il a été demandé aux services de la préfecture d'Indre-et-Loire la reconnaissance de l'existence et de la consistance légale du droit d'eau fondé en titre du moulin D, devant être fixée, selon lui, à une puissance de 139 kW. Par courrier du 27 mai 2020, le chef du service de l'eau et des ressources naturelles de la direction départementale des territoires (DDT) d'Indre-et-Loire l'a informé que les documents d'archive présentés à l'appui de la demande faisaient état d'un règlement d'eau, établissant l'existence d'un droit fondé en titre, mais que la transmission d'éléments supplémentaires était nécessaire afin de déterminer la consistance de ce droit. Le bureau d'études Novéa Environnement a répondu par une lettre transmise le 23 juin 2020. Une réunion s'est tenue entre les services de l'Etat et le requérant. Par une lettre du 19 avril 2021, le préfet d'Indre-et-Loire a informé M. F que la consistance du moulin avait été modifiée sans autorisation, que des travaux de colmatage d'une brèche avaient été effectués sans autorisation en juin 2017, a demandé l'envoi d'un porter-à-connaissance pour étudier l'impact de l'ouvrage au regard de la continuité écologique sur le fondement des articles L. 214-18 et R. 214-18-1 du code de l'environnement. M. F a saisi la direction départementale des territoires d'une nouvelle demande le 8 novembre 2021 qui a été implicitement rejetée. Il demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. La requête de M. F a la nature d'un recours direct en interprétation, portant sur l'existence et la consistance d'un droit d'eau fondé en titre pour le moulin D, à la suite du différend opposant le requérant et l'Etat sur ce point. Il y a lieu par suite, d'écarter la fin de non-recevoir opposée par le préfet d'Indre-et-Loire tiré de ce que la décision contestée ne lui ferait pas grief.

Sur l'existence d'un droit fondé en titre :

3. Sont notamment regardées comme fondées en titre ou ayant une existence légale, les prises d'eau sur des cours d'eaux non domaniaux qui, soit ont fait l'objet d'une aliénation comme bien national, soit sont établies en vertu d'un acte antérieur à l'abolition des droits féodaux. Une prise d'eau est présumée établie en vertu d'un acte antérieur à l'abolition des droits féodaux dès lors qu'est prouvée son existence matérielle avant cette date. La preuve de cette existence matérielle peut être apportée par tout moyen, notamment par sa localisation sur la carte de Cassini datant du XVIIIème siècle.

4. En l'espèce, la lettre du préfet d'Indre-et-Loire du 21 septembre 2020 produite au dossier relève que le moulin D sur la commune d'Azay-le-Rideau est présent sur la carte de Cassini et a fait l'objet de plusieurs arrêtés préfectoraux. Il n'est d'ailleurs pas contesté que le moulin D est fondé en titre.

Sur la consistance du droit fondé en titre :

5. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'énergie : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 511-4, nul ne peut disposer de l'énergie des marées, des lacs et des cours d'eau, quel que soit leur classement, sans une concession ou une autorisation de l'État. () ". Aux termes de l'article L. 511-4 du même code : " Ne sont pas soumises aux dispositions du présent livre : / 1° Les usines ayant une existence légale ; () ". Selon le troisième alinéa de l'article L. 511-5 du même code : " La puissance d'une installation hydraulique, ou puissance maximale brute, au sens du présent livre est définie comme le produit de la hauteur de chute par le débit maximum de la dérivation par l'intensité de la pesanteur ".

6. Aux termes des dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 11 septembre 2015 susvisé : " Les dispositions du présent arrêté sont applicables, sauf précision contraire, au confortement, à la remise en eau ou la remise en exploitation, dans les conditions prévues à l'article R. 214-18-1 du code de l'environnement, des ouvrages fondés en titre ou autorisés avant le 16 octobre 1919 pour une puissance hydroélectrique inférieure à 150 kW. / (). / Pour l'application du présent article aux ouvrages et installations fondés, la puissance autorisée, correspondant à la consistance légale, est établie en kW de la manière suivante : / - sur la base d'éléments : états statistiques, tout élément relatif à la capacité de production passée, au nombre de meules, données disponibles sur des installations comparables, etc. ; / - à défaut, par la formule P (kW) = Qmax (m3/ s) × Hmax (m) × 9,81 établie sur la base des caractéristiques de l'ouvrage avant toute modification récente connue de l'administration concernant le débit dérivé, la hauteur de chute, la côte légale, etc. / Dans la formule ci-dessus, Qmax représente le débit maximal dérivé dans les anciennes installations, déterminé à partir des caractéristiques de la section de contrôle hydraulique du débit (selon les configurations des sites : section la plus limitante du canal d'amenée ou section de contrôle des anciens organes). Hmax représente la hauteur maximale de chute de l'installation comptée entre la cote normale de fonctionnement de la prise d'eau et celle de la restitution à la rivière pour un débit total du cours d'eau égal à la somme du débit maximal d'équipement et du débit réservé à l'aval. ".

7. Un droit fondé en titre conserve en principe la consistance légale qui était la sienne à l'origine. A défaut de preuve contraire, cette consistance est présumée conforme à sa consistance actuelle. La consistance légale correspond à la puissance maximale théorique dont l'exploitant peut disposer.

8. M. F soutient que les ouvrages du moulin D bénéficient d'un droit fondé en titre dont la consistance devrait être fixée à 86,12kW, résultant d'un débit maximal dérivé de 5,353 m³/sec sous une chute de dérivation de 1,64 m, ainsi que d'une autorisation d'augmentation de puissance accordée par ordonnance royale du 28 novembre 1837 d'une puissance de 53,3kW pour un dérivé supplémentaire de 2,978m³/sec sous une chute de dérivation de 1,64 m. A la consistance du droit fondé en titre s'établirait à 139kW.

9. Toutefois, les éléments produits par le requérant, soit l'ordonnance royale de Louis-Philippe autorisant la modification du système hydraulique du moulin D, le chapitre 6 du règlement du règlement d'eau établi par le service des Ponts et Chaussées, le procès-verbal de récolement du règlement d'eau du 18 mai 1855, l'arrêté préfectoral du 19 février 1856, le procès-verbal de vérification des travaux du 23 avril 1860, ne permettent pas au tribunal de déterminer le débit maximal de l'ouvrage ainsi que la hauteur de chute. Il en va de même du dossier " comparatif règles historiques/ouvrages hydrauliques actuels " établi par le cabinet Novéa Environnement. M. F ne peut utilement se prévaloir du jeu de données de référence afférent au Bas Luré, qui mentionne une hauteur à l'étiage de 1,64 mètres, dans la mesure où ce document ne précise ni l'endroit où cette mesure a été réalisée ni la méthode utilisée pour la mesure de la chute.

10. Le préfet d'Indre-et-Loire ne peut se borner à soutenir que les états statistiques des usines et irrigations des ouvrages hydrauliques d'Indre-et-Loire mentionnent des hauteurs de chute de 0,70 m pour un volume des eaux motrices de 5m³/sec, dès lors que ce document ne précise ni s'il s'agissait du débit moyen ou du débit maximal dérivé, ni l'endroit où cette mesure avait été réalisée, ni enfin la méthode utilisée pour la mesure de la chute.

11. Il y a lieu dans ces conditions, avant dire-droit, d'ordonner une expertise aux fins de recenser et d'examiner l'ensemble des documents historiques disponibles, de dire si les éléments qu'ils contiennent permettent de déterminer la puissance maximale brute autorisée avant 1919 selon la méthode historique énoncée par l'article 3 de l'arrêté du 11 septembre 2015, de déterminer cette valeur si tel est le cas, et à défaut, de déterminer les valeurs à prendre en compte pour l'application de la formule de calcul définie par le même article, déterminer de fixer la puissance maximale de l'ouvrage hydraulique conformément aux dispositions rappelées au point 6 du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la demande de M. F, procédé à une expertise qui aura pour mission :

1°) de se transporter sur les lieux de l'ouvrage hydraulique du C D, sur la commune d'Azay-le-Rideau, d'examiner l'ensemble des pièces et documents historiques disponibles le concernant aux fins d'en établir une description détaillée ;

2°) de fournir au tribunal tout élément permettant de déterminer la mesure du débit maximum et de la hauteur de chute conformément aux dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 11 septembre 2015 susvisé ;

- soit sur la base d'éléments historiques permettant de déterminer la puissance maximale brute autorisée avant 1919 ;

- soit à défaut d'en effectuer les relevés de mesures et d'indiquer au tribunal le résultat du calcul de la puissance maximale de l'ouvrage réalisé conformément à la formule de l'article 3 de l'arrêté du 11 septembre 2015, avant toute modification récente connue de l'administration.

Article 2 : L'expertise sera effectuée au contradictoire de M. F et de la préfecture d'Indre-et-Loire.

Article 3 : L'expert sera désigné par le président du tribunal. Après avoir prêté serment, il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-4 du code de justice administrative. Il déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du tribunal dans un délai de trois mois. Il en notifiera des copies aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 4 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 5 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B F et au préfet d'Indre-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Samuel Deliancourt, président,

M. Jean-Luc Jaosidy, premier conseiller,

Mme Aurore Bardet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.

Le rapporteur,

Jean-Luc E

Le président,

Samuel DELIANCOURT

La greffière,

Aurore MARTIN

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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