jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200929 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP CEBRON DE LISLE-BENZEKRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mars 2022, Mme A B, représentée par la S.E.L.A.F.A cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de la commune de Saint-Avertin sur sa demande, notifiée le 15 décembre 2021, de lui octroyer une allocation temporaire d'invalidité pour la période comprise entre le 7 juin 2013 et son placement à la retraite, ainsi qu'une rente viagère d'invalidité à compter de son placement à la retraite ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Avertin de lui octroyer l'allocation temporaire d'invalidité et la rente viagère, et en toute hypothèse, de réexaminer son dossier dans le sens du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Avertin le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite de rejet est entachée d'un vice de procédure dès lors que la détermination du taux d'incapacité permanente partielle en conséquence de sa maladie professionnelle n'a pas fait l'objet d'une saisine de la commission de réforme en méconnaissance des alinéas 1 et 2 de l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le pourcentage d'invalidité relatif à la maladie dont elle a été victime est susceptible de donner droit tant au versement de l'allocation temporaire d'invalidité qu'au bénéfice de la rente viagère d'invalidité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, la commune de Saint-Avertin, représentée par Me Veauvy, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des communes ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Keiflin,
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public,
- et les observations de Me Veauvy, représentant la commune de Saint-Avertin.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, née le 1er mai 1959, recrutée par la commune de Saint-Avertin (Indre-et-Loire) en 1997 en qualité d'agent contractuel puis titularisée en 2003 dans le grade d'éducateur territorial des activités physiques et sportives principal de deuxième classe, a exercé les fonctions d'éducatrice sportive et assistante de prévention affectée à la piscine municipale. Le 7 juin 2013, elle a été victime d'un syndrome anxiodépressif, à l'origine de son placement en congé de longue durée jusqu'au 6 juin 2018. L'imputabilité au service de cette maladie a elle-même été reconnue par un arrêté du 29 novembre 2021 en exécution d'un jugement n° 1900810 rendu par le tribunal administratif d'Orléans le 4 novembre 2021. Puis, consécutivement aux avis du comité médical départemental et de la commission de réforme d'Indre-et-Loire concluant à son inaptitude définitive à l'exercice de toutes fonctions, Mme B a été admise, sur sa demande, à la retraite pour invalidité par un arrêté du 8 décembre 2020 à effet au 1er janvier 2021. Par courrier du 10 décembre 2021, réceptionné le 15 décembre suivant, elle a sollicité de la part de la commune l'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité (ATI) au titre de la période du 7 juin 2013 jusqu'au 1er janvier 2021, date de son admission à la retraite, et d'une rente viagère d'invalidité à compter de cette date. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de la commune de Saint-Avertin sur cette demande ainsi que l'attribution de l'ATI et de la rente viagère d'invalidité.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Aux termes des alinéas 1 et 2 de l'article 31 du décret du 26 décembre 2003, dans sa rédaction applicable au litige : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. La commission de réforme compétente est celle du département où le fonctionnaire exerce ou a exercé, en dernier lieu, ses fonctions. () / Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (). ".
3. Il ressort des pièces du dossier que préalablement à l'arrêté de la commune en date du 8 décembre 2020 prononçant l'admission à la retraite pour invalidité de Mme B, la commission de réforme a émis, le 28 mai 2020, un avis favorable à la radiation des cadres pour invalidité à un taux de 25 %. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure lié au défaut de saisine de la commission de réforme doit être écarté.
En ce qui concerne l'allocation temporaire d'invalidité
4. D'une part, aux termes de l'article L. 417-8 du code des communes, dans sa rédaction applicable au litige : " Les communes et les établissements publics communaux et intercommunaux sont tenus d'allouer aux agents qui ont été atteints d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente au moins égale à un taux minimum déterminé par l'autorité supérieure ou d'une maladie professionnelle une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec le traitement, dans les mêmes conditions que pour les fonctionnaires de l'Etat ". Aux termes de l'article L. 417-9 du même code : " Les conditions d'attribution et les modalités de concession, de liquidation, de paiement et de révision de l'allocation temporaire d'invalidité sont fixées par voie réglementaire. " Aux termes de l'article 2 du décret du 2 mai 2005 une allocation temporaire d'invalidité " est attribuée aux fonctionnaires maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : () c) Soit d'une maladie reconnue d'origine professionnelle dans les conditions mentionnées aux alinéas 3 et 4 de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale, sous réserve des dispositions de l'article 6 du présent décret. / Les fonctionnaires justifiant se trouver dans les cas prévus aux b et c ne peuvent bénéficier de cette allocation que dans la mesure où l'affection contractée serait susceptible, s'ils relevaient du régime général de sécurité sociale, de leur ouvrir droit à une rente en application des dispositions du livre IV dudit code et de ses textes d'application. " Aux termes de l'article 3 du même décret : " La demande d'allocation doit, à peine de déchéance, être présentée dans le délai d'un an à compter du jour où le fonctionnaire a repris ses fonctions après la consolidation de la blessure ou de son état de santé. / Toutefois, lorsque le fonctionnaire n'a pas interrompu son activité ou lorsqu'il atteint la limite d'âge ou est radié des cadres avant de pouvoir reprendre ses fonctions, le droit à l'allocation peut lui être reconnu si la demande d'allocation est présentée dans l'année qui suit la date de constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de son état de santé () ". Aux termes de l'article 7 du même décret : " L'entrée en jouissance de l'allocation temporaire d'invalidité est fixée à la date de reprise des fonctions après consolidation ou, dans les cas prévus au deuxième alinéa de l'article 3, à la date de la constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de l'état de santé de l'intéressé ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 56 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa rédaction applicable au litige : " L'activité est la position du fonctionnaire qui, titulaire d'un grade, exerce effectivement les fonctions de l'un des emplois correspondant à ce grade ". Aux termes de l'article 57 de la même loi, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier, notamment des avis émis en 2018 et 2020 par la commission de réforme et le comité médical départemental, que Mme B, suite à son placement en congé de longue durée à compter du 7 juin 2013 en raison d'un syndrome dépressif anxieux, a été reconnue inapte définitivement à l'exercice de toutes les fonctions puis admise à la retraite pour invalidité à compter du 1er janvier 2021. Dans ces conditions, en l'absence de toute reprise de ses fonctions, la requérante ne peut pas prétendre à l'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité pour la période comprise entre le 7 juin 2013 et son placement à la retraite. Par suite, le moyen tiré de ce que la commune de Saint-Avertin aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant l'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité au sens des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la rente viagère d'invalidité
7. Aux termes de l'article 36 du décret du 26 décembre 2003, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées, soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes, peut être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office, à l'expiration des délais prévus au troisième alinéa de l'article 30 et a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite (). ". Aux termes de l'article 37 du même décret dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Les fonctionnaires qui ont été mis à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 ci-dessus bénéficient d'une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies au troisième alinéa du I de l'article 34, avec la pension rémunérant les services prévus à l'article précédent. / Le bénéfice de cette rente viagère d'invalidité est attribuable si la radiation des cadres ou le décès en activité interviennent avant que le fonctionnaire ait atteint la limite d'âge sous réserve de l'application des articles 1er-1 à 1er-3 de la loi du 13 septembre 1984 susvisée et sont imputables à des blessures ou des maladies survenues dans l'exercice des fonctions ou à l'occasion de l'exercice des fonctions, ou résultant de l'une des autres circonstances énumérées à l'article 36 ci-dessus. / Le droit à cette rente est également ouvert à l'ancien fonctionnaire qui est atteint d'une maladie professionnelle dont l'imputabilité au service est reconnue par la commission de réforme postérieurement à la date de la radiation des cadres, dans les conditions définies à l'article 31. ()".
8. Il ressort des pièces du dossier que la pathologie dont souffre Mme B a été reconnue imputable au service et que compte tenu de son inaptitude définitive et absolue à l'exercice de toutes fonctions, celle-ci a, par arrêté du 8 décembre 2020, été admise à la retraite pour invalidité à compter du 1er janvier 2021. Toutefois, quand bien même Mme B peut prétendre à l'attribution d'une rente viagère d'invalidité, ainsi qu'il est jugé par un jugement du même jour rendu sous le numéro 2304861, il n'appartenait pas à la commune de Saint-Avertin, ainsi que celle-ci le fait valoir en défense, d'instruire la demande de Mme B portant attribution d'une rente viagère d'invalidité. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Avertin, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Avertin et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Saint-Avertin la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Saint-Avertin.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Keiflin, première conseillère,
M. Garros, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
Laura KEIFLIN
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALe greffier,
Vincent DUNET
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026