lundi 13 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RENDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2022, Mme D C épouse B représentée par Me Renda demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de la préfète d'Eure-et-Loir en date du 13 février 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète d'Eure-et-Loir de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle car elle est victime de violences conjugales de la part de son époux et également de la part des enfants du premier lit de celui-ci, a dû quitter le domicile conjugal et se réfugier en hébergement d'urgence, dans un foyer avec son fils âgé de 9 ans,
- la décision méconnait l'article L.431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale, car elle a tissé des liens amicaux en France où son fils est scolarisé, et elle serait seule en cas de retour en Turquie, où les femmes divorcées sont fréquemment rejetées et mises au ban de la société ;
- ce risque est une circonstance qui peut être regardée comme constituant un motif humanitaire ou exceptionnel permettant son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement des dispositions de l'article L 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, la préfète d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 8 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme E, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C épouse B, ressortissante turque née le 1er juin 1986, est entrée en France, selon ses déclarations, en septembre 2019 afin de rejoindre son époux, M. A B. Par un arrêté en date du 13 février 2022, dont elle demande l'annulation, la préfète d'Eure-et-Loir lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
1. En premier lieu, il est constant que la requérante n'a jamais effectué de démarches afin de régulariser sa situation. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L.431-2 devenu l'article L.423-17 et de l'article L. 313-14 devenu l'article L.435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants.
2. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, présente en France selon ses déclarations depuis septembre 2019, soit moins de deux ans et demi à la date de la décision attaquée, est séparée de son époux lequel a, ainsi que le préfet le soutient sans contredit, porté plainte à son encontre pour violences aggravées sur sa fille issue d'une précédente union, violences dont la réalité est établie. Si la requérante se prévaut d'une activité professionnelle depuis octobre 2019 en qualité d'employée dans l'établissement de restauration rapide tenu par son conjoint, il ressort des termes mêmes de ses écritures que ladite activité a pris fin avec la séparation du couple. Enfin si elle indique avoir tissé des liens amicaux en France où son fils, né d'une précédente union, est scolarisé et qu'elle serait seule en cas de retour en Turquie, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'établit d'aucune insertion particulière, que son fils qui, en raison de son jeune âge, a vocation à la suivre, conserve son père en Turquie, pays où la requérante a vécu jusqu'à l'âge de 33 ans et où elle ne démontre pas ne plus avoir d'attaches ni son allégation selon laquelle elle y serait mise au ban de la société en raison de son divorce.
4. Dès lors, et quand bien même la requérante a elle-même porté plainte pour violences de la part de son conjoint et des enfants de celui-ci et déposé une requête afin d'obtenir une ordonnance de protection devant le juge aux affaires familiales de Chartres, en lui faisant obligation de quitter le territoire la préfète d'Eure-et-Loir n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ni entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C épouse B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'elle présente en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C épouse B et à la préfète d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2023.
La présidente-rapporteure,
Anne E
L'assesseure la plus ancienne,
Hélène DEFRANC-DOUSSETLa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026